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Sacheen Littlefeather/Marlon Brando/Shoot the sun down

Posted by on 10 novembre 2020

27 mars 1973 :
Quand Marlon Brando refusa l’Oscar du meilleur acteur.

Il envoya Sacheen Littlefeather, activiste et actrice se proclamant apache (en réalité une Mexicaine), clamer son discours pour les Indiens d’Amérique, tandis que lui était sur le terrain au côté de ses frères Sioux en pleine révolte contre les forces fédérales américaines…
Remise des Oscars mars 1973 au Music Center de Californie, Rock Hudson est le maître de cérémonie. Elke Sommer remet à Liz Taylor l’Oscar de  meilleure actrice pour CABARET ; puis, Liv Ullmann prend le relais, avec Roger Moore, pour remettre l’Oscar du meilleur acteur. Les nominés : Peter O’Toole, Laurence Olivier, Michael Caine et… Marlon Brando.
Liv Ullmann annonce le nom du gagnant : Marlon Brando ! Sous les ovations, une jeune Indienne vêtue d’habits traditionnels monte les marches -Marlon Brando n’est pas là-. Cette jeune femme -activiste défendant les droits des Indiens- dit avec douceur :
« Je m’appelle Petite Plume? je suis Apache (…) et je représente MR Brando ce soir, il m’a demandé de vous dire un long discours ; à son grand regret, il ne peut accepter cette généreuse récompense en raison du traitement aujourd’hui réservé aux Indiens dans l’industrie du cinéma, et de l’image que le cinéma donne des Indiens… ».
Des huées fusent dans la salle. Petite Plume s’arrête puis poursuit
« … et aussi de l’image que la télévision donne des Indiens. En raison, enfin, et plus précisément de ce qui se passe en ce moment même à Wounded Knee (…) 
».

Dans la presse de mauvaise foi, le lendemain, on reproche à Brando de n’avoir pas eu le courage de venir refuser l’Oscar.

En réalité, Brando se trouvait depuis une semaine à Wounded Knee en compagnie de ses « frères », les Sioux Oglalas, qui s’étaient révolté suite à de nombreuses atteintes à leurs biens.
Encerclés par les troupes fédérales américaines qui exigeaient leur reddition. Brando a décidé d’intervenir, jouant le médiateur entre le chef de la révolte des Sioux, Russel Means, et le sénateur du Dakota du sud, James Aborzek. Une négociation sera trouvée peu après.

De retour à Hollywood, Brando explique à des journalistes qu’il regrette d’avoir accepté l’Oscar en 54 pour SUR LES QUAIS. Il dit qu’il « déteste le cinéma. Je n’en fais que parce qu’il me rapporte des sommes d’argent, des sommes fantastiques dont je me sers pour vivre la vie que j’aime, de préférence loin de la pollution en tout genre de Los Angeles, sur mon île de Tetiaroa.
Je m’en sers pour soutenir les causes dignes d’intérêt : les enfants malheureux –voilà vingt ans que je participe à l’action de l’UNICEF, la misère des Indiens d’Amérique, mes frères si maltraités par leurs compatriotes.
J’ai honte d’être américain. Le comportement de mon pays à l’égard des Indiens est unique au monde. Je n’en connais pas d’autre qui ait autant persécuté une nation et qui lui ait fait autant de belles promesses, sans jamais les tenir. 
»

John Wayne était dans les coulisses et était très déçu de mon discours. Il fallut plusieurs hommes pour le retenir et l’empêcher de venir m’expulser de la scène« … Sacheen qui est en fait originaire du Mexique, dira avoir ensuite reçu des menaces suite à ce discours, ce qui aurait brisé sa carrière d’actrice. Une chose est sûre : elle est bien devenue célèbre… en se faisant l’oratrice de Marlon Brando.


♦ Portrait de Sacheen par Hannah Gray

The Milwaukee Journal, March 29, 1973

Sacheen Littlefeather est connue à l’époque pour avoir posé nue dans Playboy (octobre 1973), et pour ce discours pour Brando : il l’avait rencontrée via un voisin à San Francisco et recrutée pour prononcer ce speech. Le discours fut mal vu dans l’industrie du cinéma qu’il attaquait frontalement, Gregory Peck entre autres reprocha à Brando de ne pas vraiment servir la cause indienne. Cette affaire brisa la carrière cinématographique de Littlefeather.

Elle poursuivit son combat d’activiste en faveur des droits Indiens, et en produisant des documentaires.

♦ Les films avec Sacheen Littlefeather:
Le conseiller (1973) ; Le flic ricanant (1973) ; Les anges gardiens (1974) ; The trial of Billy Jack (1974) ; Johnny Firecloud (1975) ; Le faucon blanc (1976), le western Shoot the sun down (1978).

Sacheen dans Playboy… 1973…


Shoot the sun down
de David Leeds (1978) 

Des étrangers arrivent dans une petite ville, chacun avec un but différent.

Avec Margot Kidder, Christopher Walken, Geoffrey Lewis,Sacheen Littlefeather.

Des longueurs malgré un début alléchant aux airs de western-spaghetti (le réalisateur est fan de Sergio Leone et de Kurosawa). Geoffrey Lewis dans le rôle d’un chasseur de scalps, se détache du lot. Tourné en six semaines, en 1976, sur le lieu de tournage des Cow-boys et de Silverado. Le titre initial était Santa Fe 1836. Les Navajos sont joués par des Hopis et des Apaches.

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