L’homme sauvage / Richard Bull / Robert Forster

L’HOMME SAUVAGE
De Robert Mulligan (1968) **

Sam, un éclaireur de l’armée (Gregory Peck) se retire dans une ferme du Nouveau Mexique, il prend sous son aile une femme blanche (Eva Marie Saint) et son fils métis (Noland Clay) qui faisaient partie d’un groupe d’Indiens capturés au cours de son ultime mission dans la Cavalerie. Le père de ce dernier est un Apache (Nathaniel Narcisco) qui est de retour pour récupérer son fils. Sam doit conduire la femme et son fils vers un relais de diligences, mais lorsqu’ils arrivent, ils découvrent que les Indiens ont massacré les employés du lieu…

Et avec : Robert Forster, Russell Thorson, Frank Silvera, Lonny Chapman, Lou Frizzell, Henry Beckman, Charles Tyner, Richard Bull, Joaquin Martinez, Richard Farnsworth (et cascades), James Olson…

Un western peu connu de Gregory Peck captivant de bout en bout, produit par Alan J. Pakula et Robert Mulligan, sur un sujet (la blanche captive des Indiens) abordé dans peu de westerns (mais quelques-uns quand même : La prisonnière du désert, Le soldat Bleu ou La bataille de la vallée du diable réalisé dans la même veine). Le rythme est volontairement lent, les dialogues rares. La musique de Fred Karlin est souvent légère, style western-spaghetti ; les héros affrontent au cours de leurs péripéties non seulement les Indiens mais aussi les éléments naturels comme une tempête de sable. Extérieurs grandioses tournés en Arizona, Nevada (Red Rock Canyon) et Mexique. 

Brillante distribution où l’on retrouve, à côté du grand Gregory Peck, vêtu d’une belle veste à franges, Eva Marie Saint (blonde hitchcockienne de LA MORT AUX TROUSSES), le Mexicain Joaquin Martinez (Jeremiah Johnson), Robert Forster, décédé en 2019, Richard Bull, -c’était le mari de l’insupportable Mme Oleson dans la série La Petite maison dans la prairie, et un second rôle abonné aux (bons) westerns, Richard Fansworth : il jouait l’éleveur embauchant Tom Horn (Steve McQueen) pour chasser les voleurs de bétail dans le film éponyme… Que du beau monde !

Le traquenard Eva-Marie Saint

janvier 69 cinerevue

L'homme sauvage


Richard Bull (26-6-1924/3-2-2014)

Richard Bull, qui était l’épicier (le papa de Nellie et Willie Oleson) de la série La petite maison dans la prairie (205 épisodes entre 1974 et 1983), est décédé le 3 février 2014 à l’âge de 89 ans.

Il a eu une belle carrière cinématographique et aussi dirigé une petite compagnie théâtrale de Los Angeles. « Il était aussi merveilleux, gentil et intelligent que l’était son personnage dans la série » a dit Alison Arngrim, qui jouait une de ses filles dans la populaire série.
Richard Bull avait aussi joué dans trois téléfilms adaptés de la série comme Little house : Look back to Yesterday en 1983.

Il commença sa carrière au fameux Goodman Theatre Stage à Chicago et marcha sur les traces de ses idoles : Marlon Brando, Laurence Olivier.

Richard Bull joue un docteur dans son premier western, la série Shotgun slade (1959-61), on le voit ensuite dans d’autres westerns, avec James Garner, Gregory Peck ou Burt Lancaster…

Westerns… avec Richard Bull…
Le Virginien
(série, 1962)
Destry (série, 1964)
Le Cheval de fer (série, 1966)
Sept secondes en enfer (1967) de John Sturges
L’homme sauvage (1968) de Robert Mulligan
Les aventurier du Far West (série, 1970)
L’homme de la loi (1971) de Michael Winner
Fureur Apache (1972) de Robert Aldrich
Bonanza (série, 1969)
Gunsmoke (série, 1962 et 72)
L’homme des hautes plaines (1973) de Clint Eastwood
Le cavalier solitaire (série, 1988)

Polar : L’AFFAIRE THOMAS CROWN (1968)

Décès de Robert Forster (1941-2019)

De descendance irlandaise et italienne, cet acteur suit des études de Psychologie puis joue au théâtre, travaille comme ouvrier dans le bâtiment avant de débuter à l’écran aux côtés de Marlon Brando, Gregory Peck, puis joue dans des films comme le thriller VIGILANTE ou AVALANCHE. En 1980, il a le rôle principal de L’INCROYABLE ALLIGATOR.
C’est un chauffeur de taxi dans WALKING THE EDGE en 1985. On le voit ensuite surtout dans des films d’action comme DELTA FORCE puis sa carrière connait un point mort avant un come-back remarquable dans JACKIE BROWN  de Tarantino ou PSYCHO de Gus Van Sant.

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son premier grand rôle : le detective Banyon dans BANYON, série de 16 épisodes en 1972.

Charles Bronson (Charles Buchinsky) / C’est arrivé entre midi et trois heures (From Noon till three) / Les collines de la terreur (Chato’s Land) : Le solitaire de fort Humboldt (Breakheart Pass)

CHARLES BRONSON
(3-11-1921/30-8-2003)

Charles Bronson par vanKristen

Charles Bronson par vanKristen

Hondo, Bernardo, Teclo, Chato, Chino…
Charles Bronson by Didgiv

Charles Bronson by Didgiv

Charles Bronson-Jill Ireland (cine revue 1976)

Charles Buchinsky, 9e enfantd’une famille lituano-polonaise de 15 enfants émigrée en Pennsylvanie, travaille à la mine dès 12 ans (il peindra souvent plus tard des scènes de la mine, et exposera dans une galerie de Beverly Hills)… puis fait de la prison pour des cambriolages.
« C’était plus confortable qu’à la maison, disait-il. Il y avait rois repas par jour, un lit plein de draps et de l’eau chaude pour se laver… »…
Il devient pendant la guerre mitrailleur aéroporté sur un bombardier, puis, démobilisé, bosse comme maçon, ouvrier agricole et routier.

Charles Bronson Jill Ireland

avec Jill Ireland sept 1975 cinerevue

Un jour, un copain l’amène dans un théâtre où il devient figurant pour 75 dollars par semaine, bien plus que ce qu’il gagnait comme ouvrier. Direction New York, où Charles Buchinsky décroche de petits rôles, des marins musclés, boxeurs, dockers avec notamment avec Gary Cooper… qui lui donne de précieux conseils.

Charles Bronson

Les 7 mercenaires (dessin de Didgiv)

Avec son visage typé, ses yeux bridés, sa gueule burinée, son côté taciturne et sa mâchoire carrée, il est au début cantonné à des personnages de durs à cuire, d’Indiens rebelles ou, comme dans un épisode des INCORRUPTIBLES, un gitan rénégat à la solde de Al Capone…

On le verra par la suite incarner des personnages plus sympathiques, mercenaires ou redresseurs de torts. Progressivement, il obtient des rôles de plus en plus importants… notamment dans des westerns.

Son premier est Le cavalier traqué en 1954 avec Randolph Scott, puis deux westerns défendant la cause indienne en 1954 : Bronco Apache (1954), où il incarne Hondo, un Apache qui trahit les siens, dont le guerrier Massai Burt Lancaster, ce qui nous vaut une belle bagarre entre eux deux…

 charles bronson

LE SOLITAIRE DE l’OUEST

Dans L’aigle solitaire, il campe le belliqueux Kintpuash alias Capitaine Jack de la tribu Modoc, avec qui Alan Ladd doit conclure un traité…
Et puis en 54 encore, Vera Cruz, toujours sous le nom de Charles Buchinsky, avec Gary Cooper. En 1956 : L’Homme de nulle part de Delmer Daves avec Glenn Ford et Rod Steiger. Il joue dans 2 épisodes de la célèbre série Gunsmoke en 1956 et 58 et dans 5 épisodes, dès 1957, de la série dont Richard Boone est la vedette : Have gun – will travel.

Il retrouve ce dernier pour Le jugement des flèches (1957), dans le rôle du chef indien Blue Buffalo. Il est encore un Apache dans un épisode de la série Sherriff of Cochise cette année-là. Et décroche pour la première fois un 1er rôle, celui d’ un chasseur de primes, dans un petit western, Showdown at Boot Hill (1958) de Gene Fowler Jr.

Son premier personnage vraiment marquant arrive alors, avant celui d’un des personnages de prisonniers principaux de LA GRANDE EVASION (63), de John Sturges qui le dirige ensuite dans Les sept mercenaires où il retrouve Steve McQueen et James Coburn : dans la peau du sympathique bûcheron au grand cœur Bernardo, qui ne survivra pas au combat contre Eli Wallach et sa bande, il tombe sous leurs balles, dans les bras des enfants mexicains qui l’aimaient tant…

Charles Bronson et Natalie Wood by Didgiv

avec Natalie Wood-PROPRIETE INTERDITE by Didgiv

Puis, en 1961, il endosse l’uniforme d’un soldat d’un fort assiégé par les Indiens dans Tonnerre apache et joue dans les séries western Colt .45BonanzaLaramieTales of Wells Fargo.
Après un second rôle dans Quatre du Texas en 1963 Bronson a la tête d’affiche du Californien (1965) avec Kurt Russell gamin… Des séries encore comme La grande vallée (1965) et Rawhide...

Et campe ensuite dans La bataille de San Sebastian d’Henri Verneuil le féroce Teclo, chef des Indiens pillards qui terrorisent les habitants de San Sebastian…

Suit un petit rôle dans Pancho Villa en 1968, pour la première fois il porte la moustache, et impose sa fiancée Jill Ireland aussi pour la première fois (il s’étaient rencontrés sur le tournage de LA GRANDE EVASION) ; elle apparait dans une scène avec Robert Mitchum dans un restaurant à la fin du film.

L'aigle solitaire
La carrière de Bronson, toujours acteur de second plan aux Etats-Unis, est alors en dents de scie.
Trois films tournés en Europe vont le relancer…

Sur les conseils de sa femme, Jill Ireland , qu’il épousa en 1968, il décide de jouer en co-vedette avec Alain Delon dans le polar français ADIEU l’AMI puis dans le drame psychologique LE PASSAGER DE LA PLUIE, en 1970, avec Marlène Jobert, qui est un grand succès et lui offre une renommée internationale.
« Sans ces films et sans ma femme je serais resté un acteur de second rang », avouera t-il plus tard.

Sans oublier le rôle d’un justicier d’origine mexicaine appelé l’Harmonica dans le western italien Il était une fois dans l’Ouest, qui va battre tous les records d’entrées. Depuis des années Sergio Leone le voulait dans un de ses westerns, et là, il accepte.
Son avis ?
« C’est pas mal, un peu lent, bons pour les intellos du vieux monde qui ont le temps de s’installer dans leur siège pour attendre une hypothétique action à venir ».
Avec ces 3 films, Bronson est désormais une grande star et n’aura plus que des rôles principaux, il sera considéré dans les années 70 comme un sérieux rival de Clint Eastwood et même de John Wayne.
Il partage l’affiche, avec  Toshiro Mifune de Soleil rouge en 1971, superbe western où il interprète le complice du hors-la-loi Alain Delon, lequel a volé le sabre en or du samourai ; Bronson va faire équipe avec le samourai pour le retrouver…

Charles Bronson, Toshiro Mifune (Soleil Rouge)

En 1972 dans Les collines de la terreur, Bronson est Chato, un Apache qui a tué en état de légitime défense un shérif qui l’avait provoqué, il devient un hors-la-loi. On le découvre la même année dans Le solitaire de l’Ouest, qui est un montage de deux épisodes de 1963 et 1965 (ce qui explique qu’il n’est pas moustachu) de la série Le Virginien. La popularité de Bronson au début des années 70 explique cette ressortie en salles de ce téléfilm.

Le solitaire de Fort Humboldt (Bronson)
En 1973, il est Chino, un métis dresseur de chevaux au nouveau Mexique, qui tombe amoureux de la sœur d’un rancher impitoyable (Marcel Bozzuffi) qui va lui mettre des bâtons dans les roues.
Une scène difficile montre ses hommes rouer de coups le pauvre Chino…

Bronson renforce son rang en 74 de super-star en jouant dans le polar violent JUSTICIER DANS LA VILLE, méga-carton au box-office sur toute la planète, et qui aura de nombreuses suites. Pourtant, Bronson avouait détester la violence à l’écran :
« Il y a ce que j’appelle la violence propre. Ça signifie que je tue quelqu’un et que ça s’arrête là. Pas de sang qui gicle, ni de boyaux répandus sur la chaussée. Je suis contre ces effets là »…
Peckinpah, c’est pas trop pour lui !

Le solitaire de fort Humboldt-dessin de Didgiv

Il renoue avec le western en 1975 pour Le solitaire de fort Humboldt, en membre des services secrets, qui mène une enquête difficile à bord d’un convoi ferroviaire où d’étranges disparitions ont lieu, il joue avec son épouse Jill Ireland et la retrouve un an après pour le western comique C’est arrivé entre midi et trois heures.

En 1976, Bronson figure parmi les 10 vedettes les plus « rentables » du cinéma. Accaparé par ses suites du JUSTICIER, il ne tournera plus que dans deux westerns, à une époque où le genre est tombé en disgrâce : Le bison blanc, un western étonnant où il est Wild Bill Hickok, qui recherche un légendaire et gigantesque bison blanc…

Et en 1981, c’est Chasse à mort excellent western moderne des neiges, dans le pure style Jack London, qui se situe dans le Yukon de 1930 ; il incarne avec talent un trappeur épris de liberté et amoureux des animaux, traqué, injustement accusé d’un vol, puis de crimes…

Charles Bronson

Ciné revue 1972

Charles Bronson Wild horses Ciné revue 1972
♥ Femme et partenaire à l’écran
.

Bronson a joué la première fois avec sa femme, l’Anglaise Jill Ireland dans L’ANGE ET LE DEMON puis LE PASSAGER DE LA PLUIE en 1970, ils feront ensuite 13 films ensemble durant les 17 années suivantes…

Elle est morte en 1990, à l’âge de 54 ans d’un cancer du sein, dans leur maison de Malibu.

Espionnage :
Un espion de trop (1977) de Don Siegel

Charles Bronson Jill Ireland ciné revue janvier 1971

Charles Bronson Jill Ireland ciné revue 1971

Charles Bronson

(cinérevue 1970)

Charles Bronson

Charles bronson and Jill irelandChino (Charles Bronson)

Chato’s land : dessin de Didgiv

Les sept mercenaires

à droite


Les collines de la terreur (Chato’s Land)
Anglo-américain de Michael Winner (1972) ****


1873, Nouveau-Mexique. Chato, métis, a tué un shérif qui l’avait provoqué en légitime défense. Il est poursuivi par un ancien officier Sudiste, Quincey Whitmore et sa milice, qui ont comme objectif de le pendre.
Sa femme ayant été violée et sa famille décimée, il traque les auteurs du crime…

Avec Charles Bronson, Jack Palance, Richard Basehart, James Whitmore, Simon Oakland, Richard Jordan, Victor French, Ralp Waite, Sonia Rangan…

Charles Bronson (comme Anthony Quinn au début de sa carrière) a souvent joué les Indiens au cinéma, plutôt belliqueux et mauvais dans ses anciens films des années 1950, comme dans Bronco Apache…, des Indiens héroïques, lorsqu’il gagne en maturité et en âge, comme ici ce métis justicier laconique, viril et rebelle d’un superbe western antiraciste, âpre et violent signé Michael Winner (le réalisateur des Justiciers), c’est le début d’une longue et frutueuse collaboration entre Bronson et ce cinéaste.
Un Indien traqué cherchant à faire sa propre justice… entraînant ses ennemis sur son propre terrain et devenant peu à peu le « chasseur ». Tel est chassé qui croyait chasser !
Nul autre que Bronson ne pouvait incarner avec perfection ce personnage et lui donner une telle dimension, sinon des comédiens comme Steve McQueen, Burt Lancaster ou encore Burt Reynolds. C’est incontestablement un de ses plus beaux rôles à l’écran.
Certains ont vu dans ce film une métaphore des violences de la guerre du Vietnam (voir :
http://www.dvdclassik.com/critique/les-collines-de-la-terreur-winner).

eh les copains, vous allez m’aider ???

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C’est arrivé entre midi et trois heures (From Noon till three)
de Frank D. Gilory (1976) ***

Scénario : de Frank D. Gilroy, d’après son roman
Musique : Elmer Bernstein-Photo : Lucien Ballard
Durée : 1h35

Avec :
Charles Bronson : Graham Dorsey
Jill Ireland : Amanda Starbuck
Douglas Fowley : Buck Bowers
Stah Haze : Ape
Damon Douglas : Boy
Hector Morales : le Mexicain
Bert Williams : le shérif

Et Davis Roberts, Betty Cole, Anne Ramsey, Don ‘Red’ Barry, Elmer Bernstein.

Graham Dorsey, un bandit, rêve que le braquage qu’il prépare avec sa bande va échouer. Il fait boîter son cheval pour éviter d’y participer et rester en dehors de la ville.
Il s’installe chez une jolie veuve, Amanda Starbuk, une romancière.
Elle apprend que le braquage a mal tourné, et insiste pour que Dorsey aille au secours de ses complices, elle lui donne même un cheval.

Peu téméraire, Dorsey prend la direction opposé, il est poursuivi par des policiers. Il dérobe les vêtements du docteur Finger, un dentiste, qui est tué à sa place.

Et Dorsey se fait arrêter pour exercice illégal de la médecine ! Dorsey fait un an de prison et retourne chez la veuve, mais pendant son absence, elle a raconté son idylle avec Graham, et ses confessions sont devenues un best seller dans tout le pays : chansons, romans, pièces de théâtre, Dorsey est devenu un mythe, mais bel et bien mort pour tout le monde.

Si bien que quand il se trouve face à elle, elle ne le reconnait pas et le rejette.

La légende façonnée par le livre, même si elle ne correspond pas à lui, le dépasse totalement. Dorsey est mort pour tout le monde, et il n’arrive pas à convaincre les autres qu’il est bien Dorsey.
Interné dans un asile, là, il trouve finalement quelqu’un qui accepte de croire… ce qu’il est !

Charles Bronson décide en 1975 de coproduire avec un petit budget ce western comique, et confie la réalisation au romancier Frank Gilroy, peu expert en mise en scène. Gilroy avait écrit le scénario de La première balle tue, un western psychologique avec Glenn Ford et quelques épisodes d’Au nom de la loi.
Bronson dans la peau d’ un homme superstitieux, peureux et menteur, et avec une barbe et des lunettes, vaut vraiment le détour !
La fin est assez triste et il y a des moments d’émotion forts entre Jill Ireland et Bronson, qui venaient de tourner ensemble un autre western, Le solitaire de fort Humboldt, l’année précédente. Bronson voulait alors casser son image sérieuse de dur et taciturne qu’il a dans tous ses films. De nombreux acteurs ont voulu ainsi se tester dans des comédies, comme Gary Cooper ou John Wayne.

Le film est très original, ce n’est pas seulement une comédie, il montre comment sont fabriquées les légendes de l’Ouest, dans des récits qui parfois dépassent les « héros » , ce fut le cas de Wyatt Earp ou Doc Holliday, mais aussi dans une moindre mesure, des frères James ou de Kit Carson. Cela peut faire penser aux Dime novels, ces romans populaires nés à la fin du 19e s., qui forgèrent la célébrité de ces personnages, parfois à travers des récits imaginaires. C’est aussi une critique des médias, qui exploitent des situations, John Ford l’avait fait dans ses Cheyennes en 1964 à propos des Indiens.

Le film est bâti sur le couple (à la ville comme à l’écran) Charles Bronson-Jill Ireland, cette dernière chante la chanson du générique.
Les autres acteurs ne leur font pas trop d’ombre, car ils sont peu connus (à part la grande star de westerns de la Republic des années 1940 Don ‘Red’ Barry).
Charles Bronson est doublé en Français par Marcel Bozzufi, qui joue avec lui d’ailleurs dans Chino.

Hélas, ce bon western, apprécié dans ses rediffusions à la TV, fut un échec à sa sortie, aussi bien aux USA qu’en France. A redécouvrir !

Images du film et la superbe chanson interprété par la sublime Jill Ireland :


Le solitaire de fort Humboldt (Breakheart Pass)

De Tom Gries
Scénario : Alistair MacLean, d’après son roman
Musique : Jerry Goldsmith
Photo : Lucien Ballard
Durée : 1h35

Avec :
Charles Bronson : John Deakin
Ben Johnson : Marshall Nathan Pearce
Jill Ireland : Marica Scoville
Richard Crenna : le gouverneur Fairchild
Charles Durning : Frank O’Brien
Roy Jenson : Banlon
Casey Tibbs : Jackson
Archie Moore : Carlos
Ed Lauter : le Major Claremont
Robert Tessier : Calhoun

Et Joe Kapp, Read Morgan, Bill McKinney, Rayford Barnes, Scott Newman, Eldon Burke, David Huddleston, Sally Kemp, Eddie Little Sky, John Mitchum.

1873. Un convoi ferroviaire, placé sous le commandement du major Claremont, se dirige vers Fort Humboldt (nord Californie), avec à son bord 70 soldats, leur mission est secrète.
Il s’arrête dans la ville de Myrtle. Là, le marshall Pearce arrête un tricheur, John Deakin, recherché pour vol. Tous deux montent dans le train, où deux officiers décodeurs de télégraphe viennent de disparaitre mystérieusement. Pearce doit arrêter au fort Levi Calhoun, un hors-la-loi.

cinérevue 1976

Le train repart, le gouverneur Fairchild, à bord avec sa compagne Marcia, fille du colonel du fort, apprend au major que sa troupe est destinée à prendre la relève de la garnison du fort, victime d’une épidémie de diphtérie.
Un voyageur, le docteur Molyneux, décède, piqué par une aiguille pendant son sommeil, puis le chauffeur mécanicien, tombé du haut d’un pont, et le pasteur Peabody disparait.

Au fort, le général Scoville et ses hommes sont en fait prisonniers du la bande du bandit Levi Calhoun, qui envoie de fausses informations par télégraphe au major Claremont.
Il attire le train dans un piège, ses alliés indiens devant s’emparer des armes et munitions qui se trouvent dans un wagon…

Un wagons transportant des soldats se détache du convoi et s’écrase au bas d’une pente. Pour le major désormais, c’est clair, il y a un ou des assassins à bord du train. Murray est immédiatement soupçonné mais réussit à s’échapper, il découvre les corps des deux officiers et du Pasteur. Il va démasquer le premier espion, le cuisinier Carlos et découvrir que Fairchild et Pearce sont impliqués dans les meurtres…
Il aura deux précieux alliés, Claremont et la belle Marcia…

dessin de Didgiv

 

Un suspense palpitant pour cette histoire originale, que l’on doit à l’auteur Alistair Mac Lean, il avait aussi écrit ZEBRA STATION POLAIRE ;  des scènes d’action spectaculaires se succèdent dans les paysages enneigés nord-américains, dont la dernière séquence, époustouflante, filmée en hélicoptère. L’action est censée se dérouler dans l’Ohio, mais le tournage eut lieu, pour des raisons techniques, dans l’Idaho.
On doit au réalisateur Tom Gries deux autres excellents westerns, Will Penny et Les cent fusils, réalisés à la fin des années 1960, le premier avec Charlton Heston, le second avec Burt Reynolds et Jim Brown… mais aucun de ces trois westerns ne se ressemble et chacun a son style original et particulier, dû à l’empreinte très forte que lui donnent ses acteurs principaux : Bronson, Charlton Heston, Burt Reynolds.

dessin de Didgiv

Peter Fonda / The hired hand

Décès de Peter Fonda (23-02-1940/2019)

Peter Fonda

L’homme sans frontière (ciné revue 1971)

Avec le méga-succès d’EASY RIDER, dans lequel il jouait un motard idéaliste, Peter Fonda est devenu un des plus grands représentants, avec son pote Dennis Hopper, de la contre-culture américaine qui éclot dans les années 1960, en pleine période de contestation de la guerre du Vietnam. À cette époque, Peter « a plongé tête baissée dans la mer de drogues et de liberté sexuelle», ce qui causa son divorce en 1972, d’après ses propres écrits dans ses mémoires.

C’est le fils de l’acteur Henry Fonda, et le frère de Jane Fonda. Son enfance fut marquée par le suicide de sa mère dans un hôpital psychiatrique (elle se trancha la gorge), Peter avait alors 10 ans (et Jane 12 ans). Leur père raconta qu’elle était morte d’une crise cardiaque, Peter apprit la vérité 10 ans plus tard. Il fut par la suite longtemps brouillé avec son papa, avec lequel il se réconcilia de longues années après, lui offrant même un rôle dans son film WANDA NEVADA. Peter Fonda a eu 2 enfants, dont l’actrice Bridget Fonda.
Il a réalisé trois films, dont le western minimaliste L’homme sans frontière, en 1971.

Il débute en 1962 dans un épisode de La grande caravane, et a un petit rôle dans Le mors aux dents (1965). En 1966, Fonda joue le fils de Will Kane (héros du Train sifflera trois fois) dans le téléfilm High Noon : the clock strikes Noon again.

On l’a vu dans quatre autres westerns depuis :
Wanda Nevada, qu’il a réalisé…
Hawken’s breed (1987), La tempête (1998), une adaptation de Shakespeare dans les bayous du Mississippi lors de la guerre de Sécession…
South of Heaven, West of Hell (2000) du chanteur country Dwight Yoakam, le remake de 3h10 pour Yuma (en 2008)…
Et enfin
American Bandits : Frank and Jesse James (2010), seulement sorti en vidéo aux USA selon mes sources.
Il obtint l’Oscar du meilleur acteur en 1998 pour le drame L’OR DE LA VIE.

avec Yul Brynner… Les rescapés du futur est la suite de MONDWEST

Il est décédé de problèmes respiratoires dûs à un cancer du poumon, dans sa maison de Los Angeles (il était né à New-York).

Avec James Dean, Marlon Brando, Jack Nicholson, Dennis Hopper… Un des grands rebelles du cinéma du XXe siècle.

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L’homme sans frontière (The hired hand)
de Peter Fonda  (1971) ****

Le cowboy Harry (Peter Fonda), lassé de sa vie d’errance, est de retour chez lui, accompagné de son compagnon d’infortune (Warren Oates), sa femme (Verna Bloom), qui ne pensait plus à lui, croit que tout peut recommencer…

Et avec Robert Pratt, Severn Darden, Rita Rogers, Ann Doran, Larry Hagman.

Après le formidable succès d’EASY RIDER, icône cinématographique de la contre-culture américaine, les studios Universal offrirent aux deux stars du film, Peter Fonda et Dennis Hopper, de réaliser chacun leur premier film. Dennis Hopper réalisa de son côté The Last Movie.
Pour Peter Fonda, L’homme sans frontière est un coup de maître. Il signe un western épuré et dramatique avec beaucoup de sensibilité et de nostalgie, abordant des thèmes comme la loyauté, l’amitié  et l’amour. Tourné au Nouveau-Mexique.
Magnifiques images du célèbre chef opérateur Vilmos Zsigmond.
Renié par le producteur Universal, le film fut retiré de l’affiche au bout d’une semaine d’exploitation. En 2001, à l’initiative de Martin Scorsese, une version restaurée put sortir en salles puis en DVD.

Peter Fonda L'homme sans frontière (The hired hand) (ciné revue 1971)

(ciné revue 1971)

Zorro / Henry Calvin

  ZORRO (série de 82 épisodes, 1957-58-59)

Zorro a cent ans (et la série déjà 60 ans !) : le 9 août 1919, la gazette américaine All-Story Weekly publia un feuilleton Le Fléau de Capistrano écrit par Johnston McCulley qui s’inspira de trois personnages réels : Monrouge, justicier anglais sous la Révolution française ; le fameux Joaquin Murietta (1829–1853) héros de la ruée vers l’or en Californie, que Jeffrey Hunter interpréta sur grand écran en 1965 ; enfin, William Lamport, contrebandier irlandais surnommé El Zorro.


Réalisateurs (notamment) : Norman Foster, William Witney, Charles Lamont, Lewis R. Foster

La lutte de Don Diego de la Vega, aristocrate dandy le jour, justicier masqué tout de noir vêtu la nuit sur son cheval Tornado, contre les tyrans de la Californie espagnole de 1820.

Avec Guy Williams (Zorro), Gene Sheldon (Bernardo), Henry Calvin (Sergent Garcia), George J. Lewis (Don Alejandro). Et Nestor Paiva, Britt Lomond, Vinton Hayworth, Carlos Romero, Jolene Brand, John Litel, Eduard Franz, Joan Evans, Patricia Medina…
Gloria Talbott, BarBara Luna, Robert J. Wilke, Michael Pate, Perry Lopez, Richard Anderson, Cesar Romero, Rodolfo Hoyos Jr., Frank Wilcox, Anthony Caruso, Mary Wickes, Rodolfo Acosta, Douglas Kennedy, Rita Moreno, Vito Scotti, Gilbert Roland, Paul Picerni, Ricardo Montalban, Ted de Corsia, Whit Bissell, Robert Vaughn…
Frank Yaconelli, Lisa Gaye, Jim Bannon, John Dehner, Joseph Calleia, John Hoyt, Ross Martin, Yvette Duguay, Lee Van Cleef, Michael Forest, Hal Needham, Pat Hogan, Jack Elam, Kermit Maynard, Argentina Brunetti, James Griffith, Buddy Roosevelt, Dan Blocker, John Doucette, Booth Coleman, Eugene Iglesias, Alex Montoya, Julian Rivero, Tom Steele, Lisa Gaye, Ray Teal, Don Beddoe, Nacho Galindo, Sylvia Lewis, William Schallert.

Quelques acteurs de la série :

Rita Moreno

Rita Moreno

 

Image

Jim Bannon

 

Gloria Talbott by Didgiv

épisode 1, saison 2 (1958) :
Bienvenue à Monterey (Welcome to Monterey)- Don Diego, accompagné de Bernardo, se rend à Monterey où il a été envoyé par un groupe d’investisseurs pour apporter des fonds au señor Verdugo. Don Diego ne sait s’il peut avoir confiance en Verdugo…

Episode réalisé par William Witney et dans lequel jouent Lee Van Cleef et Eduard Franz. Lee Van Cleef jouait la même année dans Les Bravados avec Gregory Peck. Et avec Gene Sheldon, Carlos Romero et la très belle Américano-espagnole Jolene Brand, vue aussi dans Gunsmoke, Maverick et Bronco.


HENRY CALVIN (25 mai 1918/6 octobre 1975)

Henry Calvin by rikou

Né et mort à Dallas, Ce gros -et grand (1,85 m)- gaillard est entré dans la légende en interprétant l’irrésistible personnage du rondouillard, débonnaire  Sergent (Demetrio Lopez) Garcia dans la série Zorro avec Guy Williams, entre 1957 et 1961.

Cette série connut un immense succès, y compris lors de ses nombreuses rediffusions sur les petits écrans du monde entier. Calvin était aussi chanteur (pas luthérien mais dans la chorale de son église) baryton, et chanta quelque fois dans les séquences musicales de la série.

Il a fait ses débuts au cinéma dans un polar (CRIME AGAINST JOE) en 1956, et dans une série B western avec Lita Baron, The Broken star (1956) et n’a tourné après Zorro que dans 11 épisodes de séries et téléfilms, il est mort d’un cancer de la gorge en 1975.

Diego chante Sergent Garcia ! :

Calvin avec Guy Williams et le créateur de Zorro (en 1919) : Johnston McCulley, en 1957

 

Lee Van Cleef, Guy Williams

George Hilton (Jorge Hilton) / Le temps du massacre (Tempo di massacro) / Frontera al sur (Kitosch, l’uomo che veniva dal nord)

Décès de GEORGE HILTON (16-7-1934/2019 à Montevideo)

Cet acteur anglais d’origine uruguayenne, Jorge Hill Acosta y Lara, est devenu une des plus granedes vedettes des thrillers horrifiques transalpins et du western-spaghetti des années 60-70, dans des premiers et seconds rôles, aux côtés d’autres stars du genre comme Franco Nero ou Klaus Kinski.

Trois de ses rôles les plus marquants sont celui d’un agent qui veut démanteler une bande de faux-monnayeurs dans Poker au colt (1967).
Il affronte un horrible bandit avec son compère Jack Betts dans  Trois salopards, une poignée d’or  (1967), qui compte un des plus beaux règlements de comptes du western italo-espagnol…
Enfin, il est un des trois aventuriers qui profitent des tumultes causés par la guerre de Sécession pour piller des banques dans Professionnels pour un massacre (1968)…

Ses autres westerns :

Le temps du massacre (1966) de Lucio Fulci avec Franco Nero.
I due figli di Ringo (1966) de Giorgio Simonelli avec Franco Franchi.
Frontera al sur de José Luis Merino (1967) est son premier western en vedette. Puis Les vautours attaquent de Nando Cero avec Femi Benussi.
Je vais, je tire et je reviens (67)…
Il a un rôle secondaire dans Chacun pour soi (1968) de Giorgio Capitani avec l’Américain Van Heflin… du très bon western !
A nouveau tête d’affiche dans Le moment de tuer en 1968… et : Pour un dollar, je tire (1968)… Los machos (1968)… Deux salopards en enfer (1969)…
Il est un confédéré qui se venge du salopard joué par Ernest Borgnine dans Los desesperados en 1969…

Il interprète Sartana dans Djanfo arrive, préparez vos cercueils !  (1970)…
Et campe un nouveau héros nommé Hallelujah ( !) dans On m’appelle Alleluia (1971) et sa suite Alleluia défie l’Ouest en 1972…
Puis c’est Fuori Trinita, Uno sotto Un altro Arriva il Passatore avec Edwige Fenech (1973), Lo chiamavano Tresette… Giovaca sempre col morto (1973)…

Di Tresette ce n’è uno, tutti gli altri Son Nessuno (74)

Trinita, une cloche et une guitare en 1975… L’obscur Ah si ? E io dico a Zzzzorro ! (1975)… et El Macho (1977), western médiocre avec Carlos Monzon…

LES RENDEZ-VOUS DE SATAN (1972)

♦ George Hilton a aussi tourné dans des films de guerre (LA BATAILLE d’EL ALAMEIN), des thrillers, films d’horreur, des drames et des comédies sexy, donnant la réplique à de grandes actrices à plusieurs reprises :

♦ Carroll Baker, dans : LE HAREM en 1967, les gialli L’ADORABLE CORPS DE DEBORAH en 68 et IL DIAVOLO A SETTE FACCE (1971)
♦ Anita Strindberg dans les gialli LA QUEUE DU SCORPION (1971) et LES DEUX VISAGES DE LA PEUR (1972)
♦ Edwige Fenech dans les gialli : L’ETRANGE VICE DE MADAME WARDH (1971), TOUTES LES COULEURS DU VICE (1972),  LES RENDEZ-VOUS DE SATAN (72) et un western en 73 (voir ci-dessus), puis, LE TOUBIB SE RECYCLE (77).

Autres gialli : MIO CARO ASSASSINO en 1972… L’ASSASSINO è COSTRETTO AD UCCIDERE ANCORA (1975)…

… avec Femi Benussi :


Le temps du massacre (La ville sans shérif) (Tempo di massacro)
(Le colt cantarono lamorte e fu… tempo di massacro)
Italien de Lucio Fulci (1966) ****

1866 au Nouveau-Mexique. Tom, un chercheur d’or (Franco Nero) revient au pays et découvre que le village et son ranch sont devenus la propriété d’un homme cruel et de son fils psychopathe (Nino Castelnuovo) qui ont mis le pays en coupe réglée… Tom retrouve son frère (George Hilton), plongé dans l’alcoolisme, et va lutter avec lui contre le tyran local…

Et avec : Linda Sini, Giuseppe Addobbati, Tom Felleghy, Tchang Yu, John Bartha, Salvatore Borghese…

Premier western de Lucio Fulci, qui deviendra un spécialiste des films d’horreur ; ce western révéla l’acteur urugayen George Hilton, qui joue la même année dans I due figli di Ringo avec Franco Franchi et aura la tête d’affiche du western Les vautours attaquent en 1967. C’est un modèle du genre du genre, avec un climax explosif, c’est-à-dire une fin hyper-violente, qui montre le talent de Lucio Fulci dans la description de la violence.
Autre scène percutante du film, celle du début : une chasse à l’homme avec une meute de chiens, qui a certainement inspiré Tarantino pour celle de Django Unchained… Nino Castelnuovo, excellent en sadique, un rôle dans lequel on aurait bien vu Gianni Garko ou… Klaus Kinski.


Frontera al sur (Kitosch, l’uomo che veniva dal nord)
Italo-espagnol de José Luis Merino (1967) 

Avec George Hilton, Krista Nell, Piero Lulli, Gustavo Rojo

Un membre de la police montée candienne escorte un groupe de femmes, et affronte l’étrange Renegde et sa bande d’Indiens et de bandits.

C’est le premier western avec George Hilton en vedette.

Krista Nell