Clu Gulager/My heroes have always been cowboys

Décès de CLU GULAGER (1928-2022)

Clu Gulager et Lee J. Cobb (Le Virginien)

William Martin Gulager doit son surnom Clu à son père, en référence aux hirondelles, appelées les clu-clu birds. C’est un des héros de la très belle série Le Virginien entre 1964 et 1970, il était un tueur élégant dans A BOUT PORTANT, polar de Don Siegel en 1964.
Il a débuté quelques années plus tôt dans le western avec les séries Black saddle, et un épisode de Au nom de la loi, Laramie, Have gun – will travel

Il est apparu ensuite dans les séries The rebel (60), The Deputy (60), il joue Billy Le kid personnage récurrent de The tall man entre 1960-1962  dans cinq épisodes de La grande caravane entre 1959 et 64, on le verra ensuite dans Bonanza, The Oregon Trail en 1977, il interprète le général Sheridan dans Nord et Sud II. On le verra dans de nombreux thrillers et films d’horreur

westerns:
Molly and lawless John (1972) de Gary Nelson avec Vera Miles
Le solitaire de l’Ouest (1972)

 Marianna Hill-The Tall Man

Il a le premier rôle de Charlie Cobb : Nice Night For a Hanging (1977), de Richard Michaels avec Ralph Bellamy
Kenny Rogers, Le Joueur (1980), de Dick Lowry
My heroes have always been cowboys (91) de Stuart Rosenberg
Gunfighter (1999)

Polar : UN SILENCIEUX AU BOUT DU CANON (1974)

avec les mannequins Play Boy Irina Voronina et Summer Altice


MY HEROES HAVE ALWAYS BEEN COWBOYS de Stuart Rosenberg (1991) 

Avec Scott Glenn, Kate Capshaw, Gary Busey, Tess Harper, Ben Johnson, Clu Gulager, Mickey Rooney

Western sur un rodeoman, genre Junior Bonner. Musique de James Horner

Willie Boy=Tell them Willie Boy is here/Robert Blake

WILLIE BOY De Abraham Polonsky

Willie Boy (Robert Redford)
Scénario : Harry Lawton et A. Polonsky
Musique : Dave Grusin
Avec
Robert Redford -Katharine Ross -Robert Blake -Susan Clark -Barry Sullivan -John Vernon
Et Charles Aidman, Shelly Novack, Robert Lipton, Lee de Broux

1909. L’Indien métis Paiute Willie Boy est de retour dans sa réserve natale, en Californie, il vient épouser la femme blanche dont il est amoureux, Lola. Or, le père de la jeune femme s’oppose à leur union. Willie Boy le tue, en état de légitime défense, et doit s’enfuir, avec elle.
Avec un posse, le shérif local, Cooper, est à ses trousses dans les montagnes, il découvre le corps sans vie de Lola, qui a été tuée. Cooper est décidé à l’abattre, Willie Boy n’a pas chargé son arme.

western psychologique dont l’intrigue rappelle Collines de la terreur avec Charles Bronson (une chasse à « l’Indien »), réalisé par une victime du McCarthysme, Abraham Polonsky, qui dut s’exiler en Europe. Le film a été tourné sur les lieux mêmes de l’action.
La vie difficile dans les réserves indiennes et l’avenir même du peuple indien sont des questions abordées dans peu de films avant les années 1980. Le premier est sans doute Massacre en 1934, il y eut aussi Hombre avec Paul Newman,  Fureur apache (1972) ou encore Les Cheyennes de John Ford
Le film donne son titre au personnage de l’Indien en fuite joué par Robert Blake, mais c’est Robert Redford, le shérif qui le poursuit, la vedette du film
Katharine Ross joue la même année dans un autre grand western, Butch Cassidy et le Kid, avec aussi Robert Redord

Willie Boy


La vraie histoire. Le film est basé sur des faits réels, en 1909 : Isoleta Boniface, jeune Indienne de 15 ans, fut kidnappée et tuée par Willie-boy, un Chemehuevi (branche des Indiens Paiute).

Travaillant comme cueilleur de fruits l’été 1909, il courtise une certaine Carlota, mais d’après la loi indienne, ils sont trop proches pour pouvoir se marier. Willie Boy va alors voir son père, Old Mike, qu’il tue avec une Winchester (a-t-il été provoqué, on ne sait pas ?). Un Indien qui a tué un autre Indien… l’affaire eut pu être banale, si le President Taft n’était en visite à cette époque dans la contrée, la presse médiatise l’affaire à outrance, on parle même de révolte indienne ! Un « posse » se met en marche, pour retrouver Boy. Le 4e jour, les hommes de la milice trouvent le corps de Carlota (des rumeurs disent que c’est le posse qui l’aurait tuée par erreur). Celui qu’on appelle le Mad dog de Morongo est désormais un double meurtrier. Le posse grossit est compte cent hommes, Willie Boy passe par Whitwater, à travers Pipes Canyon, jusqu’à Ruby Mountain, il marche chaque jour 50 miles.

Certains témoignages non officiels disent qu’il a tué un membre du Posse en leur tendant une embuscade, lors d’une fusillade. Une semaine après, un corps décomposé est trouvé, certainement le sien, les membres du Posse le brûlent avec des juniperus. De nombreux Indiens ont dit qu’ils ont vu ou rencontré Willie Boy après cela, mais les historiens blancs n’ont jamais recueilli leurs témoignages qui font partie de la tradition orale des Indiens, tradition qui n’entre pas en compte dans les récits des historiens. La tombe de Willie Boy est devenue un lieu de pèlerinage, une boisson porte son nom dans un café de Joshua Tree, on peut visiter le lieu où il a tué le père de son amoureuse, le Gilman Historic ranch and Wagon Museum.


ROBERT BLAKE (18-9-1933)

Célèbre pour avoir incarné l’inspecteur Tony Baretta dans la série télévisée BARETTA de 1973 à 78, Robert Blake, d’origine italienne, est apparu dans de nombreux westerns de série B dès le début des années 40. Et notamment dans serials des Red Ryder, joué par Bill Elliott de 1944 à 46 puis par Allan Lane en 1946-47 ; Blake tient -dans tous les films de ce serial-le second rôle de Petit Ours (Little Bear) :

en 1944 : TUCSON RAIDERS/ MARSHAL OF RENO ; The San Antonio Kid/ Cheyenne wildcat / Vigilantes of Dodge city / Sheriff of Las Vegas

En 1945 : GREAT STAGECOACH ROBBERY / LONE TEXAS RANGER / PHANTOM OF THE PLAINS / MARSHAL OF LAREDO / COLORADO PIONEERS/ Wagon wheels westward
En 1946 : CALIFORNIA GOLD RUSH / SHERIF OF REDWOOD VALLEY / SUN VALLEY CYCLONE / CONQUEST OF THE CHEYENNE / SANTA FE UPRISING 
Dès STAGECOACH TO DENVER (en 46), Alan Lane reprend le rôle de Bill Elliott (Red Ryder), mais toujours Robert Blake en second rôle
dès 1947 : VIGILANTES OF BOOMTOWN de R.G. Springsteen / HOMESTEADERS OF PARADISE VALLEY / OREGON TRAIL SCOUTS / RUSTLERS OF DEVIL CANYON/ MARSHAL OF CRIPPLE CREEK

Ses autres westerns :
LA FEMME DU PIONNIER (DAKOTA)HOME ON THE RANGE (1946) et OUT CALIFORNIA WAY… Puis IN OLD SACRAMENTO , THE LAST ROUND UP. Le trésor de la Sierra Madre (1947) de John Huston
Apache war smoke (1952)  Terre sans pardon (1957)

Un de ses rôles les plus marquants est celui du rôle-titre Willie Boy (69)
séries western aussi à son actif (La flèche brisée, Laramie… Rawhide... Have gun – will travel… Zane Grey theater..La grande caravane)

Sa carrière a été entâchée par le meurtre mystérieux de sa seconde femme, en 2001, dont Blake a été inculpé, puis acquitté, après près d’une année d’emprisonnement, en 2003

L.Q. Jones/Le collier de fer (Showdown)/La femme du Kid (Mrs. Sundance)

Décès de L.Q. Jones (1927-2022)

Le Virginien

Justus Ellis McQueen Jr. adopte le nom de L.Q. Jones qui est le personnage qu’il interprète dans son premier film, LE CRI DE LA VICTOIRE en 1955

Grand, sec et moustachu, il apparait dans de nombreux films de guerre et des westerns, des séries aussi  Lawman… Cheyenne… Cimarron, La grande caravane, Gunsmoke, Wichita Town (59), Tales of Wells Fargo, La grande vallée, Le Virginien, il a un rôle récurrent dans Laramie, son nom est lié ensuite à celui du cinéaste Sam Peckinpah : dès Coups de feu dans la Sierra
Il interprète Wild Bill Hickok dans le téléfilm La cible en 1980.
Son dernier film est THE LAST SHOW de Robert Altman, en 2006

Tous ses westerns :
Gunsight Ridge
(1957) – L’Aventurier du TexasL’Homme aux colts d’or (1958) –Ten who dared (1960) –La ruée vers l’Ouest (60) –Les rôdeurs de la plaine (1960)-Coups de feu dans la Sierra (62) –Le collier de fer (1963) –La fureur des Apaches (1964) –Major Dundee (1965)-Nevada Smith (1966) –Micmac au Montana (1968) –Pendez-les haut et court (1968) –La horde sauvage (69) –Un nommé Cable Hogue (1970) de Sam Peckinpah-Le clan des MacMasters (1970)-Les charognards (1971) –Los Bravos (1972) –Pat Garrett et Billy le Kid (1973) La femme du Kid (1974) –Le faucon blanc (1975) –Banjo Hackett : Roamin’ Free (1976) –La conquête de l’Ouest (1978), –The Sacketts (1979)-Buffalo soldiers (1979) –La cible (1980) –Sacred ground (1983) –Red river (1988) –Jack l’éclair (1994)-Le masque de Zorro (1998) –Jack Bull (1999)

Polars :
CASINO (1995) de Martin Scorsese

Le collier de fer (Showdown) de R.G. Springsteen (1963) *

Un cowboy doit récupérer 12 000 dollars à l’ex-petite amie de son complice, retenu en otage par un gang qui veut le butin.
Avec Audie Murphy, Kathleen Crowley, Charles Drake, Skip Homeier, L.Q. Jones, Strother Martin, Dabbs Greer, Bob Steele
Ce petit budget de l’Universal en noir et blanc est un des meilleurs westerns d’Audie Murphy. Avec dans un second rôle l’excellent Skip Homeier.


La femme du Kid (Mrs. Sundance)
Téléfilm de Marvin J. Chomsky (1974)

La petite amie de Sundance Kid est recherchée, sa tête est mise à prix, elle apprend que le Kid est peut-être vivant…

Avec Elizabeth Montgomery, Robert Foxworth, L.Q. Jones, Arthur Hunnicutt

Pour surfer sur le succès de Butch Cassidy et le kid, dans lequel Katharine Ross interprétait Etta Place, la Fox imagina ce spun-off (suite) avec Elizabeth Montgomery, et une autre suite en 1976, cette fois avec Katharine Ross, Wanted : the Sundance woman. Quelques scènes en sépia, qui tentent de recréer les images poétiques de l’original, sans grand succès, le reste est assez décevant, Elizabeth Montgomery a l’air de s’ennuyer mortellement.

Rollerball/James Caan/John Beck/Moses Gunn/Maud Adams

ROLLERBALL de Norman Jewison (1975)

Dans un futur contrôlé par de puissantes corporations, un sport ultra-violent Rollerball voit des athlètes s’affronter

Avec James Caan, John Houseman, Maud Adams, John Beck, Moses Gunn, Ralph Richardson, Sarah Douglas

Métaphore futuriste des sports violents et d’un public fanatisé par le culte du sur-homme, questionnement sur le voyeurisme et la fascination des hommes pour la violence populaire – divertissement qui se substitue aux barbaries des guerres et dont l’acteur et la victime sont ici l’être humain-, Rollerball offre à James Caan et à  John Beck un de leurs meilleurs rôles. Musique du compositeur allemand André Prévin. En France, Jean-Pierre Mocky abordera ces thèmes dans A MORT l’ARBITRE en 1984, avec Eddy Mitchell


Décès de JAMES CAAN (1940-2022)

dessin de Didgiv

James Caan reste l’inoubliable Mississipi, le jeune et fougueux cow-boy qui aide John Wayne et Robert Mitchum à nettoyer El Dorado de ses vermines… et qui flirte avec Charlene Holt dans le superbe western El Dorado (1967) de Howard Hawks, variante de Rio bravo tourné par le même Hawks en 58… rebelote avec John Wayne

C’est ce film qui, avec LIGNE ROUGE 7000 d’Hawks en 1965 (où il jouait déjà avec Charlene Holt) puis les deux premiers volets du PARRAIN en 1972, l’ont propulsé, faisant de lui une immense star des années 70

La brigade des cowboys

Il avait mis le pied à l’étrier du western deux ans avant avec Les compagnons de la gloire, un western de cavalerie écrit par Sam Peckinpah, et on le reverra dans quatre westerns : La brigade des cowboys (1968), western qui fait un parallèle entre la violence et l’absurdité du combat des Sudistes pendant la guerre de Sécession et l’horreur de de la guerre du Vietnam ; Puis, dans Gone with the West (1975), il sort de prison et se venge d’Aldo Ray qui a massacré sa famille

Ensuite, vedette du western romantique de Lelouch Un autre homme, une autre chance en 77, et joue avec Jane Fonda dans Le souffle de la tempête en 1978… dans Grand Nord (96), il est le puissant qui spolie les autochtones et étrangers de leurs mines d’Alaska de la ruée vers l’or, un métis (Christophe Lambert) se met en travers de sa route. Enfin, il joue dans la série historique de Robert Redford, The American West

Caan a toujours soigneusement choisi ses rôles, tous sont originaux ou intéressants, comme ROLLERBALL (1975)
Il a aussi joué dans les séries La route des rodéos en 1962, Les aventuriers du Far West (63) et un épisode de La grande caravane en 1965. Et réalisé un drame, L’IMPOSSIBLE TEMOIN, en 1980


John Beck (1943)

Il démarre dans des séries dont les western Les bannis en 1968 et le The silent gun (1969). Puis c’est Bonanza (1969), L’homme de la loi (1971) avec Burt Lancaster, Lock, stock and barrel (1971), Pat Garrett et Billy le Kid (73), Sidekicks (74), Gunsmoke (1970), The call of the Wild (1976), La mini-série conquête de l’Ouest (79), Buffalo soldiers (79), la série Le cavalier solitaire (1990)
C’était aussi un des joueurs athlétiques du fascinant thriller d’anticipation de ROLLERBALL en 75, un de ses meilleurs rôles et un acteur récurrent du feuilleton pétrolier DALLAS entre 1983 et 1986.


Moses Gunn(1929-1993)

né à St. Louis, il joua dans  les westerns Deux hommes dans l’Ouest (1971), Law of the land (76), la saga Racines (77), la série La petite maison dans la prairie
Il était la vedette de la série The Cowboys (74), 12 épisodes seulement et jouait Cletus dans le film d’anticipation ROLLERBALL en 1975.

Maud adams


Mannequin suédois « recyclé » dans le cinéma en 1970, elle est l’ex-femme de James Caan dans ROLLERBALL, et devient une James Bond girl en campant l’amoureuse de l’assassin Scaramangadans L’HOMME AU PISTOLET d’OR (74), puis le thriller LES MERCENAIRES en 76, un 2e James Bond en 1983 où elle incarne le rôle-titre : OCTOPUSSY et un 3e en 85 : DANGEREUSEMENT VOTRE

Chief Dan George/Smith !=A man called Smith

Dan George (Chief Dan George)

 Peau de la vieille hutte…

C’était Peau de la vieille hutte, dans Little big man d’Arthur Penn, chef cheyenne qui recueillait et adoptait l’orphelin Jack Crabb joué par Dustin Hoffman

Dan George reçut à le Laurel Award de « best supporting performance » en 1971, «Best Supporting Actor » aux NYFCC Awards (70) et NSFC Awards (71), et il fut nominé dans la catégorie meilleur second rôle aux Oscars de 1971… Pas moins !

Josey Wales…

C’est l’un des plus célèbres Amérindiens ayant fait sa place sous le soleil d’Hollywood, et sans doute, avec Graham Greene, Chief Thundercloud dans les années 40, et Wes Studi, le plus connu. Ses personnages sont souvent ceux de chefs indiens empreints de sagesse.

Dan George by JB21

Dan George est né dans la réserve indienne  de Burrard au Canada et a été chef de la nation Capilanos de 1951 à 1963, il est apparu au cinéma relativement tard… à partir de l’âge de 61 ans !
Dan George incarnera Red Cloud dans un épisode de la série Bonanza en 1971, chef Morales dans un épisode de Le grand Chaparral (69), Clint Eastwood lui confie en 1976 le deuxième rôle de son western Josey Wales, Hors-la-loi, celui du vieux chef Indien qui accompagne le héros sur la route de sa quête vengeresse
Autres westerns :
Smith ! (1969) de Michael O’Herily
Alien thunder (1974)

Deux ans plus tard, on le voit encore dans la peau d’un Sioux âgé dans le magnifique feuilleton Colorado avec Robert Conrad. Dan George était aussi un porte-parole influent de la cause amérindienne aux Etats-Unis

♦ Chief Dan George dans LITTLE BIG MAN :


Smith ! (A man called Smith) de Michael O’Herily (1969)

L’Indien Jimmyboy est accusé du meurtre d’un Blanc. Il trouve refuge au ranch de Smith, ami des Indiens

Avec Glenn Ford, Nancy Olson, Dean Jagger, Keenan Wynn, Warren Oates, Chief Dan George, Jay Silverheels, James Westerfield, Melanie Griffith

Western contemporain qui vaut le detour pour sa distribution, avec des acteurs indiens dans des seconds rôles et une certaine… Melanie Griffith