L’homme de la rivière d’argent (The man from snowy river)

Western australien de George Miller (1982) **

20 th Century Fox
Scénario : A.B. ‘Banjo’ Paterson, Cul Cullen, John Dixon
Musique : Bruce Rowland
Photo : Keith Wagstaff

Durée : 102 mn

Avec :
Tom Burlinson : Jim Craig
Terence Donovan : Henry Craig
Kirk Douglas : Harrison/Spur
Tommy Disart : Mountain Man
Bruce Kerr : L’homme dans la rue
David Bradshaw : Banko Paterson
Sigrid Thornton : Jessica Harrison
Jack Thompson : Clancy
Tony Bonner : Kane
June Jago : Mrs. Bailey
Chris Haywood : Curly

Fin du XIXe s. Jim Craig vit  dans les montagnes australiennes avec son père. Alors qu’ils travaillent dans la forêt, le père est tué, écrasé par des taureaux. Jim ne peut reprendre la petite exploitation d’arbres familiale, il est chassé de ses terres par les montagnards, puis trouve refuge auprès de Spur, un vieux chercheur d’or au fond des bois, qui lui offre un cheval.
Jim descend alors dans la vallée pour  trouver du travail, il est engagé par le frère jumeau de Spur, Harrison, un éleveur, qui  lui fait faire des travaux domestiques.
Un ancien ami de son père, Clancy, arrive au ranch pour convoyer un troupeau, Jim ne fait pas partie du convoi, resté au ranch, il en profite pour faire la cour à la fille de son patron, Jessica, qui est farouche.

Alors qu’il tente d’attraper un étalon  noir, Jim blesse le poulain qu’il monte et qui venait d’être dressé, Harrison le renvoie et décide d’envoyer sa fille dans une institution religieuse.

Un film inspiré d’un poème d’Andrew ‘Banjo’ Paterson, un des poètes australiens les plus fameux, sorti en France en 1983, et qui a aussi inspiré une série australienne (1993-96), La saga des McGregor.
Il montre l’opposition dans l’Australie de la fin du XIXe s. entre les hommes des plaines, éleveurs « civilisés » pour le progrès, et ceux des montagnes, plus rudes et primitifs. De l’action et du romantisme fixés sur la pellicule par de magnifiques images, réalisé par George Miller (MAD MAX) dans les décors naturels de la cordillère australienne.

Kirk Douglas a un double rôle, ceux de deux frères, un vieil ermite chercheur d’or retiré dans la montagne et d’un redoutable éleveur des plaines. C’est son avant-dernier western, il tournera encore un téléfilm avec James Coburn, en 1984, Le duel des géants.

Colorado (Centennial) / Robert Conrad / Richard Chamberlain / Raymond Burr

Décès de Robert Conrad (1er mars 1935/2020)

Décès en février 2020 de cet acteur et cascadeur américain célèbre pour ses rôles dans les séries Les mystères de l’Ouest, dont il réalisait ses propres cascades, et Les têtes brûlées. Ayant des origines polonaises, c’est un ancien boxeur et docker, puis chanteur de cabaret avant d’être engagé à la Warner. C’est son ami l’acteur-cascadeur Nick Cravat qui lui fait obtenir son premier contrat en 1957.


Les mystères de l’Ouest devenue depuis série culte le propulse au rang de vedette internationale, son tandem avec Ross Martin emporte l’adhésion : il gagnait 5000 dollars la semaine pour la première saison, il touchera 100 000 dollars pour jouer un seul épisode d’une série en 1981… Des chiffres qui résument bien sa notoriété au début des années 80. Il reprendra son personnage de James West dans les téléfilms Le retour des Mystères de l’Ouest en 1979 et More Wild Wild West en 1980.


Robert Conrad sera l’un des héros -le trappeur Pasquinel- du très beau feuilleton Colorado (1978), grande saga sur le Far-West, avec la Nicaraguayenne Barbara Carrera.

Conrad avait co-réalisé (avec Alfredo Zacarias) un western américano-mexicain, The Bandits (1967) sur la révolution mexicaine.
Sa vie est aussi très « western » : Conrad a été député-shérif de la Bear Valley, dans la high sierra californienne.
On lui a proposé le rôle d’Hannibal Smith d’AGENCE TOUS RISQUES, qu’il refusa car il a toujours préféré produire lui-même ses fictions.

♣ Amis et famille :

trois filles (Kaja, Camille et Chelsea) et cinq autres enfants d’un ancien mariage.
Il comptait parmi ses proches amis James Best, Robert Fuller, James Drury, Connie Stevens et Shirley Jones (source : IMDB.COM).
♥ Les mystères de l’Ouest (6e épisode saison 2) en entier (en français)

Westerns avec Robert Conrad :
Les séries : Bat Masterson (1959), Maverick (59), Lawman (59), Colt .45 (59), Temple Houston (64), Les mystères de l’Ouest (1965-69)
Les films ou téléfilms :
The Bandits (1967) (et réalisation) ; Le dernier jour (1975) (rôle de Bob Dalton) ; Colorado (1978) ; The Wild Wild West revisited (1979) ; More Wild Wild West (1980) ; Samurai Cowboy (1994) ;

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Colorado (Centennial) (1978-79/France : 1980) ****
Feuilleton américain de 12 épisodes d’après le roman de James Michener.

A travers les aventures de Pasquinel, un trafiquant canadien français, sur le territoire des Indiens, et d’autres personnages, l’histoire du Colorado, narrée du 18e s. jusqu’aux années 1970.

Rarement un feuilleton-western -un des plus beaux et des plus passionnants jamais réalisés- n’aura réuni autant de grandes (et futures) stars du petit et du grand écran : Robert Conrad, Raymond Burr, Richard Chamberlain et Barbara Carrera, qui jouait une très jolie indienne… Robert Conrad travailla avec un coach pour choper un authentique accent français.
Parmi les nombreux figurants se trouvait un certain… George Clooney !
Superbe musique de John Addison, la saga comprend 12 chapitres, quatre réalisateurs s’attelèrent à la mise en scène, dont Bernard McEveety.

♣ Les autres acteurs de Colorado :

Richard Crenna, Alex Karras, Sally Kellerman, Donald Pleasance, Lynn Redgrave, Dennis Weaver, William Atherton, Timothy Dalton, Cliff De Young, Andy Griffith, David Janssen, Lois Nettleton, Robert Vaughn, Anthony Zerbe, Mark Harmon, Jorge Rivero, Michael Ansara, Pernell Roberts, James A. Michener, Robert Tessier …

Chief Dan George, Clint Walker, Richard Jaeckel, Dana Elcar, Merle Haggard, Bill Thurman, Gale Sondergaard, Joaquin Martinez, James Best, Tex Hill, Tony Epper, Geoffrey Lewis, Lynn Borden…
Décès en décembre 2019 de Claude Earl Jones qui jouait le rôle de Matt. Robert Conrad est mort en 2020.

♥ Barbara Carrera dans Centennial :


Richard Chamberlain (31-3-1934)

Richard Chamberlain est avant tout un acteur de télévision, même s’il a tourné quelques longs-métrages cinéma.
Il a rencontré la célébrité avec des soap et des séries comme LE JEUNE DOCTEUR KILDARE, et des sagas populaires comme SHOGUN, LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR et un remake TV de LA NUIT DU CHASSEUR.

Il a mis le pied à l’étrier du western en 1960 dans un épisode de Gunsmoke, puis au cinéma en 1961 avec Tonnerre apache.
Suivront les séries The deputy (1960), RIVERBOAT (60), il a un des rôles principaux -avec Robert Conrad- de la magnifique saga western Colorado (1978-89) avec Barbara Carrera, puis joue l’aventurier John Charles Fremont dans la minisérie DREAM WEST en 1986.

DREAM WEST

Il vient de jouer dans THE HAUNTED SECRET avec Ha Phuong et Andrew McCarthy.


Raymond Burr (21 mai 1917/12 septembre 1993)

Raymond Burr est entré dans la légende en campant l’assassin de FENÊTRE SUR COUR d’Hitchcock, avant d’apparaître dans de nombreux films noirs et devenir une vedette populaire du petit écran dans la série PERRY MASON.
Il a commence à travailler dans un ranch du Nouveau-Mexique, puis comme shérif, vendeur de photos, chanteur dans un club, et sert dans la Marine pendant la guerre ; blessé à Okinawa, il débute comme acteur dans SAN QUENTIN en 1946.
Parmi les westerns qu’il a tournés, une de ses meilleures compositions demeure celle du propriétaire de saloon de L’or et l’amour avec Ruth Roman.

Le traître du Texas : avec Robert Ryan


Ses autres westerns
:
La loi de l’Arizona (1947)
La cité de la peur (1948)
New Mexico (1951)
Le traître du Texas (1952)
Thunder Pass (1954)
Passion (Tornade)
L’homme traqué (1955)
L’or et l’amour (1956)
Secret of treasure Mountain (1956)
Colorado (1979)
L’or du sud (Love’s savage fury) (1979)
The misadventures of sheriff Lobo (1979)
Showdown at William’s creek (1991)

Kirk Douglas / El Perdido / Carol Lynley / Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave)

 Décès de KIRK DOUGLAS (9-12-1916/5-2-2020)

Cétait le dernier des grands dinosaures hollywoodiens.
L’homme à la célèbre fossette au menton est né Issur Danielovitch, dans une famille de juifs russes pauvres arrivés aux USA en 1912 ; il a eu une enfance difficile, qui va forger son caractère…
Lors d’un voyage en Pologne dans les années 60, il était étonné de voir qu’il était là-bas considéré comme le roi des cow-boys. Ce n’est pas un western qui l’a consacré star, mais un film sur la boxe, LE CHAMPION, de Mark Robson, en 1949.

Kirk Douglas par Didgiv

Ses films préférés sont les westerns depuis l’enfance. « Parce qu’ils sont tournés en extérieur. J’aime les collines et les montagnes » disait-il un jour à Télé 7 jours… Normal qu’il ait tenu à faire des westerns, puis à en produire par la suite.

Il a souvent été du bon côté de la loi -redresseur de tort, trappeur bagarreur, marshal ou cow-boy vagabond faisant triompher la justice- mais aussi parfois de l’autre côté, un tycoon sans scrupules ou un bagnard à forte tête…

L’arrangement : Kirk Douglas – Faye Dunaway

Dès son premier western -qu’il avoue détester-, en 1951, Une corde pour te pendre (Le désert de la peur), il incarne un shérif qui empêche, avec ses assistants, la pendaison d’un homme sans procès.
Il se met dans la peau d’un homme d’affaires sans scrupules au pays des bûcherons dans La vallée des géants (1952) et se libère de la Warner Bros pour jouer dans La captive aux yeux clairs en 1952, de Raoul Walsh : aventures dans de magnifiques décors forestiers et romance entre un aventurier et une Indienne (Elizabeth Threatt) dans ce qui demeure l’un des plus beaux et plus poétiques westerns de tous les temps.

Kirk Douglas

cinérevue 1969

Après 20 000 LIEUES SOUS LES MERS, c’est à nouveau un chef d’œuvre, signé cette fois King Vidor, L’homme qui n’a pas d’étoile dont Kirk Douglas est aussi producteur associé en 1955. Bingo ! Un budget limité, mais un succès à la fois critique et public.
Avec sa selle sur le dos, il personnifie mieux que quiconque l’intrépide cow-boy blond voyageur, fougueux et indomptable, plein d’humour. Il pousse la chansonnette et joue du banjo pour Claire Trevor qui lui fait les yeux doux… Mais il est passé à tabac par une bande de durs menés par le brutal Richard Boone.

Alex Cord et Kirk Douglas

Les frères siciliens février ciné revue 69

La même année, Douglas a fondé sa société de production pour mener librement sa carrière : le premier film produit par sa société Byrna est le western La rivière de nos amours du Hongrois André de Toth, il réserve un rôle à Diana Hill, son ancienne femme, et le personnage du méchant à Walter Matthau, qui venait de débuter dans un western réalisé par Burt Lancaster, et dont il admire le talent.
Il confie le premier rôle féminin à l’Italienne Elsa Martinelli, sur qui il avait flashé en découvrant son joli visage dans un magazine.

La caravane de feu

Kirk Douglas effectue la plupart de ses scènes de cheval et lors d’une chute, se casse le nez, un doigt et une cote !
Après quoi il incarne Vincent Van Gogh dans le film de Vincente Minnelli.

Puis, c’est un de ses plus grands rôles : celui de Doc Holliday, le chirurgien-dentiste alcoolique et implacable, virtuose de la gâchette que Humphrey Bogart, pressenti pour le rôle, avait failli jouer ; c’est Règlements de comptes à Ok Corral (1957) de John Sturges focalise sur son amitié avec Wyatt Earp (Burt Lancaster), qu’il va aider à affronter le bandit Ike Clanton et sa bande de voyous. Final époustouflant : dans la réalité, le règlement de comptes dure 30 secondes, 34 coups de feu et 3 morts … et dans le film : 5 minutes pour 4 jours de tournage !

Le désert de la peur

Kirk Douglas se  lie d’amitié sur le tournage avec Burt Lancaster, avec qui il avait joué au théâtre les rôles adultes de Tom Sawyer et Huckleberry Finn.
En 1958, il retrouve John Sturges, et joue un le shérif qui venge le meurtre de sa femme indienne dans le superbe western psychologique Le dernier train de Gun Hill.
Kirk Douglas (20 000 lieues sous la mer)La même année, il incarne un chef viking tombant amoureux de la belle Janet Leigh et se battant en duel avec Tony Curtis dans LES VIKINGS, sublime chef d’oeuvre de Richard Fleisher.
C’est Kirk Douglas producteur et acteur qui va permettre au scénariste Dalton Trumbo, victime du McCarthysme, de retravailler sous son nom avec SPARTACUS et le western El Perdido, tourné au Mexique en 1961.
A nouveau un western psychologique car il brise un tabou cinématographique en abordant une histoire d’inceste. Il est l’homme qui tombe amoureux d’une adolescente… qu’il découvre être sa fille !
La grande copine de Kirk, Lauren Bacall, refuse le rôle de sa fille, c’est Dorothy Malone qui s’y colle et Rock Hudson incarne le bon shérif. Kirk Douglas se souvient que Rock évite de lui adresser la parole durant le tournage. Il apprendra plus tard que Rock Hudson est homosexuel et que son type d’homme est… le blond fougueux aux yeux bleu !

Seuls sont les indomptés, en 1962, est un western anachronique, son film qu’il dit préférer, de toute sa carrière. Encore un scénario de son pote Dalton Trumbo et de nouveau un personnage d’« indomptable », gardien de troupeau au 20s., épris de liberté et qui fuit le progrès…
« Le thème de l’individu broyé par la société me fascine » dira plus tard Douglas.
Son meilleur ami dans le film est sa jument palomino appelée Whisky, nom qu’il donnera au cheval de Cactus Jack, en 1978… Mais il ne s’entend pas avec le réalisateur David Miller sur le tournage.

Le dernier train de Gun-Hill

Le dernier train de Gun-Hill

Suivent deux westerns où il partage l’affiche avec deux vedettes de westerns en 1966-67, mais qui ne sont pas ses meilleurs : Robert Mitchum pour La route de l’Ouest (Kirk joue le sénateur Tadlock, qui recrute pour conduire une caravane de pionniers vers l’Oregon)…

… et La caravane de feu. Là, Il incarne  Lomax, un sympathique bandit, avec qui John Wayne s’associe pour récupérer de l’or provenant de ses terres. Ils projettent d’attaquer une diligence blindée avec tourelle armée et équipée d’une mitraillette…

Il incarne ensuite un bagnard cynique à forte tête dans Le reptile (1970), de J.L. Mankiewicz, considéré comme l’un de ses meilleurs rôles.

John wayne - Kirk douglas (dessin de Didgiv)

L’OMBRE d’UN GEANT : John wayne – Kirk douglas (dessin de Didgiv)

En 1971, Il est un tireur légendaire qui va affronter son ami (Johnny Cash) dans un duel-spectacle organisé par Raf Vallone, c’est Dialogue de feu. Kirk raconte encore dans ses mémoires l’origine du projet :

« En 1971, des représentants de la tribu des Apaches Jicarillas vinrent me faire une proposition : ils avaient de l’argent tiré des concessions pétrolières sur leurs réserves et voulaient produire un film. Simplement un film commercial, sans aucun rapport avec des Indiens. Moi, je possédais un scénario qui pouvait faire un film à succès : l’histoire de deux anciens tueurs qui se trouvent face à face par hasard (…).
Johnny Cash avait beaucoup de succès à l’époque et je lui proposai de jouer le rôle du deuxième duelliste. (…) Les Apaches finirent par rentrer dans leurs frais, mais moi je ne retirai aucun bénéfice de ce film ».

John wayne – Kirk douglas (dessin de Didgiv)

Douglas décide ensuite de passer derrière la caméra, ses deux films -2 westerns- sont des échecs et il n’ira pas plus loin : Scalawag (1973) puis le petit budget La brigade du Texas (Posse) (75), plus réussi :
il joue un un shérif aux ambitions politiques qui poursuit un bandit (Bruce Dern) dans l’unique but de se faire de la publicité. (POSSE est un terme qui désigne un groupe d’hommes formés pour poursuivre un ou des hors-la-loi)

Kirk Douglas dans LES VIKINGS (dessin de Didgiv)

Après quoi il est  Cactus Jack, minable terreur de la côte Ouest qui révise son manuel du parfait braqueur -une bande dessinée de Lucky Luke- avant d’attaquer le tortillard local… mais rate son coup en loupant le dernier wagon, à cause de son canasson pas futé pour un sou !
Western burlesque réalisé comme un cartoon de Tex Avery, Kirk Douglas tout en noir et Arnold Schwarzenegger en blanc, clin d’œil aux westerns anciens.

Angie dickinson – Kirk Douglas

En 1982, L’homme de la rivière d’argent est un western australien montrant l’opposition au siècle dernier entre les hommes des plaines civilisés et pour le progrès et ceux des montagnes, plus rudes et primitifs. Il joue les rôles de deux frères : un vieil ermite chercheur d’or retiré dans la montagne / un redoutable éleveur des plaines dans l’Australie de la fin du XIXe s.

Enfin, un western méconnu, dont on trouve peu de traces (téléfilm), Le duel des héros (1984) voit s’affronter Kirk Douglas et James Coburn.

 ♦ Science-fiction :
NIMITZ, RETOUR VERS L’ENFER (1980)
SATURN 3 (1980)

♦ Polar :
L’EMPRISE DU CRIME (1946) de Lewis Milestone
L’HOMME AUX ABOIS (1948) de Byron Haskin
UN HOMME à RESPECTER (1972) de Michele Lupo

L'HOMME LA RIVIERE d’ARGENT

Kirk Douglas est, comme Richard Widmark, un des rares acteurs à avoir très peu tourné pour la télévision et il refusa deux rôles qui rapportèrent un Oscar à leur acteur : Cat Ballou (Lee Marvin) et STALAG 17 (William Holden).

♣ Casting.
Ted  Kotcheff le voulait pour le rôle du colonel des marines qui a « fabriqué » la machine à tuer RAMBO, mais Douglas désirait montrer le côté monstrueux du personnage, et aussi le voir mourir à la fin. Il se désista au tout dernier moment, en découvrant que le scénario n’allait pas dans ce sens.
En plus, Stallone voulait à tout prix Richard Crenna, qui obtint le rôle.

James Coburn, Kirk Douglas

♥ Anecdote. K. Douglas a un jour raconté à la presse une savoureuse anecdote, alors qu’il se trouvait à une soirée chez Merle Oberon, où se trouvait aussi John Wayne :

« Je venais de terminer le tournage de LA VIE PASSIONNEE DE VINCENT VAN GOGH ; le Duke m’a pris par l’épaule pour me dire sur un ton de reproche : – Franchement je ne te comprends pas Kirk ! Tu es fait pour les chevauchées dans les grands espaces, pour les bagarres, la démarche imposante des durs à cuire !… Qu’est-ce qui t’a pris, bon sang, d’aller te fourvoyer dans un film d’intellectuels ? Tu dois jouer les machos, au lieu d’aller faire l’imbécile avec une oreille coupée, dans le sud de la France ! ». (Kirk Douglas, Mémoires)

Kirk Douglas, Elsa Martinelli

 

Dessin de Didgiv

Dessin de Didgiv : La caravane de feu

La caravane de feu-John Wayne-Kirk Douglas

Diana Douglas (1923-2015). Actrice anglo-américaine connue pour avoir été mariée à Kirk Douglas, c’est la mère de Michael. Elle débute dans LA MAISON DES ETRANGERS de Mankiewicz en 1948, Kirk Douglas l’embauche pour un second rôle féminin dans le western qu’il produisit en 1955, La riviere de nos amours, d’André de Toth. Elle eut aussi un rôle récurrent dans la série The cowboys en 1974 (seulement 12 épisodes, elle fut adapté du films Les cowboys de 1972 avec John Wayne). On la vit aussi dans le western de Claude Lelouch, Un autre homme, une autre chance (1977), et dans le feuilleton Racines 2 en 1979.

Dessin de Didgiv

Dessin de Didgiv

 

Kirk Douglas, Bruce Dern

Kirk Douglas et les actrices :

Janet Leight

 

Brigitte Bardot (Festivale de Cannes 1953)

 Pourquoi le public aime les westerns ( Kirk Douglas dans ciné-revue 1971) :
« Il est séduit par la simplicité de l’existence qu’il dépeint. Après tout, on ne voit jamais un cowboy remplir une déclaration d’impôts ! Mettons que nous ayons un différend, vous et moi. Nous n’aurons rien de plus pressé que d’aller consulter notre avocat respectif. Ainsi, nous nous compliquerons la vie bien davantage encore. Jamais dans un western ! Là, nous en venons aux mains ou alors on s’explique aux revolvers. Tout paraît simplifié…« 

Kirk Douglas

dessin de Didgiv

 


El perdido (The last sunset)-De Robert Aldrich (1960-61) ***

Scénario : Dalton Trumbo, Howard Rigsby (roman)- Musique : Ernest Gold
Avec Kirk Douglas (Brendan), Rock Hudson (Dana), Dorothy Malone (Belle), Joseph Cotten (John), Carol Lynley (Melissa), Neville Brand (Frank), Regis Toomey (Milton).
Et James Westmoreland, Jack Elam, Adam Williams
Et May Boss, Chuck Roberson (cascadeurs)

cinémonde 1960

Comme avec Vera CruzRobert Aldrich bâtit son intrigue -superbe scénario de Dalton Trumbo- sur une dualité très forte entre deux personnages, ici le bon est Rock Hudson, qui recherche Kirk Douglas, tout de noir vêtu, pour meurtre (le méchant vous l’avez compris). Comme dans une tragédie grecque, ce western, doté d’un gros budget, aborde un sujet tabou : l’inceste (un homme tombe amoureux d’une fille de 16 ans, mais il va découvrir qu’il est son père !).

Kirk Douglas, aussi producteur, voulait son amie Lauren Bacall pour le premier rôle féminin ; comme elle refusa, il le donna à Dorothy Malone dont Carol Lynley joue la fille.

Kirk Douglas chante parfois dans ses westerns, comme ici face à Carol Lynley, et Jack Elam est comme à son habitude dans un rôle de voyou.
Le tournage eut lieu à Cuernavaca vers Mexico, dans une chaleur torride, le titre de tournage était THE DAY OF THE GUN.
Sur le plateau, Robert Aldrich disait dans un interview à Cinémonde « Ce film sera, si l’on veut, un western ; mais seulement dans la mesure où on verra des vaches dans le paysage. Il s’agit avant tout d’un drame psychologique d’une haute intensité».
Quant à Kirk Douglas, sans dévoiler complètement le lourd secret de l’intrigue, il expliquait : « Après avoir abandonné lâchement Dorothy, j’essaie de l’arracher à son mari (Cotten) et aussi de séduire sa fille… qui est peut-être ma propre enfant. Mais chut ! ».

Nécro. Carol Lynley, qui a le second rôle féminin, est décédée en septembre 2019. Sa mort suit de près celle de Dorothy Malone, disparue en 2018… et avant celle de Kirk Douglas, en 2020.
Elle commença sa carrière comme modèle, enfant, puis tourna de nombreux films, son rôle le plus fameux est sans doute celui de la chanteuse Nonnie Parry dans L’AVENTURE DU POSEIDON en 1972, un des premiers films catastrophe, l’histoire d’un paquebot retourné par une lame de fond. Pour ce rôle, Petula Clark avait été au départ sélectionnée !

Carol Lynley, décédée en 2019

Rock Hudson, Dorothy Malone, C. Lynley, K. Douglas

Joseph Cotten, Kirk Douglas, Rock Hudson

Trailer US


Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave)
De David Miller  (1962) ****


d’après le roman d’Edward Abbey, The brave cow-boy.

Avec Kirk Douglas, Gena Rowlands, Walter Matthau, Michael Kane, Carroll O’Connor, William Schallert, Karl Swenson, George Kennedy, Dan Sheridan, Lalo Rios, Martin Garralaga, Bill Bixby, Dan White…

Un western anachronique -l’action se déroule en plein 20è s.-, histoire âpre et prenante pour un magnifique film, violent, qui baigne dans la nostalgie et décrit d’un homme traqué épris de liberté, qui fuit le progrès, et vit toujours comme ses ancêtres, à cheval.

Un des meilleurs rôles de Kirk Douglas, scénario de son pote Dalton Trumbo, qui fut victime du McCarthysme et qui avait écrit aussi El Perdido en 61…
Walter Matthau tient le rôle du shérif qui le poursuit et Whisky est la jument palomino de Kirk (il reprendra son nom pour le cheval de Cactus Jack en 1978). Dans son autobiographie, Douglas affirme que c’est son meilleur film.
« Le thème de l’individu broyé par la société me fascine », il relate aussi ses relations mauvaises avec David Miller.

A noter dans le rôle d’un pilote d’hélico Bill Bixby, interprète de Hulk le monstre verdâtre et furax de la célèbre série du même nom…
Superbe musique de Jerry Goldsmith.

« Seuls sont les indomptés est mon film préféré. Le thème de l’individu broyé par la société me fascine. […] Il s’agissait d’un cow-boy moderne qui vit toujours selon le code moral du Far West américain. […] J’ai eu tout de suite envie d’en tirer un film. […] Mon excellent ami Dalton Trumbo finit par écrire le scénario. J’ai joué dans soixante-quinze films, j’en ai produit beaucoup et j’ai entendu parler de plus de films encore, mais, à ma connaissance, c’est la seule fois où un scénariste a écrit du premier coup un scénario parfait : un premier jet, et aucune révision. Autre avantage, Edward Abbey apprécia le scénario. Il eut même l’élégance de dire qu’il le trouvait meilleur que son livre, notamment en ce qui concerne les dialogues. Mais il préférait son titre » (Kirk Douglas).

Clark Gable / Au-delà du Missouri (Across the wild Missouri) / Les implacables (The tall men)

Né un 1er février…
CLARK GABLE (1-02-1901/16-11-1960)

Clark Gable, Vivien Leigh par Svetliaciok

Clark Gable, Vivien Leigh par Svetliaciok – His work on https://fineartamerica.com/profiles/svetliaciok.html

Clark Gable (cinérevue octobre 1970)« Comme comédien, je ne vaux pas un pet de lapin », aimait-il dire. En plus d’être modeste, Clark Gable était un grand séducteur, il charma le monde entier et surtout les demoiselles, par son côté viril et naturel, son énergie communicatrice ; son sourire Ultra Brite, ses oreilles en feuille de chou et sa fine moustache en ont fait un séducteur d’un nouveau type, aussi bien à l’aise dans les comédies que dans les films d’aventures…

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Autant en emporte… Dessin de Didgiv

Né dans une famille de fermiers, il suit une troupe ambulante, arrive à Hollywood en 1924. Après avoir été figurant dans des muets, il se fait remarquer dans le rôle d’une canaille, en 1931, dans Le désert rouge (The painted desert), un western de la Pathé. La MGM, qui cherche à l’époque son nouveau Don Juan, l’embauche. Il joue avec Greta Garbo dans SUSAN LENOX.
Le succès est rapide : entre 1935 et 1940, il devient le n°1 du cinéma, gagnant 4000 dollars par semaine, un record à l’époque ! « Prêté » par la MGM à la Columbia, il reçoit un Oscar pour NEW YORK MIAMI !

l’appel de la forêt

En 1935, il joue dans une adaptation de L’appel de la forêt. La gloire internationale d’Autant en emporte le vent en 1939 assied définitivement son statut de méga-vedette, ce film est le champion du box-office de tous les temps. Le « King » est à son apogée, épouse Carole Lombard.

Après La fièvre du pétrole (1941), où il est un prospecteur de pétrole, on le voit au côté de Lana Turner, en aventurier cynique dans Franc Jeu un western de 1941. Mais après la mort de sa deuxième femme, Carole Lombard, dans un accident d’avion, Clark Gable cesse provisoirement le cinéma et s’engage dans l’armée, participant comme mitrailleur à cinq missions de bombardement sur le territoire allemand. Même s’il n’as pas le profil aryen, il est la star préférée d’Adolf Hitler qui envahit l’Europe et rêve de le prendre vivant!

Clark Gable va tourner dans un de ses meilleurs films en 1951 : le très lyrique Au delà du Missouri, dans lequel il campe un trappeur, chasseur de castors, qui achète la jolie Indienne Pied Noir Kamiah (Maria Elena Marques), dans un but diplomatique : pour mettre les Indiens de son côté. Mais bien sûr, un si beau héros ne peut être totalement cynique : il va tomber amoureux d’elle…

L’esclave libre

En 1952, c’est L’étoile du destin, avec Ava Gardner ; de sa rencontre avec Raoul Walsh éclosent trois très bons westerns, dans lesquels il incarne toujours un aventurier sur le retour, ex-combattant sudiste devenu convoyeur de troupeau dans Les implacables, en 1955, un cowboy voulant percer le secret de quatre veuves -un trésor caché- dans Le roi et quatre reines, 1956, puis un ancien trafiquant d’esclaves qui tombe amoureux d’une belle métisse, Yvonne de Carlo, dans L’Esclave libre, cela rappelle Au delà du Missouri dans une autre ambiance.


LES DESAXES clark gable marilyn monroe monty clift Les désaxés, avec Marilyn Monroe, est son dernier western, plus contemporain. Clark Gable meurt en 1961, 13 jours après la fin du tournage de ce film.

Clark Gable, Marilyn Monroe

Enfants. Clark Gable a eu une fille, Judi, née en 1934 de sa liaison Loretta Young et un fils John Clark Gable, né le 20 mars 1961, cinq mois après la mort de Clark, la mère est sa dernière femme Kay Williams.
Clark Gable a été enterré à Glendale en Californie, près de son éternel amour, Carole Lombard.

John Clark Gable.
Arrestation très médiatisée du fils de Gable en avril 2013 à Malibu : il a causé un énorme accident de voitures, au volant de sa Ford, percutant cinq voitures garées et une autre voiture. John Clark avait déjà eu des problèmes avec la justice, ayant eu une condamnation à 10 jours de prison en 2011, pour avoir pointé un laser sur un hélicoptère du Los Angeles Police Department, alors qu’il conduisait… Autant en emporte le fils !

 clark gable wallace beery

La malle de Singapour-dessin de Didgiv

dessin de Didgiv

dessin de Didgiv


Au-delà du Missouri (Across the wild Missouri) – De William A. Wellman (1951) *****

Scénario de Talbot Jennings et Frank Cavett d’après le livre de B. de Voto

Musique : David Raskin-Photo : William Mellor
Durée : 1h28

Clark Gable : Flint Mitchell
Ricardo Montalban : Iron Shirt
Maria Elena Marques : Kamiah
John Hodiak : Dave Brecan
Adolphe Menjou : Pierre Alphonse Marie-Victoire de la Dromusienne alias « Framboise »
J. Carrol Naish : Looking Glass
Jack Holt : Bear Ghost (Ours Blanc)
Alain Napier : le capitaine Lyon
George Chandler : Gowie
Richard Anderson : Dick
Et James Whitmore, Frankie Darro, Douglas Fowley
Cascadeur : Chuck Roberson

1829, dans les Rocheuses. Flint Mitchell, chasseur de castors, guide des trappeurs, qui viennent d’arriver en Amérique, vers une vallée fertile pleine de castors.

Pour gagner l’amitié du chef pied-noir Ours Blanc, Flint épouse sa petite fille Kamiah. Au départ un mariage de raison, mais il va vite tomber amoureux…
Hélas, Bear Ghost est tué par un trappeur. Les trappeurs doivent rebrousser chemin.

Iron Shirt lui succède et déclare la guerre aux colons blancs qu’il déteste. Au cours des affrontements, Kamiah est tuée, mais le petit garçon qu’elle a eu avec Flint survit.
Ce dernier va affronter et tuer Iron Shirt, et pacifier ainsi la région. Il décide de rester avec son enfant vivre avec ses amis les pieds-noirs.

Les trappeurs sont à l’honneur en ce début des fifties avec deux chefs- d’œuvre, La captive aux yeux clairs d’Howard Hawks, et dans la même veine, ce superbe film d’aventures romanesque qui propulse le spectateur et Clark Gable au milieu des paysages forestiers verdoyants, dans une région truffée de castors et d’Indiens Pieds-Noirs, le tout filmé dans un magnifique Technicolor. C’est un des plus beaux westerns de l’histoire du cinéma.

Avant Delmer Daves et sa Flèche brisée, Wellman montre l’entente entre les races avec une vision nuancée, il poursuit une réhabilitation des Indiens déjà amorcée dans son Buffalo Bill en 1944.
Le film a été tourné dans les Rocheuses. La belle Indienne aux yeux de braise est jouée par la Mexicaine Maria Elena Marques.
Avec un côté documentaire : les rites et traditions des Indiens sont montrés, tout comme le quotidien des trappeurs. On est donc très proche du cinéma de Delmer Daves.


Les implacables (The tall men)
De Raoul Walsh  (1955) ***

Scénario : Sydney Boehm, Frank S. Nugent
Musique : Victor Young
Avec Clark Gable (colonel Allison), Jane Russell (Nella), Robert Ryan (Nathan), Cameron Mitchell (Clint), Juan Garcia (Luis), Harry Shannon (Sam).
Et Emile Meyer, Steve Darrell, Mae Marsh, Robert Adler, Chet Brandenburg, Argentina Brunetti, Tom Fadden, Gilda Fontana, Chuck Roberson, Russell Simpson, Cap Somers, Dan White, Will Wright.
Chuck Roberson (et cascadeur)

1866. Deux frères, Ben et Clint, anciens membres de la bande d’égorgeurs menée par Quantrill pendant la guerre de Sécession, et qui ont combattu à Gettysburg, kidnappent un homme qui a beaucoup d’argent sur lui.
Celui-ci est un éleveur, Nathan Stark, qui leur propose de s’associer à lui pour le convoyage d’un troupeau de 5000 têtes de bétail du Texas au Montana , ils acceptent. Sur la route, ils sauvent Nella d’une attaque d’Indiens, elle décide de les accompagner. Ben et Nella tombent amoureux l’un de l’autre, mais Ben n’est pas assez ambitieux pour elle, elle se rapproche du chef de convoi… Tous vont affronter de nombreux dangers (bandits nordistes, rivière en crue, canyons, Sioux…)

Un des trois westerns Walsh/Gable, où l’acteur incarne toujours le même type de personnage, un aventurier sur le retour qui n’est pas forcément du bon côté, ici un combattant sudiste, doublé d’un séducteur hors-pair, avec une certaine morale néanmoins.Robert Ryan joue un Cattle baron et Jane Russell reste dans son registre de vamp aguicheuse injectant dans le film une dose d’érotisme puissant, avec la fameuse scène de la baignoire.

Le premier tiers du film a été tourné en studio, mais c’est un gros budget, avec le plus important troupeau jamais utilisé pour un film (4000 vaches !), belles séquence tournées dans le Montana enneigé… tournées en fait en studio !

Midas transformait en or tout ce qu’il touchait, Raoul Walsh transforme tout récit qu’il met en scène en de très beaux westerns lyriques, celui-ci est en Cinémascope, et brille de la superbe photographie de Leo Tover.

Jane Russell :

Raoul Walsh-dessin : Didgiv

Hombre / Fredric March / Diane Cilento

De Martin Ritt (1966-67) ****

Hombre

d’après un roman d’Elmore Leonard)
Musique : David Rose
Avec Paul Newman : John Russell
Richard Boone : Grimes
Fredrich March : Dr Favor
Diane Cilento : Jessie
Cameron Mitchell : Braden
Barbara Rush : Audra
Et Peter Lazer, Margaret Blye, Martin Balsam, Skip Ward, Frank Silvera, David Canary, Val Avery, Margaret Blye, Larry Ward, Linda Cordova.

HOMBRE

Western psycho- et socio-logique ; à travers le personnage campé par Paul Newman, Martin Ritt (qui figura dans la liste noire de McCarthy à l’époque de la ‘chasse aux sorcières’ anti-communiste) clame un vibrant plaidoyer en faveur des Indiens, enfermés et exploités dans leurs réserves. Sur le plan narratif, comme La chevauchée fantastique, auquel il a été comparé (et son remake La diligence vers l’Ouest en 1965), ce très bon film décrit les rapports entre les passagers d’une diligence.Excellent scénario d’Harriet Frank Jr., décédé en janvier 2020. On lui doit le scénario d’autres westerns tels que John Wayne et les cowboys ou Le plus sauvage d’entre tous, avec aussi Paul Newman.
Les extérieurs sont tournés en 1966 dans le grand parc national de Coronado et la mine Helvetia, à Tucson en Arizona et au ranch Bell de Santa Susanna.
Le casting est plus que parfait : c’est l’unique western de la grande star des années 1930 Fredric March, les aficionados de western reconnaîtront aussi David Canary qui était un des acteurs principaux de la série Bonanza, et le toujours impeccable Richard Boone qui triomphait quelques années plus tôt avec la série Have gun will travel.
La critique française de l’époque reprocha au film ses longueurs, mais Hombre fut un succès commercial. Tant mieux pour Paul Newman, puisqu’il empocha 10% des bénéfices en plus de son cachet de 750 000 dollars. Joli coup de poker pour lui est les autres acteurs du film, ça ne fait pas l’Hombre d’un doute…

Hombre - Paul Newman_0001

R. Boone (15-2-66 cinérevue)

Richard Boone (15-2-66 cinérevue)

Martin Balsam, Paul Newman

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Fredric March (1897-1975)

Grande vedette américaine des années 1930. Soldat puis employé de banque, il monte sur les planches en 1920, et au cinéma, gagne un Oscar pour le rôle de Mr Hyde dans Dr JEKYLL AND Mr. HYDE, un second pour LES PLUS BELLES ANNEES DE NOTRE VIE. Il incarne avec talent à l’écran de grands personnages littéraires ou historiques comme Jean Valjean ou Christophe Colomb, Marcus préfet de Rome, Mark Twain, Jean Lafitte dans LES FLIBUSTIERS, on l’a vu dans quelques bons films noirs, de guerre, et aussi un western, Hombre, en 1967.

Miriam Hopkins, Gary Cooper, Fredric March par didgiv

DESIGN FOR LIVING : Gary Cooper, Miriam Hopkins, Fredric March – dessin de Didgiv


Diane Cilento (5-10-1933/6-10-2011)

Diane Cilento était l’un des passagers de la diligence du très bon western Hombre en 1966 réalisé par Martin Ritt avec Paul Newman et Martin Balsam… Elle y incarnait une tenancière maison close que drague le bandit Richard Boone.

Bonne nageuse, Diane Cilento a été la silhouette nageant d’un James Bond, ON NE VIT QUE DEUX FOIS… Elle a été mariée à Sean Connery avec qui elle a eu un enfant.

Interview à Ciné revue en mars 1967 :
« Quand Hombre est sorti, les gens ne voulaient pas croyaient pas que c’était moi. J’avais pris le ton western, l’accent du Texas. Et j’avais des cheveux rouges. Des gens ont demandé : « qui est cette nouvelle petite Texane ? »… J’étais contente. Je crois d’ailleurs que c’est du bon travail, et c’est certainement ce que j’ai réussi de mieux jusqu’à présent. »