La porte du diable=Devil’s doorway/Louis Calhern

La porte du diable – de Anthony Mann (1950)

Lance Poole (Robert Taylor), un Indien, a conquis ses galons en servant l’armée fédérale lors de la guerre de Sécession, il revient sur la terre de ses ancêtres, lutter pour la dignité de son peuple. Car une loi refuse aux Indiens tout droit de propriété

Et Paula Raymond, Louis Calhern, James Mitchell, Edgar Buchanan, Rhys Williams, Spring Byington, James Millican, Chief John Big Tree, Dabbs Greer

La porte du Diable

Chef d’oeuvre ! Ce western MGM en N&B tourné en pleine crise du McCarthysme, est une des premières oeuvres emblématiques dénonçant, comme La flèche brisée la même année, l’oppression dont furent victimes les ethnies indiennes (ici l’interdiction du droit de propriété pour les « Peaux-Rouges »).
La porte du Diable prend parti  très explicitement pour les Indiens alors que La flèche brisée est plus nuancé, ce qui explique peut-être que le film de Mann n’a pas rencontré le succès, le public n’était pas prêt en 1950 à accepter cette vision clairement révisionniste

Robert Taylor - La porte du Diable

Dauphiné Libéré

La porte du Diable a ouvert la porte… aux westerns ‘révisionnistes’, comme Bronco Apache (1954),  Les Cheyennes de John Ford, ou, plus âpre et violent, Soldat Bleu en 69
Les Indiens sont encore joués au cinema par des acteurs anglo-saxons, excepté dans quelques seconds rôles (ici Chief John Big Tree), il faudra attendre les années 80 pour réellement commencer à voir les natifs tenir la vedette dans des westerns grâce au succès de Danse avec les loups
Louis Calhern (QUAND LA VILLE DORT) interprète avec talent un avocat raciste. Yakima Canutt est le réalisateur de « seconde unité », Jacques Tourneur refusa de réaliser le film, pensant que Robert Taylor ne serait pas crédible en Indien


Louis Calhern (1895/1956)

L’année 1950 a été faste pour Louis Calhern, qui a tenu trois de ses rôles les plus importants : son personnage de l’avocat véreux acoquiné avec une bande de criminels dans le polar très noir QUAND LA VILLE DORT en 1950, avec Marilyn Monroe débutante, reste gravé dans les mémoires.

Il était Buffalo Bill dans le western musical Annie, la reine du cirque avec Betty Hutton. En 1939, William Dieterle le dirige dans Juarez
Enfin, l’avocat de La porte du diable (1950), vibrant plaidoyer pour la cause indienne

Il a aussi joué dans The Arizonian (1935) et Le poney rouge, en 1949.
Une de ses meilleures performances demeure son interprétation de Jules César dans la pièce de Shakespeare filmée par J.L. Mankiewicz en 1953.

Mort d’une crise cardiaque à Tokyo pendant le tournage de LA PETITE MAISON DE THE, en 1956

Polars :
QUAND LA VILLE DORT (1950)

L. Calhern, Marlon Brando

Annie, reine du cirque

La flèche brisée=Broken arrow/Debra Paget

La flèche brisée (Broken arrow)De Delmer Daves (1950)

La fleche brisee (BROKEN ARROW)Scénario : Elliott Arnold (roman), Albert Maltz-Musique : Hugo Friedhofer

Avec : James Stewart : Tom Jeffords
Jeff Chandler : Cochise
Debra Paget : Sonseeahray
Basil Ruysdael : general Howard
Will Geer : Ben Slade
Et Arthur Hunnicutt, Robert Adler, Iron Eyes Cody

Comme William A. Wellman et Anthony Mann, Delmer Daves porte le flambeau de l’antiracisme, montrant le calvaire vécu par les Indiens d’Amérique, les historiens considèrent que c’est le véritable premier western « pro-indien » avec La porte du Diable d’Anthony Mann la même année. D’autres suivront : Bronco apache en 54, Les Cheyennes de John Ford en 62. Le film inspirera une série La flèche brisée

Daves était le réalisateur idéal pour ce film : il avait vécu 3 ans avec les Hopis et les Navajos. Pour plus d’authenticité, la langue apache est respectée dans la VO. Dans la VF, James Stewart dit au début qu’il s’agit d’une histoire vraie, mais précise que les Indiens sont traduits
Le réalisateur fait construire des tipis selon la culture apache et emploie des acteurs indiens comme John War Eagle. Sorti quatre semaines après Winchester 73 qui est un méga-succès, La flèche brisée est aussi un triomphe dans les salles, pour un budget de 2 millions de dollars, il engrange 3,5 millions de recettes aux USA seuls. Ces deux westerns relancent la carrière de James Stewart au début des années 50. La flèche brisée devient le premier film emblématique porte-parole de la cause indienne au cinéma


DEBRA PAGET (19-8-1933)

Parmi les actrices qui ont incarné des Indiennes à l’écran (Jean Peters, Maria Elena Marques, Audrey Hepburn, Linda Darnell, Lupe Velez, l’Italienne Elsa Martinelli, la Mexicaine Katy Jurado, Natalie Wood, Marie Versini…), Debra Paget est une des plus ravissantes qu’on ait pu voir

Robert Taylor, Debra Paget, Stewart Granger

avec Robert Taylor, Stewart Granger
by Didgiv

De son vrai nom Debralee Griffin, elle est danseuse, puis monte sur les planches avant de crever l’écran d’abord dans des films noirs, puis des personnages exotiques de films d’aventures et romantiques, westerns et péplums, elle atteint son apogée avec LE TIGRE DU BENGALE et LE TOMBEAU HINDOU de Fritz Lang, où elle montrait aussi ses talents de danseuse (et de charmeuse de serpent venimeux)

trois rôles marquants dans des westerns :
l’inoubliable Indienne dont l’éclaireur James Stewart tombe amoureux dans La flèche brisée en 1950… premier grand western prenant la défense des Indiens, signé Delmer Daves. Puis, celle dont le cruel chasseur de bisons Robert Taylor fait sa squaw dans La dernière chasse (1956)

dessin de Didgiv (avec Jeffrey Hunter)

Enfin, elle est la fiancée du bandit sudiste Richard Egan qui en son absence a épousé son jeune frère (Elvis Presley)… Le cavalier du Crépuscule (56)

Debra Paget a aussi joué dans The gambler from Natchez (54) de Henry Levin, puis en 55 dans La Plume blanche, qui raconte une mission de pacification de la cavalerie US auprès des Cheyennes dans le Wyoming, c’est encore un western pro-indien (scénario de Delmer Daves), Debra interprète une ravissante jeune Cheyenne

effet parchemin by Didgiv

Et aussi Seven angry men (1955) sur la vie de l’abolitionniste John Brown…
Le bord de la rivière (57) avec Anthony Quinn. Debra Paget a aussi joué dans les séries La grande caravane en 58, Cimarron City en 59, Rawhide, Tales of Wells Fargo en 61, Riverboat (59), Johnny Ringo

Débra Paget

Hugo. Debra Paget interprétait Cosette dans LA VIE DE JEAN VALJEAN de Lewis Milestone en 1952
Court mais bon. Elle a été mariée 22 jours au réalisateur Budd Boetticher.
Soeur. Sa soeur Lisa Gaye, qui joua aussi une Indienne à l’écran, et qui lui ressemblait, est décédée en juillet 2016. Comme Debra, on la vit dans de nombreuses séries western

LE TOMBEAU HINDOU :

The Indian Tomb (Debra Paget) - Snake Dance Scene | Paget, Music ...

Debra Paget by didgiv

en violet… by Didgiv

avec Jeffrey Hunter

R.I.P:Henry Darrow/Coris Leachman/Nathalie Delon/Claude Brasseur/Victoria Racimo/Daria Nicolodi/Margaret Nolan/Diana Rigg/Reni Santoni/John Saxon/Kelly Preston/Dan Van Husen/Geno Silva/Michel Piccoli/John Ericson/Sergio Fantoni/Max Von Sydow /Suzy Delair/Lucia Bosè/Alfio Contini

Henry Darrow (1933-2021)


D’origine portoricaine, il jouaitManolito dans la série western Chaparral.

Henry Darrow

Coris Leachman (1926-2021)

De nombreuses séries western (Gunsmoke, Rawhide…) et un rôle dans Butch Cassidy et le kid… En 1972 elle remporte l’Oscar de meilleur actrice dans un second rôle pour LA DERNIERE SEANCE.

Description de cette image, également commentée ci-après

Nathalie Delon (1941-2021)

Nathalie Delon | Discographie | Discogs
Nathalie Delon

Claude BRASSEUR (1936-2020)

Claude Brasseur par tony344
by Tony 344
Claude Brasseur par didgiv
Vidocq-dessin de Didgiv

Victoria RACIMO (1943-2020)

Productrice et actrice américaine vue dans des westerns la série The Chisolms, elle jouait une Indienne dans La fureur sauvage (1980) avec Charlton Heston, Ghost dancing (1983), la saga sur des Sioux The mystic Warrior (1984), Les nouvelles aventures de Croc-Blanc et la série Docteur Quinn, où elle était l’Indienne ‘Marche seule’

Victoria Racimo

Daria NICOLODI (1950-2020)

Daria :actrice, ex-compagne de Dario Argento

Margaret NOLAN (1943-2020)

Actrice et modèle britannique, elle joue une masseuse dans GOLDFINGER, peinte en or et portant un bikini en or dans la séquence-titre (dans le film c’est Shirley Eaton). On la verra dans un western, Carry on Cowboy en 1965.

Margaret Nolan : oldschoolhot


Picture of Margaret Nolan
Margaret Nolan, 1964 : OldSchoolCool


Margaret Nolan
Margaret Nolan


RENI SANTONI (1939-2020)
Second rôle américain révélé par son rôle de l’inspecteur Gonzalez dans L’INSPECTEUR HARRY, il jouera souvent des flics, inspecteurs ; il a aussi été vu dans des films de guerre (ANZIO), polars (LES CADAVRES NE PORTENT PAS DE COSTARD, COBRA), un western : LES COLTS DES SEPT MERCENAIRES. C’est aussi la voix (narrateur) dans de nombreuses fictions.

Reni Santoni, l'acteur de « Seinfeld » et « Dirty Harry », est ...
Reni Santoni

Diana RIGG (1938-2020)

Diana Rigg

John SAXON (1936-2020)
D’origine italienne, second rôle au physique ténébreux qui n’est pas sans rappeler Sean Connery à ses débuts, il est connu pour avoir joué dans OPERATION DRAGON de Robert Clouse.
Vu souvent dans des rôles de flic, agent du FBI, officier… Sa carrière remonte aux années 50, on le voit souvent dans des polars, gialli (TENEBRES d’Argento) et une poignée de westerns, comme Le vent de la plaine… Bandit mexicain ayant volé le cheval de Marlon Brando dans L’homme de la Sierra, puis Joe Kidd… Le cavalier de l’espace… Il jouait un chef indien dans la série BONANZA en 1959. Saxon passa une fois derrière la caméra pour realiser un film d’horreur en 1988, DEATH HOUSE avec Anthony Franciosa.

John Saxon — Wikipédia
John Saxon
John Saxon avec Bruce Lee


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DECES DE KELLY PRESTON. Ici dans Secret Admirer
Kelly Preston 1980s | Found on the internet. | Ginny Skinny | Flickr
Kelly Preston

Dan VAN HUSEN (1940-2020)

Acteur allemand vu dans de nombreux westerns dès les années 1960 dont plusieurs avec Lee Van Cleef : La chevauchée versl’Ouest, Les 4 desperados, El Condor, Arizona se déchaine, The Arizona Kid, Les canons de Cordoba, Des dollars pour McGregor, Une trainée de poudre… les pistoleros arrivent, Doc Holliday (1971), Captain Apache, Catlow, Et viva la Revolution !, Condenados a vivir, Far West story, Pancho Villa (1972), Alleluia et Sartana, fils de…, Verflucht dies America, Le blanc, le jaune et le noir, Cipolla colt, The scarlet worm (2011) :

Geno SILVA (1948-2020)

Décès de cet acteur qui débuta dans quelques séries western comme Sur la piste des Cheyennes, puis des secons rôles à la TV et au cinéma : l’Apache Ghost dans Wanda Nevada, on le voit d’autres westerns, dans la version TV de Belle Starr en 1980, El Diablo (1990), c’est le général Carbinsco dans Geronimo (TV-1993), et le père Sanchez dans Into the West (2005).

Michel PICCOLI (1925-2020)

Belle de jour, Le Mépris, Max et les ferrailleurs

Dessin de Didgiv

La Cinémathèque suisse rend hommage à Michel Piccoli : jusqu’au 10 octobre, l’institution lausannoise rend hommage à l’acteur français Michel Piccoli, décédé en mai.

John ERICSON (1926-2020)

Vedette des années 1950-60, il eut la tête d’affiche de trois westerns The return of Jack Slade (1955) et Le repaire de l’aigle noir (57), et le western spaghetti La dernière balle à pile ou face (1969), et en second rôle dans Quarante tueurs (1957), c’est le shérif de La journée des violents (1958), un western espagnol en 1967 : Los 7 de Pancho Villa, Chasseur de primes (1972), The far side of Jericho (2006), et aussi quelques séries comme La grande caravane ou Zane Grey Theater, Rawhide.

John Ericson II | Harry | Flickr
John Ericson


Sergio FANTONI (1930-2020)

Grande vedette italienne des années 1960-70 qui débuta dans les péplums puis les films de guerre, d’espionnage et d’aventures, on le vit dans un western, Les 4 mercenaires d’El Paso. Un de ses meilleurs rôle est celui du capitaine Oriani dans L’EXPRESS DU COLONEL VON RYAN en 1965.

Sergio Fantoni - UniFrance

Max VON SYDOW (1929-2020)

L’exorciste… Les 3 jours du Condor… Flash Gordon… Black Journal… Conan le Barbare… Le 7e sceau… Minority Report…

Suzy DELAIR (1917-2020)

L’assassin habite au 21 (1942)… Quai des OrfèvresGervaise... Rocco et ses frèresLes aventures de Rabbi Jacob

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Lucia Bosè (1931-2020)

La dame sans camélia (1963)… Chronique d’un amour (1960)… Satyricon (1969)… La controfigura (1972)…

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Le shérif ne pardonne pas=The deadly trackers/Isela Vega

Le shérif ne pardonne pas (The deadly trackers)
de Barry Shear et Samuel Fuller (1973) 


Avec Richard Harris, Rod Taylor, Al Lettieri, Neville Brand, Pedro Armendariz Jr., Isela Vega

Un shérif se lance à la poursuite de pillards et meurtriers de sa femme et de son fils

Western décevant et violent, avec pourtant Samuel Fuller derrière la caméra (qui quitta le tournage), l’affiche montre un dessin avec les profils de Harris et Taylor. Il fait partie de tous ces westerns violents fortement influencés par La horde sauvage de Sam Peckinpah dans les années 1970 : Hannie Caulder, La loi de la haine, Les charognards, pour n’en citer que trois. Et sans compter les westerns italo-espagnols !


Décès d’ISELA VEGA (1939-2021)
Isela Vega

Star mexicaine, et scénariste, qui fut chanteuse et mannequin avant de percer au cinéma.
Plusieurs westerns dans sa filmographie :

Por mi pistolas (68) Mexicain – Vengeance (71)-L’enfer des mandigos (76)-El hombre de los hongos (76)

Joshua (76)-Las mujeres de Jeremias (81)-La vengeance mexicaine (Barbarosa) (82)-The Alamo : Thirteen Days To Glory (87)
Salvando al soldado Pérez (2011)
Isela Vega

Isela Vega Top Must Watch Movies of All Time Online Streaming

L’Indien au cinéma

Lone ranger en 2013 rend hommage au peuple comanche dépossédé de ses territoires par les compagnies de chemins de fer qui favorisaient l’expansion vers l’Ouest… C’est le retour du western qui montre les injustices dont ont été victimes de nombreuses tribus, pour l’exploitation des terres sur lesquelles elles vivaient

Didier GIVANNEL

The plainsman avec Gary Cooper (dessin photofiltre de Didier GIVANNEL)

dessin de Didgiv

Lone ranger-dessin de Didgiv

Dès les années 50, des réalisateurs comme William A. Wellman ou Anthony Mann modifient l’image de l’Indien qu’on trouve dans les écrits des romanciers comme Mark Twain ou Zane Grey et le cinéma « primitif » de cinéastes comme Cecil B. DeMille : un être sauvageet  assoiffé de sang, hurlant des cris féroces

Cette image est vivace dans Les conquérants d’un nouveau monde de DeMille en 47, sur le soulèvement du chef algonquin Pontiac ; DeMille avait pourtant tourné en 1914, Le mari de l’Indienne, où il montrait le calvaire d’une Indienne mariée à un aristocrate anglais

Richard Dix by didgiv

Richard Dix dans Le réprouvé

Et en 1911, Thomas H. Hince montrait l’impact de l’expansion vers l’Ouest sur les populations indiennes dans La guerre dans les plaines

Indiens de la plaine - Dessin de Didgiv

Indiens de la plaine-Dessin de Didgiv

Si Paul Sloane tourne en 1939 une biographie de Geronimo avec des acteurs amérindiens dont Chief Thundercloud, Geronimo le peau-rouge, le chef indien y est montré comme cruel et fourbe

Les premiers westerns ouvertement pro-indiens datent de 1950 : La flèche brisée  de Delmer Daves, qui avait vécu parmi des Indiens, un succès. Il montre leurs coutumes et spiritualité, comme le fera, plus tard, avec plus de détails, Un homme nommé cheval. Il inspira George Sherman pour Au mépris des lois en 1952, sur Cochise


Le second est
La porte du Diable d’Anthony Mann en 1950, avec Robert Taylor en Comanche : ce western prend encore plus parti pour les Indiens que La flèche brisée -qui est plus nuancé-, ce qui explique qu’il n’ a pas eu de succès, le public n’étant pas prêt en 1950 à accepter une telle vision, aussi sans doute ayant du mal à trouver crédible Robert Taylor en Indien (cen pourquoi Jacques Tourneur refusa de tourner le film)

Cette même année 1950, Raoul Walsh narrait une histoire d’amour interraciale dans La fille du désert, Wellman faisait de même dans Au-Delà Du Missouri en 1951, son héros joué par Clark Gable épousant une Pied-Noir et vivant parmi eux

Charles Bronson by didgiv

Charles Bronson-Captain Jack : L’aigle solitaire – dessin Didgiv

En 53, Walsh tourne Bataille sans merci qui montre le personnage d’un Indien au départ menaçant, dans l’ombre. L’image progresse au fil du film, l’Indien va aider et sauver le héros dans sa lutte contre un bandit
En 1911, Edwin S. Porter mettait dèjà en scène un Indien qui sauve un trappeur injustement accusé de meurtre (The white red man)

dessin de Didgiv

dessin Didgiv

Wellman est, avec George Sherman et Delmer Daves, un défenseur des Indiens : il nous montrait un Indien sympathique dans Buffalo Bill de 44, le chef Yellow Hand
Boetticher aussi, avec le portrait rassurant du chef Séminole de Fort King en 53, et de même André de Toth avoue avoir fait La rivière de nos amours pour « changer l’image des Indiens« , dans la droite lignée de La flèche brisée
Comme le fait Robert Aldrich avec son merveilleux Bronco Apache en 1954, montrant la lutte du guerrier Massai. Delmer Daves tourne la même année L’Aigle solitaire, un autre western pro-indien est tourné par Douglas Sirk en 54, Taza, fils de Cochise. Delmer Daves -encore lui- signe le scénario de La Plume blanche, en 55, où Debra Paget joue une fort jolie Cheyenne…

Sylvia Sidney par Didgiv (la métisse)

Puis Samuel Fuller montre un Sudiste refusant de vivre dans la nouvelle société fondée par l’Union et épousant une Sioux dans Le jugement des flèches en 57

La réhabilitation va s’intensifier au cinema dans les années 60-70, que ce soit Les Cheyennes  de John Ford, le violent et réaliste Soldat Bleu ou plus humoristique Little big man, qui vont plus loin en dénonçant  l’horreur des massacres comme Wounded Knee ou Sand Creek. On appelle ces oeuvres des « westerns révisionnistes ». Elle engendre toute une série de western des années 70, comme L’Apache (72), Le faucon blanc (75)  ou le western italien Une fille nommée apache (76), Arthur Hiller réalise Le massacre de Sand Creek en 56

Mais déjà, Massacre (34) dans le rôle d’un Indien, montrait les difficultés de vie des Indiens dans les réserves, la corruption de ceux qui les dirigent (thème aussi évoqué dans Hombre en 1966). En 1929, Richard Dix joue un Indien éduqué chez les Blancs souffrant de préjugés dans Le réprouvé… Anthony Quinn joue sobrement un Indien des années 70 luttant pour les droits de son peuple dans L’Indien (1970)

Le réprouvé - Richard Dix

La violence qu’il y a dans les westerns des seventies n’est pas toujours à la gloire des Indiens. Avec Fureur apache en 1973, Robert Aldrich retombe dans le cliché du sauvage violent, en l’occurrence l’Apache, on le voit jouer à la balle avec le coeur arraché aux Blancs qu’ils ont torturés

John Ford, qui faisait souvent tourner des Amérindiens dans ses films, fait partie de ceux qui réhabilitent tardivement l’Indien dans son oeuvre, l’évolution est flagrante de Sur la piste des Mohawks ou La chevauchée fantastique, où ce sont des diables rouges hurlants, à La prisonnière du désert mais surtout aux Cheyennes, dont le personnage joué par l’actrice Carroll Baker se fait le défenseur, en montrant les mauvaises conditions dont ils sont victimes dans les réserves

Un homme nommé cheval

Les figurants indiens sont dans ce film des Navajos. De plus en plus de réalisateurs vont solliciter à des amérindiens pour interpréter des Natifs, Graham Greene et Wes Studi sont parmi les plus fameux, à partir des années 80-90
Certains westerns des années 60-70 décrivaient avec un maximum d’authenticité le quotidien des Indiens, sans tomber dans la caricature, Un homme nommé Cheval ou Jeremiah Johnson sont parmi les plus belles réussites du genre

Kevin Costner aussi dans les années 90 : Danse avec les loups fut, comme La flèche brisée, un succès commercial, modifiant la perception qu’a le public des Indiens. En 2005, la saga  Into the West fait jouer de nombreux acteurs amérindiens et donne le point de vue des Indiens sur la Conquête de l’Ouest

Stewart Granger, Robert Taylor by didgiv

La derniere chasse aborde le thème de l’extermination des bisons…  le monde des tueurs, des égorgeurs et des dépouilleurs de bisons, profession sans gloire où l’on retrouvait toute la lie de l’Ouest, bandits et tueurs d’Indiens


Enfin, n’oublions pas les westerns « rouges », produits dans les pays de l’Est encore sous domination soviétique dans les années 1970, comme Apachen, qui montraient les persécutions dont étaient victimes les Indiens, sous un angle évidemment très politique

Tintin by didgiv

dessin Didgiv


Paulette Goddard, Preston Foster, Gary Cooper par didgiv

LES TUNIQUES ECARLATES (dessin Didgiv)


Loup Noir by didgiv

by didgiv

Bébel

Jean-Paul Belmondo -Un homme qui me plait – un Indien très sympa !