Sidney Poitier/L’esclave libre=Band of angels/La bataille de la vallée du Diable=Duel at Diablo

Décès de SIDNEY POITIER (1927-2022)

Sidney Poitier by didgiv

Sidney Poitier by Didgiv

Sidney Poitier est le premier acteur black dans l’histoire du cinéma à devenir une vedette de premier plan et à obtenir un Oscar. Un de ses rôles les plus marquants est celui du policier en butte au racisme des habitants d’une petite ville du sud dans DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

Les portes d’Hollywood s’ouvrent pour lui avec QUAND LA PORTE s’OUVRE, en 1950.
Il est un des élèves rebelles de GRAINE DE VIOLENCE. Et devient une star internationale avec LE LYS DES CHAMPS, Oscar du meilleur acteur. Il donne la réplique à Clark Gable l’Autant en emporte le vent « nordiste », L’Esclave libre, en 1957. Puis La bataille de la vallée du Diable (1965)

Harry Belafonte et Sidney Poitier

Sidney Poitier réalise et produit le troisième western dans lequel il joue aussi, l’inégal Buck et son complice (1972).
La croisée des destins (1995)

Autres films : APPELEZ-MOI MONSIEUR TIBBS ! (1970)-L’ORGANISATION (1971)


L’esclave libre (Band of angels) de Raoul Walsh (1957)

Scénario de John Twist, Ivan Goff et Ben Roberts
Musique : Max Steiner

Avec Clark Gable : Hamish Bond
Yvonne de Carlo : Amanda Starr
Sidney Poitier : Rau-Ru
Efrem Zimbalist Jr. : Ethan Sears
Et Ray Teal, Noreen Rex Reason, Juanita Moore, Ann Doran, Bob Steele

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1853. Kentucky. Ancien marchand d’esclaves, Hamish Bond est à la tête d’une plantation vers La Nouvelle Orléans. Alors qu’il se rend au marché d’esclaves, il remarque une jeune femme, Amanda, métisse née des amours d’un planteur du Kentucky et d’une esclave

Un propriétaire de plantation amoureux d’une métisse : c’est la trame de ce mélo romanesque aux sublimes couleurs flamboyantes –Warnercolor- qui plonge dans les plantations de la Nouvelle-Orléans, restituant l’atmosphère du Vieux Sud à la veille de la guerre civile. Il montre comment une femme sort de sa condition sociale en vivant un amour impossible avec un aventurier au passé lourd. On est loin de la description au vitriol des plantations de Django unchained, et  plus proche de Autant en emporte le vent… d’autant plus qu’il y a Clark !

Yvonne de Carlo (dessin de Didgiv)

Adapté d’un roman de Robert Penn Warren, ce film a été pourtant ironiquement surnommé « Le fantôme d’Autant en emporte le vent »

Clark Gable est dans son élément, dirigé pour la troisième fois par Raoul Walsh (après Les implacables et Le roi et quatre reines).
Il y a une belle alchimie entre Yvonne de Carlo et Clark Gable, qui décédera trois ans plus tard d’une crise cardiaque

Ce film fut présenté en première partie de La dernière séance d’Eddy Mitchell le 29 mai 1984


La bataille de la vallée du Diable (Duel at Diablo)

De Ralph Nelson (et producteur)

D’après le roman de Marvin H. Albert (Apache Rising), auteur du scénario
Musique : Neal Hefti

Avec
James Garner : Jess Remsberg
Sidney Poitier : Toller
Bibi Anderson : Ellen Grange
Dennis Weaver : Willard Grange

Jess, un ancien éclaireur, trouve Ellen, une femme qui était apparemment poursuivie par les Indiens, et la ramène au Fort où son mari est commerçant. Il apprend qu’elle avait été enlevée et captive des Apaches.  A son retour, elle subit les reproches des habitants et de son mari, qui aurait préféré qu’elle se donne la mort plutôt que d’être la compagne forcée de Nachee l’Apache, fils du chef Chata

Sur le thème de la vengeance et des captives des Indiens, il annonce des films plus violents comme Fureur apache ou Le soldat bleu, autre western de Ralph Nelson. Le héros est joué par James Garner, dont c’est le 3e western, il sortait auréolé du succès de la série Maverick. Il partage l’affiche avec Sidney Poitier. Ralph Nelson a le rôle secondaire de colonel dirigeant le Fort. Un des meilleurs westerns des années 60, qui n’ a pas été un grand succès en France à sa sortie

Behind the scenes

Robert Duvall/Joe Kidd/Open Range/Conversation secrète (The conversation)

Né un 5 janvier : Robert Duvall (Robert Duval) (1931)

Révélé en 1972 par le rôle du bras droit de Marlon Brando, l’avocat de la famille Corleone dans LE PARRAIN -et sa suite en 74-, le Californien Robert Duvall (Robert Selden Duvall) est un des acteurs les plus doués de sa génération

Robert Duvall by FCARLOS

Avec une présence extraordinaire, il a interprété toute une palette de personnages, souvent des durs, malfrats et voyous au départ, son image a évolué, comme le bon vin, il est devenu encore meilleur avec l’âge, et est passé habilement d’acteur de composition à celui de vedette excellant dans différents genre : la science-fiction : THX-1138, le film de guerre : APOCALYPSE NOW, L’AIGLE S’EST ENVOLE (1976)  où il joue un colonel nazi borgne organisant l’enlèvement de Churchill, ou le polar : BULLITT (1968), dans le rôle d’un chauffeur de taxi donnant des renseignements au flic Steve McQueen.
Il affiche une filmographie de plus de 141 fictions, films, téléfilms et séries, il a aussi réalisé quatre films et en a produit 12. Il incarnait Staline dans le téléfilm STALIN en 1992, et a réalisé et interprété en 2015 WILD HORSES et vient de jouer dans IN DUBIOUS BATTLE (2016).

Apocalypse Now

Ses premiers westerns sont des épisodes des séries Le Virginien en 1963, Shane en 1966 et Cimarron (67), Les mystères de l’Ouest.
Il est le chef du groupe de bandits de Cent dollars pour un shérif (69) qui donne du fil à retordre au justicier borgne John Wayne, puis joue dans L’Homme de la loi en 1971.
En 1972, il incarne Jesse James qui prépare avec les Younger le vol (raté) d’une grosse banque (La légende de Jesse James), puis c’est le puissant éleveur Frank Harlan qui persécute des petits fermiers d’origine mexicaine spoliés de leurs terres, il loue les services de Clint Eastwood dans Joe Kidd.
Vedette de la mini-série Lonesome dove en 1989 et de Convicts en 1993, puis interprète Al Sieber dans Geronimo.

Encore un premier rôle dans Les aventuriers de l’or noir en 1995. L’action des Amants du Nouveau Monde (1995) se situe en 1666, il revient au western classique avec le chef d’œuvre de Costner, Open Range, durant le tournage il se casse des côtes en chutant de cheval. C’est un énorme succès.
Duvall joue la même année le général Lee dans Gods and generals.
Enfin, il a la tête d’affiche de la minisérie Broken trail, qu’il visionna lors d’une avant-première spéciale à la Maison Blanche avec le président George W. Bush en juin 2006.

Duvall dans des polars et films d’espionnage :
LE PARRAIN et LE PARRAIN II (1972-74)
BULLITT (1968) CONVERSATION SECRETE (1974)

Robert Duvall by didgiv

pop art par Didgiv

Anecdotes (source : IMDB).
♠ Il est descendant d’une famille de huguenots français qui émigrèrent aux Amériques vers 1700. Il a des ancêtres allemands, suisse-allemands, français, écossais. Un de ses ancêtres, Mareen Duvall est aussi un ancêtre de Barack Obama.
♥ Longtemps supporter du parti Républican, il critiqua Steven Spielberg d’être allé à Cuba en 2002, et se jura de ne jamais plus travailler pour sa société de production Dreamworks !
♥ Il a failli interpréter le rôle de Brodie dans LES DENTS DE LA MER en 1975

TENDER MERCIES

La légende de Jesse James avec Cliff Robertson

by didgiv


JOE KIDD (1972) de John Sturges

dessin de Didgiv

4 grands noms pour JOE KIDD : tout d’abord le réalisateur John Sturges, à qui l’on doit LES 7 MERCENAIRES, Clint Eastwood, aussi co-producteur, il réinvente aux USA le western après son aventure dans le western-spaghetti…

… Ensuite, le scénariste Elmore Leonard, et enfin la musique de Lalo Schifrin… pour un western plutôt classique dans la forme et sans grande surprise. Clint Eastwood incarne le justicier qui vole au secours des Mexicains dépossédés de leurs terres. Il affronte le super-méchant joué par un Robert Duvall impeccable. John Sturges révéla plus tard qu’il eut du mal à diriger Eastwood durant le tournage.

Avec Clint Eastwood : Joe kid
Robert Duvall : Frank Harlan
John Saxon : Chama
Don Stroud : Simms
Stella Garcia : Helen

Au Nouveau-Mexique. Un aventurier (Clint Eastwood) sorti de prison se retrouve au milieu d’un conflit opposant un puissant éleveur (Robert Duvall) à des villageois américains d’origine mexicaine, qui ont perdu leurs terres.
Il est embauché par Harlan, un riche propriétaire terrien, pour débusquer Chama (John Saxon), un rebelle qui aide les petits propriétaires terriens contre les colons américains qui prennent petit à petit possession de leurs terres.


 OPEN RANGE
De Kevin Costner (2003-2004)

Robert Duvall by didgiv

Robert Duvall by didgiv


Chanson Holding all my love for you de Julianna Raye.

1882. Deux éleveurs itinérants (Robert Duvall et Kevin Costner) décident de se battre contre l’homme fort d’une ville (Michael Gambon) et son shérif corrompu (James Russo) responsables de la mort de leur ami Mose (Abraham Benrubi). Ils vont trouver un allié en la personne de l’épouse du docteur, Sue (Annette Benning).

Et avec Michael Jeter, Diego Luna, Dean McDermott, Kim Coates, Herb Kohler, Peter MacNeill,

Troisième réalisation de Costner, également coproducteur, sur un scénario de Lauran Paine d’après son roman (il est décédé avant la sortie du film). Il évoque le thème des éleveurs itinérants nomades contre les puissants ranchers découpant le paysage avec leurs barbelés.

140 minutes de pur bonheur, dans la veine des grands classiques hollywoodiens. Grand succès : plus de 68 millions de $ de recettes pour un budget de 22 millions ! La seule scène de l’inondation a coûté 400 000 dollars.
Dans le bonus en DVD, Kevin Costner explique qu’il préfère filmer les acteurs ensemble dans des plans-séquences plutôt que des champs-contre champs, il retrouve la manière de filmer des classiques.
Superbe tandem Duvall-Costner, qui parfois se disputent comme un vieux couple.

Clins d’œil au genre :
♠ Au début, Robert Duvall surveille son troupeau, dans une pose qui rappelle John Wayne dans Chisum
♥ Un plan montre un barbelé, écho à des westerns comme L’homme qui n’a pas d’étoile.
♠ Kevin Costner porte un haut stetson, comme les vedettes de westerns des années 30-40.
♦ On retrouve le thème des « nettoyeurs », qui arrivent dans une ville et la nettoie de sa vermine. Dans une scène, l’aubergiste dit « De temps en temps, un bon orage nettoie la ville et la laisse propre comme un sou neuf »… belle métaphore !

Open range image


The conversation (Conversation secrète)
de Francis Ford Coppola (1974)


Un professionnel de la surveillance, spécialisé dans les écoutes, est face à un dilemme quand il comprend que le couple qu’il espionne va être assassiné…

Avec Gene Hackman, John Cazale, Allen Garfield, Frederic Forrest, Cindy Williams, Elizabeth MacRae, Teri Gar, Harrison Ford, Robert Duvall

Coppola, fasciné par les techniques modernes d’espionnage, a commencé à écrire le scenario de ce film en 1966. Il s’inspire du film d’Antonioni, BLOW-UP et sans doute, même s’il ne le reconnait pas, du scandale des écoutes du Watergate en 1972. Le succès du PARRAIN lui permet de financer ce film, il choisit Gene Hackman, séduit pas le scénario, qui apporte une épaisseur à ce personnage d’espion moderne solitaire et paranoiaque, joueur de saxophone -l’acteur apprit pour le rôle à jouer de cet instrument- et dans des rôles secondaires Harrison Ford et Robert Duvall, qui apparait à la fin du film. Ce film influencera Brian de Palma pour son BLOW OUT en 1981.
Palme d’or du Festival de Cannes 1974, c’est un fascinant thriller d’espionnage, servi par une interprétation sans faille et un scénario en or.

by Didgiv

R.I.P : Nick Georgiade… Arlene Dahl… Jacqueline Sassard… Françoise Arnoul… et d’autres…

Nick Georgiade (1933-2021)

Second voire troisième couteau américain -d’origine grecque- né à New York et mort à Las Vegas- rendu célèbre par son rôle de l’acolyte d’Eliot Ness, Enrico Rossi, dans la série LES INCORRUPTIBLES. Un petit air d’un autre Grec, Telly Savalas -les cheveux en plus-, ancien boxeur, puis étudiant en sociologie et psychologie avant de rencontrer la célébrité sur petit grand écrans, dans des rôles de flic ou voyou…

Arlene Dahl (1925)

Embuscade (1950) avec Robert Taylor

Le convoi maudit
 (1950)
 
L’Ouest en feu (Land raiders) (1969)

 (Le convoi maudit)

Arlene Dahl

Jacqueline Sassard (1940-2021)

Jolie brune née à Nice, décédée en Suisse, une certaine ressemblance avec Natalie Wood, le charme éthéré des jeunes vedettes de Cinecitta, vue dans des films de Valerio Zurlini, Chabrol, Losey, De Sica… son dernier film est Les biches de Chabrol en 1968…

sont aussi morts récemment : Ed Asner, Shin’ichi’ Chiba (Sonny Chiba) ; Patricia Hitchcock (fille d’Alfred), Markie Post, Alex Cord, Françoise Arnoul/Chick Vennera/William Smith/Richard Donner/Raffaella Carra/Stuart Damon/Robert Sacchi/Ned Beatty/Henry Darrow/Coris Leachman/Nathalie Delon/Claude Brasseur/Victoria Racimo/Daria Nicolodi/Margaret Nolan/Diana Rigg/Reni Santoni/John Saxon/Kelly Preston/Dan Van Husen/Geno Silva/Michel Piccoli/John Ericson/Sergio Fantoni/Max Von Sydow /Suzy Delair/Lucia Bosè/Alfio Contini…

Raffaella Carra
Claude Brasseur par didgiv
Claude Brasseur par Didgiv

Chaplin Charles/Le pélerin =The pilgrim/Geraldine Chaplin

Charles Chaplin (1889/1977)

Mort le jour de Noël, un 25 décembre…

by Marino63


by patrick


by FCARLOS

Mes portraits de Charlot :

Charlie Chaplin by didgivCharlie Chaplin by didgivCharlie Chaplin by didgivCharlie Chaplin by didgivCharlie Chaplin by didgiv
Et dans La ruée vers l’or :
Charles Chaplin by Didgiv


LE PELERIN (The pilgrim) de Charles Chaplin (1923)

Un évadé se fait passer pour un pasteur dans une petite ville.

Avec Charles Chaplin, Edna Purviance, Syd Chaplin, Mack Swain, Marion Davies

Petit chef d’œuvre de Chaplin, Le pèlerin est un western avec de nombreux quiproquos. La chanson leitmotiv du film est un western swing I’m bound for Texas, écrite par Chaplin, est interprétée par Matt Monroe. Il sera le chanteur des thèmes de BONS BAISERS DE RUSSIE, VIVRE LIBRE, et le western L’étoile du sud


Geraldine Chaplin (1944) 

La fille aînée de Charles Chaplin et de Oona O’Neill est une enfant star qui fit son premier film à 8 ans, dans LES FEUX DE LA RAMPE, un film de son papa, avant de tourner pour Jacques Deray et Dino Risi.
Elle se destinait à une carrière de danseuse classique quand David Lean l’engagea pour DOCTEUR JIVAGO, en 1965


Ce chef d’oeuvre lui a permis d’avoir une carrière internationale avec des cinéastes aussi différents que Carlos Saura, Robert Altman, Jacques Rivette, qui ont su exploiter un réel talent. Geraldine Chaplin a interprété au cinéma deux célèbres personnages féminins du Far West :
* Kate Elder, amie de Doc Hollidaydans le western allemand Verflucht, Dies Amerika
* La fameuse Annie Oakley, tireuse émérite engagée dans le cirque de Buffalo Bill , dans Buffalo Bill et les Indiens en 1976

DOCTEUR JIVAGO

Steve McQueen/Tom Horn… sa véritable histoire/Hold-up en 120 secondes=The great St. Louis bank robbery)Le chasseur=The hunter/The Blob (Danger planétaire)

STEVE McQUEEN (1930/1980)

Steve McQueen - cinerevue 1978

Star d’Hollywood la mieux payée en 1974

Samedi 25 mai 1963, 20h30, les Français découvrent une nouvelle série western. Au générique, une silhouette fine se détache avec une Winchester à canon scié plaquée sur sa hanche : un beau blond aux yeux bleux arrache une affiche d’avis de recherche collée sur un mur : Steve McQueen incarne Josh Randall… Au nom de la loi !

premier film en vedette, The Blob

dessin de Didgiv

dessin de Didgiv

Il travaille à ses débuts pour un armateur grec, est émondeur d’arbres au Canada, sert dans les Marines, acteur de théâtre puis de cinéma avec MARQUé  PAR LA HAINE, au côté de Paul Newman. Il apparaît ensuite dans un épisode de la série Tales of Wells Fargo, en 58, avec Dale Robertson, puis obtient la tête d’affiche d’un film de SF, THE BLOB, en 1958 (ressorti en France en 77), McQueen accepte 10% sur les bénéfices et banco ! le film est un succès. Puis, c’est un petit polar efficace, HOLD-UP EN 120 SECONDES

with his daughter Terry walking around Los Angeles, 1964

Hold-up en 120 secondes (dessin de Didgiv)

Mais c’est la TV qui va faire de lui une star. Il incarne alors un personnage secondaire nommé Josh Randall dans un épisode d’une série qui s’appelle Trackdown, Robert Culp est la vedette ; cet épisode va servir de pilote à une autre série, Wanted, Dead Or Alive (Au nom de la loi), Steve est cette fois la tête d’affiche

Steve McQueen (9-6-1966) Ciné revue)Il décroche le rôle parmi 200 candidats grâce à ses talents d’écuyer et touche 40 $ par semaines ; les aventures de Josh Randall sont diffusées au cours d’une centaine d’épisodes pendant trois ans sur la CBS, dès septembre 58, un succès… en France dès 63. Les portes de la gloire s’ouvrent pour celui qui va incarner dans ses films suivants toute une série de personnages taciturnes (comme Bronson), dans des polars : BULLITT (68), L’AFFAIRE THOMAS CROWN (68), jusqu’ à son dernier rôle, LE CHASSEUR, en 80 : un chasseur de primes de notre époque, taciturne, pessimiste  sur le monde actuel

Steve McQueen

cinerevue 1980

Il accomplit les cascades comme dans ses autres films et monte les chevaux les plus sauvages, tel un as de rodéo… Après la série dans laquelle il incarne le Josh Randall, McQueen fait trois entrées ratées au cinéma et sa carrière semble sérieusement compromise. John Sturges le relance en lui offrant un rôle dans LA PROIE DES VAUTOURS. Sa performance est saluée par la critique ainsi que celle de Charles Bronson dans un second rôle
Le cinéaste réengage en 1960 son poulain pour Les sept mercenaires, Bronson est encore de la partie

Les trois westerns dans lesquels va jouer ensuite McQueen (quatre si on inclut les Reivers, dont l’action se situe en 1905), sont devenus culte

McQueen

dessin Didgiv

Il reprend le personnage joué par Alan Ladd dans LES AMBITIEUX (1964), un acteur appelé NEVADA SMITH, au passé mystérieux. Pour certains, Steve McQueen a repris la place laissée vacante par Alan Ladd dans les westerns des années 60, en jouant des héros errants, beaux et taciturnes et laconiques  souvent lancés dans une quête vengeresse

Nevada Smith, réalisé en 1966, est l’histoire d’une vengeance implacable, celle d’un jeune métis dont les parents ont été assassinés. C’est le premier western dans lequel McQueen a le premier rôle, et qu’il produit

dessin de Didier Givannel

La critique est mitigée, c’est un succès. Il est approché pour jouer dans Butch Cassidy et le kid (1969), mais quitte le projet, mécontent du cachet qu’on lui propose. Et joue dans Les Reivers, savoureuse chronique du Sud rural au début du XXe s.
Dans les années 60, McQueen a été la star la mieux payée d’Hollywood

Avec Junior Bonner (72), il joue un champion  de rodéo solitaire, nostalgique, dans un monde en évolution, le film n’est hélas pas un succès
Enfin, il clôt sa carrière avec le fascinant personnage de Tom Horn en 1978, inspiré de la vie d’un authentique héros de l’Ouest accusé d’un meurtre qu’il n’avait pas commis. Horn est pendu en 1903, à une époque où l’on tourne les premiers westerns

Ce dernier rôle est la quintessence des personnages incarnés par l’acteur, véritable reflet de lui-même : héros solitaire, courageux, peu bavard, pudique, défaitiste, jugeant avec irone le progrès qui arrive et l’absurdité des hommes ; il ne craint pas la mort : la scène où il est attaché et pendu, et où ceux qui y assistent sont tous équipés de fusils, alors qu’il ne peut même plus bouger, est percutante, il lâche ses amulettes indiennes qui tombent à terre et rend son dernier souffle

En 1980, il est pressenti pour interpréter Rambo dans l’adaptation du roman « First Blood », projet qui l’intéresse beaucoup. Mais sa mort laisse le champ libre à Sylvester Stallone qui incarnera RAMBO en 1982

Steve McQueen (LE CHASSEUR)Le 6 novembre 1980, on enlève à McQ (un de ses surnoms) une tumeur de 3 kilos mais le cœur ne résiste pas.
Un an après la disparition du dernier des géants, John Wayne -que Steve admirait beaucoup-, un autre mythe s’éteint, terrassé par un cancer, Steve McQueen, le dernier des chasseurs solitaires

dessin de Didgiv

dessin Didgiv

Steve McQueen  vient à Paris en septembre 1964 pour la promotion d’AU NOM DE LA LOI animer à l’Hôtel Ritz la vente aux enchères de sa fameuse carabine, au profit du Mouvement pour les villages d’enfants. Gilbert Bécaud acquiert le fusil pour 1,5 million de francs de l’époque !

Steve McQueen (31-3-1966 Ciné revue)

Steve McQueen The reivers ciné revue 69

Dans la scène finale de poursuite à moto de LA GRANDE EVASION, Steve McQueen qui effectue aussi les cascades dans le film, joue à la fois le prisonnier qui s’enfuit le long des barbelés et aussi le soldat allemand qui le poursuit

Steve McQueen (12-01-67 ciné-revue)_NEW

La cannonière du Yang Tsé

1968- cinérevue

Ciné revue 1978 : « Paul Newman m’a sauvé la vie »

Abattu après son divorce d’avec Ali McGraw, Steve McQueen est allé vivre dans la maison de Paul Newman dans le Connecticut McQueen, dont le moral était au plus bas, a repris goût à la vie en bêchant la terre, entretenant le jardin de son ami; faisant à nouveau des plans pour l’avenir, avec l’idée de tourner Tom Horn. McQueen sort maintenant avec Barbara Mintz, splendide mannequin, et veut que Paul Newman, producteur, lui trouve un rôle. Mais pour Paul Newman, cette demoiselle n’a aucun avenir à l’écran


Tom Horn… sa véritable histoire (Tom Horn)
De William Wiard (1979)

Producteurs : Steve McQueen, Michael I. Rachmil, Fred Weintraub, Sandra Weintraub
Scénario : Thomas McGuane, Bud Shrake, d’après le livre Life of Tom Horn, government scout and interpreter

Steve McQueen -Linda Evans –Richard Farnsworth-Billy Green Bush -Slim Pickens : shérif Creedmore
Elisha Cook Jr.-Roy Jenson, Geoffrey Lewis

Ancien éclaireur, Tom Horn est chargé par des éleveurs du Wyoming, sous la houlette de John Coble, de mettre fin aux agissements de voleurs de bétail. Il abat plusieurs voleurs, d’autres prennent la fuite. Il noue une relation d’amitié avec l’institutrice du village Mais les propriétaires trouvent qu’il va trop loin et ses méthodes expéditives nuisent à leur image. Ils décident de se débarrasser de lui, en montant une machination ; avec l’aide de son rival Joe Belle, et la complaisance du shérif, ils rendent Tom Horn responsable du meurtre d’un garçon de 15 ans…

Une réalisation épurée et sans artifice pour narrer la fin tragique d’un héros solitaire, laconique et fataliste, rôle taillé sur mesure pour Steve McQueen impeccable, affaibli par le cancer ; il est aussi producteur associé. Scènes d’action rares, récit, dépouillé, qui prend quelques libertés avec la vérité historique (l’évasion : il est seul alors que dans la réalité, ils furent deux à tenter de s’évader)

La fin est dure car on s’attache à ce personnage épris de liberté et victime de sa réputation. Personnage taciturne, taillé sur mesure pour l’acteur.
Du fond de sa cellule, avec les amulettes indiennes qu’il tient dans la main, il regarde ces montagnes, symboles de la liberté qu’il aime et qu’il n’a pu rejoindre, avant la sordide pendaison. La même année, MISTER HORN relate un autre épisode de la vie de Horn

Tom Horn en BD par Cottarel & Forlon


Hold-up en 120 secondes (The great St. Louis bank robbery) de Charles Guggenheim, John Six (1959)

Steve McQueen par didgiv

Gino présente George, étudiant fauché, à un chef de gang qui prépare un hold-up. Ann, sœur de Gino et ex-petite amie de George, est liquidée par le gang

Avec Steve McQueen, David Clarke, Molly McCarthy

Petit film méconnu de McQueen, qui allait entrer dans le vedettariat l’année suivante avec Les 7 mercenaires Basé sur des faits reels, une tentative de hold-up dans une banque de Saint-Louis en 1953. Film tourné dans cette ville, des policiers et employés de la banque jouent leur propre rôle. A redécouvrir
   


Le chasseur (The hunter)
de Buzz Kulik (1980)

Les aventures d’un chasseur de primes professionnel nommé Ralph ‘Papa’ Thorson. Il rend visite au shérif John Strong de Houston à qui il demande de l’aide pour capturer Billy Joe, qui est le neveu de Strong. Ce dernier l’éconduit sans ménagement

Avec Steve McQueen, Eli Wallach, Kathryn Harrold, LeVar Burton, Richard Venture, Ben Johnson

Belle performance de McQueen, qui incarne à la perfection le héros urbain solitaire et taciturne, un peu comme le Charles Bronson des JUSTICIER ou le Clint Eastwood des DIRTY HARRY. Le film s’inspire de l’autobiographie de Ralph Thorson, qui a un petit rôle dans le film, celui d’un barman. Dernier film de McQueen, qui décède 3 mois après la sortie aux USA

Il retrouve Eli Wallach, qu’il affrontait dans Les 7 mercenaires. Si BULLITT, autre film de McQueena inspiré LE MARGINAL avec Belmondo pour la scène de la course poursuite, c’est ici un polar de Bebel –PEUR SUR LA VILLE– et sa célèbre scène de cascade sur le métro qui a inspiré les scénaristes du CHASSEUR. Le film reçut des critiques et reste axé autour de la popularité de Steve McQueen, qui, fatigué par sa maladie, a perdu de son panache notamment dans les cascades… et ça se voit à l’écran, dans Tom Horn, déjà, l’année précédente, il n’avait plus toute sa superbe !

Steve McQueen, Eli Wallach


The Blob (Danger planétaire) (1958) de I. Yeaworth Jr.

 Un extraterrestre géant et gluant sème la terreur dans une ville américaine Tombé du ciel comme une météorite, il grandit à chaque humain qu’il mange. Les scientifiques découvrent que le blob est en fait une nouvelle arme virale, qui a pris lorsqu’elle se trouve en orbite des propriétés extraordinaires
Avec Steve McQueen, Aneta Corsaut, Earl Rowe, Olin Howland, Elbert Smith
♠ Les années 1950 : le public américain raffole d’histoires avec des OVNI et extra-terrestres, parfois pacifiques, comme dans Le jour où la Terre s’arrêta
Le thème de la peur d’une invasion mettant en péril la paix sur Terre renvoie aux événements historiques que vivent alors les Américains, le péril Rouge : les soviétiques, peur solidement ancrée dans l’esprit de tout Américain. Autre métaphore dans le Blob : lorsque l’extra-terrestre est devenu immense, il a de plus en plus faim et envahit un cinéma. Imaginez la peur des spectateurs dans la salle… le Blob vient jusqu’à eux et jusque dans les endroits où il se sent le plus en sécurité (comme la salle de cinéma) !
♣ Avec l’essor de la TV, un nouveau média vient marcher sur les plates bandes du Cinéma et menace même à long terme l’existence des salles de cinéma. Le Blob, métaphore gluante de la petite lucarne ? A la fin du film, ont voit le blob être immergé dans l’Arctique (la congelation étant la seule arme que les humains ont trouvé pour le neutraliser). On pense évidemment à  The Thing de John Carpenter
♥ L’idée du virus extraterrestre, prédateur invisible et dévastateur se nourrissant des humains (et grandissant à chaque humain qu’il contamine), est à cette époque prophétique et renvoie à la peur du virus en général et à la panique qu’elle suscite, de moins en moins irrationnelle : de fait, en 60 ans, plus de 350 nouvelles maladies infectieuses sont apparues : SIDA, SRAS, H1N1, H5N1, Ebola… et Coronavirus
♦ C’est une série B, car les acteurs, pas plus que le réalisateur, ne sont célèbres, d’ailleurs un seul d’entre eux le deviendra par la suite : Steve McQueen. Il a réalisé un joli petit coup de poker sur ce film, n’acceptant pour salaire que 3000 dollars, avec en plus 10 % sur les profits, or, le film fut un succès, avec 4 millions de dollars de recettes pour un budget de 240 000 dollars. Réalisé en 1958 il ne sorti en France qu’en 1960
Par le côté kitsch de ses effets spéciaux, et le fait que ce soit le premier film avec McQueen en vedette, il est devenu par la suite un film culte, engendrant des suites ou des parodies, dont Beware ! The Blob de Larry Hagman, The Blob (1988) de Chuck Russell