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Randolph Scott (Randy Scott)

Posted by on 23 janvier 2017
Né un 23 janvier… (23-1-1903/2-3-1987)

Randolph Scott by Didgiv

Randolph Scott affiche un des plus beaux palmarès western en quantité comme en qualité, il a tourné beaucoup de séries B et il n’y a rien à jeter ! C’est un des rares à avoir fait uniquement carrière dans le western -si l’on excepte certains acteurs du muet comme Tom Mix
Il l’a bouclée avec un western, se retirant du cinéma, devenu multimillionnaire. Assez traditionnaliste, il n’aimait pas la façon dont le cinéma évoluait ;  il a préféré se retirer avec dignité.
(Randolph Scott et Catherine Craig)

La descente tragique

Il appartient à la dynastie des derniers des cow-boys « classiques », comme John Wayne, Gary Cooper ou encore Charlton Heston : un physique avenant, une silhouette imposante (1m91), une sveltesse et une élégance qui lui ont valu d’être surnommé « le gentleman de Virginie »… Il avait un autre surnom moins reluisant : « Visage de pierre », dû au manque d’expression de son visage… Il incarne souvent des justiciers cultivés et réfléchis.

 Joan Weldon randolph scott

Le cavalier traqué

Colt 45Randolph Scott part, en trichant sur son âge, participer en France aux combats de la 1ère Guerre Mondiale, puis, à son retour, des amis lui présentent Howard Hugues ; la passion qu’à Randy pour l’équitation lui coûte cher et il accepte de tourner dans un nombre impressionnant de séries B… il montera à cheval jusqu’à son dernier jour.

La dernière ronde (1934)

Ses premières apparitions remontent à 1928, dans des comédies où il sert de faire-valoir à Shirley Temple. Très vite des westerns, en 1929, beaucoup de séries B, il apprend à Gary Cooper, alors débutant, à attraper l’accent du sud pour Le Virginien, dans lequel il a un tout petit rôle, et joue dans les premiers films d’Henry Hathaway adaptés de Zane Grey pour la Paramount : Heritage of the desert (1932) puis Wild horse Mesa (1932), Sunset Pass  (1933)Man of the forest (33), La dernière ronde (The last round-up) (1934) et The thundering herd, où il est un chasseur de bisons moustachu et enfin To the last man (1933). Encore deux autre Zane Grey, le premier signé Charles Barton, Wagon wheels (1934) et Artur Jacobson : Home on the range en 1935.

le courrier de l'or - Randolph Scott-Virginia Mayo

Après Rocky mountain mystery (35) et un second rôle dans Roses de sang (So red the Rose) (35) sur la guerre Civile, il est la vedette de Sagamore le Mohican en 1936  et La furie de l’or noir (37); puis La ruée sauvage (38) et un 3e rôle dans Le brigand bien-aimé, en 1939, avec Tyrone Power, sur l’histoire des frères James, Frontier Marshal (l’histoire d’OK Corral, il interprète Wyatt Earp), et une autre sur les frères Dalton, Les Dalton arrivent en 1940, après avoir été en vedette de Susannah of the Mounties.

LE CAVALIER TRAQUE Randolph Scott

Dans Les pionniers de la Western Union (1940), son premier rôle important dans un western, il campe un aventurier veillant sur le troupeau qui suit les poseurs de la ligne de télégraphe transcontinental.

LES ECUMEURS

LES ECUMEURS

C’est avec Michael Curtiz qu’il se révèle, entre Errol Flynn et Humphrey Bogart, dans La caravane héroique en 1940.
Cette année-là, Scott a déjà tourné 42 films, dont de nombreux petits westerns de série. Il joue le bandit confédéré ami de Belle Star (Gene Tierney) dans La reine des rebelles en 1941.

Le cavalier de la mort

Ses rôles s’étoffent. Il donne la réplique à John Wayne dans Les écumeurs en 1942, Claire Trevor dans Les desperados (The desperadoes) de Charles Vidor en 43, à Bruce Cabot dans La vallée maudite en 1947, James Warren dans Bad man’s Territory (La ville des sans-loi) (1946). Et tourne un western musical sur la ruée vers l’or au Canada, Belle of the Yukon (1944)…
Quatre réalisateurs vont en faire une grande star dans les années 40-50 : Edwin L. Marin, Ray Enright, André de Toth et Budd Boetticher.
Edwin L. Marin le dirige dans 9 films dont 7 westerns : Canadian Pacific… Abilene town (46) et  Colt .45 ... L’Homme de Kansas City (Fighting man of the plains) (1949), La piste des caribous (50)… La furie du Texas (51) et Sugarfoot (Swirl of glory) (1951)…
Puis Ray Enright dans cinq films, où il est en vedette : Ton heure a sonné (Coroner creek) (1948) puis Du sang sur la piste en 47, La descente tragique en 48. Ray Enright sculpte, avant De Toth et Boetticher, l’image du cow-boy solitaire au visage buriné, au passé flou et aux motifs secrets, comme seul savait les incarner Randolph Scott… avant Clint Eastwood.

Face au châtiment

Dans Far West 89, en 1948, il est le chef de la police qui traque des bandits dont Sundance kid (Robert Ryan). Il joue dans le premier western de John Sturges : Les aventuriers du désert (1949) puis Gordon Douglas le dirige dans deux westerns : Face au châtiment (49) où il joue le pilleur de banques Bill Doolin, avant L’homme du Nevada (1950). En 1951, c’est La bagarre de Santa Fe d’Irving Pichel.

Donna Reed, Randolph Scott

Donna Reed, Randolph Scott
Le relais de l’or maudit

Le Hongrois en exil André de Toth reprend l’image du cowboy solitaire dans six films dont Les conquérants de Carson City en 1952, où Scott affronte Raymond Massey, redoutable chef de bandits, Le cavalier de la mort (Man in The Saddle) (1951), Les massacreurs du Kansas (53).

en bandit, dans Face au châtiment (1949)

La même année Roy Huggins le fait jouer dans Le relais de l’or maudit, où il joue un bandit confédéré, puis, De Toth à nouveau, dans trois westerns : Terreur à l’Ouest (54), La trahison du capitaine Porter et Le cavalier traqué, il est un convoyeur de diligences luttant contre des hors-la-loi.

C’est en 1955 un courageux shérif dans Ville sans loi puis un vengeur implacable dans Dix hommes à abattre de Bruce Humberstone, suivent Le vengeur (57), La furieuse chevauchée de Lesley Selander. Puis Les rôdeurs de l’aubeLa mission du capitaine Benson
Randy a commencé à produire la plupart de ses films. Il entame une collaboration fructueuse avec Budd Boetticher (les 7 films du cycle ‘Ranown’), parmi lesquels ses meilleurs westerns, et les plus originaux en tout cas, fruits du travail de plusieurs talents : scénarios de Burt Kennedy, des acteurs récurrents (Lee Marvin, Richard Boone, Claude Akins, Karen Steele), le tout filmé dans des extérieurs grandioses. C’est John Wayne qui avait conseillé à Boetticher d’engager Scott…

Edgar Buchanan-randolph scott -

Ton heure a sonné

On retrouve souvent le même type d’intrigue avec une partie en huis-clos : un groupe d’homme, avec une femme, se retrouvent dans un lieu avec un danger extérieur (des bandits, des Indiens). Kennedy et Boetticher font alors bouillir la marmite ;  comme John Ford, ils montrent que le statut social et l’apparence ne reflétent pas l’intérieur de la personne, le danger et la tension qu’il crée révèle la véritable personnalité des êtres… L’habit ne fait pas le moine : Sept hommes à abattre (7 hommes restent à tuer) (1956), L’homme de l’Arizona (57), un des meilleurs, et L’aventurier du Texas (1958), puis Le courrier de l’or (59) sur le thème de l’acheminement de l’or lors de la guerre de Sécession.

Il interprète un vétéran de la guerre de Sécession qui recherche le meurtrier de sa femme dans Le vengeur agit au crépuscule (Decision at sundown) (1957), puis un ancien shérif voulant venger le meurtre de sa femme et traquant le responsable (Lee Van Cleef) dans La chevauchée de la vengeance (=Le vengeur solitaire en 1959) : il escorte le frère de ce dernier (James Best), qui est aussi un tueur, avec deux acolytes -dont James Coburn-, et tout ce petit monde se réfugie dans une cabane où se trouve un groupe dont Karen Steele, attaqués par des Indiens…

by Didgiv

Le vengeur… by Didgiv

Enfin, et peut-être le meilleur de tous, Comanche station, il campe le parfait poor lonesome cow-boy, qui ramène une femme, que les Apaches ont libérée, vers son mari qui a promis une prime, un chasseur de primes brutal (excellent Claude Akins) veut la tuer pour toucher la prime…

avec son ami Cary Grant

avec son ami Cary Grant

Son chant du cygne est celui du shérif vieillissant convoyant de l’or  d’une mine, engagé par une vieille connaissance, Joel McCrea dans Coups de feu dans la Sierra, de Sam Peckinpah (1962) ; il va trahir son vieux copain et voler l’or… Son image vole en éclats. Les héros ne sont décidément plus ce qu’ils étaient !

Surnom. Scott était surnommé Le gentleman de Virginie, par rapport à son état natal, et Visage de pierre, à cause de son visage buriné et rigide, peu expressif.
Un autre de ses surnoms était le Gary Cooper du pauvre, à cause des nombreuses séries B qu’il a tournées.

 

article de Didier Givannel

Un de mes articles dans les années 90 pour la presse TV 

Les aventuriers du désert : premier western de John Sturges en 1949

♦ Le courrier de l’or :

Sugarfoot (1951)

La trahison du Capitaine Porter :

Dix hommes à abattre (en entier) :

La mission du capitaine Benson

Rocky mountain mystery en entier


Ténébreux et solitaire...

Coups de feu dans la Sierra-Randolph Scott-Joel McCrea

Randolph Scott by FCARLOS

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