Soleil rouge (Sole rosso/Red sun) / Toshiro Mifune

Soleil rouge (Sole rosso/Red sun)
Western franco-italien de Terence Young (1971) ***

Soleil Rouge

Scénario : Laird Koenig, Denne Bart Petitclerc, William Roberts, Lawrence Roman d’après le roman de William Terry (collection « Série Noire » de Gallimard) – Musique : Maurice Jarre-Photo : Henri Alekan

Durée : 109 mn

Ursula Andress, Charles Bronson Soleil rouge
Avec Charles Bronson : Link
Toshiro Mifune : Kuroda
Ursula Andress : Cristina
Alain Delon : Gotch
Capucine : Pepita
Barta Barri : Paco
Guido Lollobrigida : Mace
Anthony Dawson : Hyatt
Gianni Medici : Miguel
Monica Randall : Maria
Luc Merenda : Chato
Florencio Amarilla : un homme

Charles Bronson, Capucine

Années 1870, dans l’Ouest et au Mexique, l’ambassadeur du Japon voyage en train, accompagné de deux samourais ; quand soudain une bande de bandits dirigés par Link et son second Gotch arrêtent le train pour s’emparer d’un chargement d’or dans le wagon postal. Gotch trahit Link et tente de le tuer.

Soleil Rouge Ursula Andress

cinerevue 1971

Puis, il vole aussi un vieux sabre japonais que le Samouraï venait offrir, de la part de son empereur, au Président américain à Washington. Kuroda, le seul survivant parmi les samourais qui escortaient l’ambassadeur, trouve Link et le soigne. Link va monter une association avec le samourai : retrouver Gotch…

Soleil Rouge (2)

Télé 7 jours années 1980

Kuroda pourra ainsi récupérer son sabre, mais aussi tuer Link qui a tué son compagnon samourai dans le train… et Gotch l’or que Link a volé.

Kuroda le prévient que si dans sept jours ils n’ont pas retrouvé le bandit, il se suicidera et tuera Gotch…
Dans un petit village mexicain, ils retrouvent Cristina, la fiancée de Gotch, ils la prennent en otage…
Les trois hommes vont se retrouver dans un champ de bambous, attaqués par des Comanches…

Charles Bronson by Didgiv

Charles Bronson by Didgiv

Sortant des sentiers battus, ce western inclassable et baroque est un western-spaghetti, puiqu’il est franco-italien, les scènes d’extérieur ont été tournées près d’Alméria en Espagne (où se trouve un village du Far West reconstitué), mais les personnages ne sont pas aussi caricaturaux que ceux dépeints par Leone ou Corbucci et la violence moins crue.

Le réalisateur est américain utilise le concept « un samourai au Far West », qu’on retrouvera dans La brute, le colt et le karaté, et joue avec une certaine finesse sur les contrastes entre les personnages joués par Charles Bronson, l’aventurier américain sans foi ni loi et Toshiro Mifune, le garde du corps du samourai avec son code l’honneur. Il y aussi le thème de la trahison, comme Coups de feu dans la Sierra de Peckinpah (où Randolph Scott trahissait son ami Joel McCrea).

Un brin d’érotisme avec Ursula Andress, Capucine et Monica Randall dans une scène très suggestive (avec Toshiro Mifune !), la présence d’Alain Delon, plein de fougue, complète cette appétissante brochette d’acteurs… très beau règlement de comptes final dans un champ de bambous avec une attaque d’Indiens.
La très belle photographie d’Henri Alekan et le superbe leitmotiv musical lancinant, signé Maurice Jarre, font beaucoup dans la réussite de ce film, la mise en scène de Terence Young est aussi excellente.
Gros succès en Europe et au Japon, mais pas aux USA.

Monica Randall

Ursula Andress (drawing by Didgiv)

superbes images d’Henri Alekan


Toshiro Mifune (1-4-1920/24-12-1997)

L’Occident a découvert le plus célèbre de tous les acteurs japonais (né en Chine), Toshiro Mifune, avec les films de Kurosawa et le feuilleton SHOGUN, dans les années 80.

Cette star internationale a aussi tourné dans un western souvent diffusé à la télévision française à la même époque, Soleil rouge de Terence Young (1971).
Il y incarnait un samouraï à la recherche du sabre d’or qu’un malfrat (Alain Delon) a volé. Ce dernier a aussi trahi un de ses complices (Charles Bronson), qui va aider le noble samouraï à retrouver l’objet perdu.
Le scénario joue beaucoup sur l’opposition entre le rigide samouraï, avec ses principes, face aux hors-la-loi bourru incarné par Bronson.
C’est la rencontre de deux mondes. Mifune se souvenait du tournage :

« En tournant SOLEIL ROUGE, nous avions, mes partenaires et moi, des rapports curieux. Je trouvais Ursula Andress très belle, très courageuse.
Un jour, elle s’était blessée à la main et a continué à travailler comme si elle n’avait rien ressenti malgré sa souffrance. (1) Avec Alain Delon, j’ai entretenu des rapports courtois. Ce fut plus difficile avec Charles Bronson. C’est un homme peu commode, taciturne. Notre premier contact ressembla au duel que nous devions avoir dans le film.

Au moment où il montait à cheval, par le pied gauche, comme le font les cowboys, il me vit faire la même chose du pied droit et se tournant vers Terence Young, il lui demande : « Qu’est-ce que c’est que ce gugusse ? »… Bronson ignorait que c’était la façon de monter des samouraïs. Dès qu’il me vit galoper, il révisa son jugement ».

avec Charles Bronson

Les évadés de la planète des singes (Escape from the Planet of the Apes) / Sal Mineo / Natalie Trundy

Les évadés de la planète des singes (Escape from the Planet of the Apes)
de Don Taylor (1971) **

Deux chimpanzés qui parlent atterrissent sur une base spatiale américaine. Un homme croit qu’ils peuvent constituer une menace pour l’humanité…

Avec Roddy McDowall, Kim Hunter, Bradford Dillman, Natalie Trundy, Eric Braeden, Sal Mineo, Albert Salmi, Ricardo Montalban

Roddy McDowall, qui n’avait qu’un second rôle dans les deux films précédents de 1968 et 1970, est ici la vedette. Charlton Heston et Linda Harrison ont disparu de la distribution, mais Jerry Goldsmith revient aux mannettes de la musique (il avait signé la partition du premier opus). Suivi de La conquête de la Planète des singes en 1972 et La bataille de la Planète des singes (73), du remake La planète des singes de Tim Burton en 2001 et des préquelles La Planète des singes : les origines (2011) et La Planète des singes : l’affrontement (2014), un nouveau film sortira en 2016.
Le film eut un budget de 2 millions de dollars et rapporta 20 millions. Il est considéré comme une des meilleures suite de la saga.
Les 9 acteurs qui ont joué le même personnage dans plus d’un film de la saga originale : Natalie Trundy, Charlton Heston, Roddy McDowall, Kim Hunter, Maurice Evans, Linda Harrison, Ricardo Montalban, Severn Darden, John Randolph. Seule Linda Harrison est encore vivante.


Sal Mineo (10-1-1939/12-2-1976)

Sal Mineo est devenu une vedette avec le rôle du teenager ami de James Dean dans LA FUREUR DE VIVRE en 1954, il reçoit pour ce rôle étonnant une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle…

Lui qui s’inscrivit à une école d’acteurs pour échapper à la maison de redressement va symboliser toute une jeunesse rebelle des années 50, avec James Dean et Natalie Wood. Il retrouve Jimmy Dean, dans Geant en 1955, avec Rock Hudson, puis enregistre plusieurs titres de rock’n’roll à la fin des années 50. Il est une des premières stars à déclarer courageusement son homosexualité dans l’Amérique puritaine des années 60. Il aura une fin tragique : il est assassiné en février 1976 par un toxicomane, alors qu’il rentre chez lui, à West Hollywood…

Il a aussi joué dans cinq pièces de théâtre, entre 1951 et 1969.

Un des Cheyennes de John Ford
On l’a vu dans deux westerns : il est l’un des deux assassins que Robert Horton doit conduire à un Fort dans Un nommé Kiowa Jones (1966), très bon téléfilm d’Alex March.
Dans Les Cheyennes, de John Ford, il joue avec talent le jeune Cheyenne belliqueux qui ne veut pas se résigner, comme les anciens de sa tribu, à accepter la loi du gouvernement américain. Il est tué la fin par un Ancien, qui veut éviter qu’un massacre n’ait lieu.

Autres films :
LES EVADES DE LA PLANETE DES SINGES (1971)

Sal Mineo


Décès de Natalie Trundy (1940-2019)

Actrice dans quatre films de la saga LA PLANETE DES SINGES, elle apparait dans BENEATH THE PLANET OF THE APES (1970) puis joue le docteur Branton dans ESCAPE OF THE PLANET OF THE APES et le chimpanzé Lisa qui veut épouser Cornelius dans CONQUEST OF THE PLANET OF THE APES et BATTLE FOR THE PLANET OF THE APES.
On la vit aussi dans des westerns Walk like a dragon (1960) et plusieurs séries du même genre dont Pony express et Bonanza.

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Sue Lyon / Four rode out (Règlement de comptes à New Mexico)

Décès de SUE LYON (1946-2019)

Sue Lyon

(Cinemonde 1965)

C’est l’éternelle LOLITA de Stanely Kubrick (1962), elle avait 15 ans quand sortit ce film sulfureux inspiré d’un roman de Nabokov, elle tourna ensuite LA NUIT DE L’IGUANE, FRONTIERE CHINOISE de John Ford, TONY ROME EST DANGEREUX, le western Four rode out (1970) avec Pernell Roberts, et dans un épisode du Virginien la même année. Elle souffrait de trouble bipolaire.

Sue Lyon

(Cinerevue 1967)


Four rode out (Règlement de comptes à New Mexico)- Hispano-américain de John Peyser (1970) *

Un marshall recherche un bandit mexicain accusé d’avoir tué le père de sa fiancée…
Avec Sue Lyon, Pernell Roberts, Julian Mateos, Leslie Nielsen, Julian Mateos, Maria Martin, Leonard Bell, John Clark, Neil Wright, Albert Salmi


Seul western en vedette de Pernell Roberts (Bonanza), qui donne la réplique à Sue Lyon, rendue célèbre par le rôle sulfureux de Lolita en 1962.
Tourné à Alméria en Espagne.
Chanson du générique très folk par Janis Ian.

Claudine Auger / La baie sanglante (Reazione a catena)

Décès de Claudine Auger (1941-2019)

Claudine Auger (Cinerevue 1969)Miss Cinémonde 1957 puis première dauphine de Miss Monde 1958, révélée par LE MASQUE DE FER de Henri Decoin, elle fut la première James Bond girl française dans OPERATION TONNERRE en 1965… et sans doute l’une des plus jolies. Elle avait remporté le casting devant notamment Raquel Welch, Faye Dunaway et Julie Christie.
Sa carrière se fera ensuite surtout en Italie. On la voit dans de nombreux films d’action ou polars, comme LE BATARD (1968), avec Rita Hayworth et Giuliano Gemma.

Elle est en 1971 la vedette de deux gialli (films de suspense italiens) : le thriller devenu culte (ayant influencé les films d’horreur comme VENDREDI 13) LA BAIE SANGLANTE, de Mario Bava. Et LA TARENTULE AU VENTRE NOIR.

Claudine Auger

Claudine Auger

(Cinerevue 1967)

Claudine Auger

(Cinerevue 1969)

Claudine Auger (2)

(Cinerevue 1969)

Claudine Auger

(Cinemonde 1965)

Claudine Auger

(Cinerevue 1974)

Claudine Auger

(Cinemonde 1965)

Claudine Auger

(Cinerevue 1968)

Claudine Auger et Martine Beswick (Cinemonde 1965)

Giuliano Gemma Claudine Auger (cinérevue avril 1969)

Claudine Auger

(Cinémonde mai 1965)

Claudine Auger

(1-12-1966) Ciné revue

Claudine Auger

séance coiffure sur le tournage du Bâtard

claudine auger"

claudine auger


La baie sanglante (Reazione a catena) (Twitch of the death nerve)
Italien de Mario Bava (1971) ***

Un assassin tue la vieille comtesse Frédérica et son mari. Plusieurs personnes débarquent dans la baie pour enquêter ou tourner autour de l’héritage de la défunte…


Avec Claudine Auger, Luigi Pistilli, Claudio Camaso, Anna Maria Rosati, Chris Avram, Laura Betti, Brigitte Skay, Isa Miranda, Frank Latimore

A ne pas confondre avec La baie sanglante 2 (1970) du même Mario Bava. C’est le réalisateur qui  a créé (en 1962) et donné ses lettres de noblesse au giallo. Dans cette « réaction en chaine » (titre original), il montre successivement 13 meurtres (pendaison, décapitation, empalement…), filmés avec maestria et décrit un nouveau chapitre dans l’histoire du genre : celui du slasher movie, où l’on voit un ou des tueurs s’en prendre à tous ceux qu’il(s) rencontre(nt), comme VENDREDI 13, inspiré de ce film.

Un pas de plus vers la violence, le film de Bava renouvelle néanmoins avec efficacité le genre qui commençait à être en perte de vitesse. De nombreux acteurs au générique font leur premier pas dans le giallo : la Française Claudine Auger -que Paolo Cavara utilisera en 1971 dans un autre giallo, LA TARENTULE AU VENTRE NOIR-, l’Allemande Brigitte Skay, la grande Isa Miranda et même Frank Latimore, célèbre jeune premier romantique du cinéma américain des années 1940…  LA BAIE SANGLANTE donne un coup de fouet au giallo, qui va connaitre, au milieu des années 1970, son apothéose. Il fut en compétition au festival d’Avoriaz en 1973.

Claudine Auger, Luigi Pistilli

Anna Maria Rosati

Brigitte Skay

Anna Karina / Carlos (téléfilm)

Décès de Anna Karina (1940-2019)

C’est l’histoire d’une jeune Danoise qui arrive à Paris, rencontre Coco Chanel et Pierre Cardin, devient top-model puis actrice, elle sera une égérie de la Nouvelle-Vague. Du PETIT SOLDAT à VICTORIA en 2008, elle aura joué dans une soixantaine de films, dont de nombreux Godard, qui la dirigera dans ce qui est sans doute un de ses meilleurs rôles, celui de la Parisienne Nana Kleinfrankenheim dans VIVRE SA VIE (1962).
En 1967, Gainsbourg écrit son seul film musical, ANNA. Elle chante aussi dans UNE FEMME EST UNE FEMME et dans PIERROT LE FOU

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Avec Bebel


Un western dans sa filmographie :

Carlos (1971) western allemand de Hans W. Geissendörfer

Avec Bernhard Wicki, Gottfried John, Anna Karina, Geraldine Chaplin, Horst Frank, Thomas Hunter

Un petite curiosité que ce western germanique tourné pour le cinéma mais sorti seulement sur petit écran, à une époque où le western européen, après la vague des Winnetou et des westerns spaghetti et paella, poursuit tranquillement son essor… en ce début des seventies.
Schiller en mode western
Il transpose l’histoire du Don Carlos de Schiller (Espagne du XVIIe s.) dans les USA de 1915. Tournage en Israël à Eilat (des acteurs israëliens figurent au générique) et (sans doute mais à vérifier) à Alméria. Des problèmes de tournage et de contrats font qu’il n’ pas pu sortir en salles.

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Lutte des classes
L’histoire : 1915, avec un groupe de révolutionnaires, Carlos va affronter son père, un despote qui maltraite les ouvriers de sa Mine.
La lutte des classes, objet des western-Zapata (version teutonne ici !), qui utilisaient à cette époque la Révolution mexicaine pour faire passer les idées de réalisateurs marxistes.