Paul Newman / Le gaucher (The left handed gun) / Le plus sauvage d’entre tous (Hud)


Paul Newman 
(26-1-1925/26-9-2008)

dessin de Didgiv (Exodus)

Avec  Marlon Brando, Paul Newman est un des grands sex-symbols des années 60 et 70. Il fait partie de ceux qui ont repris la place laissée libre par James Dean à sa mort.
Ses interprétations de Rocky Graziano le boxeur ou de Billy Le Kid restent à jamais gravées dans les mémoires

Comme Jimmy Dean, il incarne des rebelles dès ses premiers films, MARQUE PAR LA HAINE ou Le gaucher, d’Arthur Penn, qui en a fait une superstar en 1958 : il est Billy le Kid dans une vision sombre et réaliste le montrant comme un être torturé, seul et perdu, idéaliste assoiffé de vengeance dans un univers hostile.

Dans le méconnu L’Outrage de Martin Ritt en 64, on le découvre dans la peau d’un bandit mexicain accusé de meurtre et viol… Puis pour Hombre, il est cette fois un métis qui a été élevé par les Apaches et s’embarque dans un voyage en diligence. Des hors-la-loi sous la coupe d’un des passagers (Richard Boone), les attaquent…

Paul Newman by didgiv

dans Le gaucher – dessin de Didgiv

Le personnage qu’il campe clame un plaidoyer en faveur des Indiens enfermés dans les réserves.

Un des personnages qui a fait exploser sa popularité dans les années 60 et 70 est celui d’une autre figure de l’Ouest, Butch Cassidy et le Kid (1969), film dont il est co-producteur exécutif, et où il créé à l’écran, avec son partenaire Robert Reford, une nouvelle forme de complicité masculine, pleine de tendresse et d’humour (qu’on retrouvera dans L’ARNAQUE (1973).

dessin de Didgiv

C’est un succès international sans précédent ! Même dans des rôles de dur ou de méchant, il rencontre la sympathie du public, comme celui de l’éleveur brutal et bagarreur en conflit avec son père du Plus sauvage d’entre tous, ou du cowboy en tandem avec Lee Marvin dans Les indésirables (1972).

dessin de Didgiv

Butch Cassidy… dessin de Didgiv

Tout au long des années 60-70, il caracole dans la tête du box-office ; dans les années 70, Newman va tourner deux autres westerns originaux. Le premier,  Juge et hors-la-loi, en 1972, il y incarne un juge Roy Bean haut en couleurs. Auteur de nombreux méfaits, il s’installe un jour dans une ville où il abat des voyous qui l’ont pris à partie. Il se proclame juge et choisit de délivrer ses verdict dans un tribunal… qui est le saloon de la ville ! Ses condamnations vont être sévères et sans appel, et promptement exécutées…

dessin de Didgiv

L’arnaque-dessin de Didgiv

Puis c’est Buffalo Bill, barbe et cheveux longs, dans Buffalo Bill et les Indiens en 1976. Gros budget (6 millions de dollars), le film n’est pas un succès comme les autres longs-métrages précédents de Newman. Il montre le spectacle qu’a monté Buffalo Bill dans les années 1880, avec Annie Oakley la reine du tir et le chef indien Sitting Bull parmi ses numéros.

Buffalo Bill… dessin de Didgiv

Ce dernier est mécontent de la façon dont les Indiens sont représentés dans le spectacle.

dessin de Didgiv

Paul Newman a aussi joué dans deux bons films catastrophes des années 70 (LA TOUR INFERNALE et LE JOUR DE LA FIN DU MONDE) et a reçu un Oscar en 1987 pour LA COULEUR DE l’ARGENT.
Il a en outre réalisé six fictions dont RACHEL, RACHEL en 1968 qui lui a valu un Golden Globe du meilleur réalisateur.

Polars :
DETECTIVE PRIVE (1966)
L’ARNAQUE (1973)
LA TOILE d’ARAIGNEE (1975)
LE POLICEMAN (1981)

Pocket Money -cinérevue

avec Joanne Woodward

♦ Juge et hors-la-loi

♥ Les indésirables :

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Le gaucher (The left handed-gun) de Arthur Penn (1958) ***

Scénario : Leslie Stevens d’après la pièce de Gore Vidal
Photo : Peverell Marley-Musique : Alexander Courage

Paul Newman by didgiv

dessin de Didgiv

Avec Paul Newman : Billy le Kid
Lita Milan : Celsa
John Dehner : Pat Garrett
Hurd Hatfield : Moultrie
James Congdon : Charlie Boudre
James Best : Tom Folliard
Wally Brown : Moon
Et Colin Keth-Johnston, John Dierkes, Robert Anderson, Nesotr Paiva, Lane Chandler, Martin Garralaga, Denver Pyle.

1880. William Bonney, as de la gâchette, est engagé par Turnstall, propriétaire de bétail. Turnstall, qui ne porte jamais d’arme sur lui pour éviter les conflits, est assassiné par le shérif de Lincoln et ses complices, pour empêcher son bétail d’arriver à Lincoln. Billy ne songe désormais qu’à venger son patron.
Deux des assassins dont le shérif sont tués par Billy, accompagné de son copain le cowboy Tom, Billy prend la fuite. Billy, blessé, trouve refuge dans un village où vit son ami Pat Garrett, Tom et un autre cowboy, Charlie, le rejoignent.
Il refuse une amnistie du gouverneur pour faire cesser la guerre des éleveurs et poursuit sa vengeance, c’est Charly qui tue le troisième, Moon. Leur tête mise à prix par le gouvernement, Billy, Charly et Tom assistent au mariage de Pat Garrett, Billy tue le quatrième homme ce jour-là, cet assassinat provoque l’ire de Garrett, qui décide de les pourchasser. Tom et Charly sont tués, Billy emprisonné condamné à être pendu. Il s’évade, tuant deux adjoints du shérif, Garrett le retrouve finalement et l’abat.

cinérevue

Pour son premier film, d’après la pièce de Gore Vidal, Arthur Penn propose une relecture psychanalytique et plus réaliste du mythe Billy Le Kid, qui rappelle, avec son Noir et Blanc, les premiers westerns psychologiques des annnées 40, et reflète une vision sombre et réaliste.  Il aussi comporte des références bibliques, comme dans les westerns de John Ford.

C’est un des premiers grands films en vedette de Paul Newman, considéré à l’époque comme le nouveau Brando : comme lui et comme Mitchum, il apporte et impose un jeu décontracté, sûr de lui, individualiste.

Le film montre le Kid comme un homme seul et perdu, un rebelle dans un monde qui lui est hostile et étranger : il n’a pas de maison, pas de but, il va où il veut aller. Il est devenu un meurtrier quand il vengea la mort de sa mère, à l’âge de 9 ans, son père est mort avant qu’il soit né. Il a un grand sens de l’honneur et de l’amitié, il est inculte et ne sait pas lire. C’est un idéaliste qui ne vit que dans l’action, il poursuit ses objectifs avec une détermination absolue que ce soit tuer ses ennemis ou gagner le coeur de celle qu’il aime.
Dans ce film, il venge la mort de celui qui incarnait une figure paternelle pour lui, l’éleveur qui lui avait offert un travail et l’avait pris sous son aile. Pat Garrett tente de le raisonner, mais une fois devenu shérif, va être contraint de l’affronter. Le film montre que la vraie justice peut se trouver du côté de ceux que l’on désigne comme des hors-la-loi.

James Best, Paul Newman, Lita Milan

Il y a une influence directe des portraits de rebelles brossés dans les années 50 au cinéma, comme LA FUREUR DE VIVRE.

Gore Vidal n’aima pourtant pas cette version, et lui préféra son remake, le téléfilm Billy the kid  en 1990.
Petite erreur historique, grosse plutôt puisqu’elle est dans le titre : Billy le Kid était en fait droitier, selon la plupart des historiens.


Le plus sauvage d’entre tous (Hud)
De Martin Ritt (1963) ***

Scénario : Irving ravetch et Harriet Frank Jr. d’après un roman de Larry McMurty
Musique : Elmer Bernstein

Avec Paul Newman : Hud Bannon
Melvyn Douglas : Homer 
Patricia Neal : Alma Brown
Brandon de Wilde : Lonnie Bannon
Whit Bissel : Mr Burris
Val Avery : Jose
Et Crahan Denton, John Ashley.

Au Texas, un vieux rancher (Melvyn Douglas) est en conflit avec son fils (Paul Newman) qui ne s’intéresse qu’aux femmes, à la boisson et aux bagarres.
Éleveur de bétail, Homer Bannon est secondé dans sont travail par Alma, le vieil homme ne s’est pas remis de la disparition tragique de son fils aîné, dont il élève l’enfant. Il est en conflit avec Hud, son cadet, qui ne pense qu’aux conquêtes, à l’alcool et à la vitesse. Quand le troupeau semble subir par une épidémie, Hud tente de convaincre son père de le vendre avant les résultats de l’enquête vétérinaire.

Comme LES DESAXESGEANT, SEULS SONT LES INDOMPTES, JUNIOR BONNER ou LE SOUFFLE DE LA TEMPETE –entre autres-, on a l’impression d’être dans un western, sauf que les éleveurs de bétail et les cow-boys roulent dans des voitures… mais après tout, on voyait déjà des avions dans les westerns de Gene Autry et des voitures dans Le dernier des géants avec John Wayne…

C’est un film plein de mélancolie analysant le choc des générations et qui dépeint la fin de l’Ouest ancien et traditionnel (valeurs incarnées par le père de Hud), en confrontation avec les jeunes générations. L’utilisation du Noir et Blanc renforce le côté authentique. A voir.

Sept nominations aux Oscars, un Oscar de la meilleure actrice pour Patricia Neal (ancienne maîtresse de Gary Cooper) et Oscar du meilleur second rôle masculin pour l’interprétation saisissante de Melvyn Douglas.
Paul Newman ne remporte pas l’Oscar cette année-là, c’est Sidney Poitier pour LE LYS DANS LA VALLEE.

Bradford Dillman

Décès de Bradford Dillman (1930-2018)

Il incarna François d’Assise dans François d’Assise de Michael Curtiz en 1961. Bradford Dillman fut surtout un second rôle notamment dans des westerns, les séries La grande Caravane, La grande Vallée, Les mystères de l’Ouest, Le Virginien, Bonanza, La conquête de l’Ouest (1979), les films Les fusils du Far-West, avec Don Murray, et The legend of walks far woman (1982) avec Raquel Welch ; c’est l’assassin de Lincoln dans The Lincoln Conspiracy (1977) et le héros du polar italien Un fiocco nero per Deborah avec Marina Malfatti et du film d’horreur PIRANHAS. Enfin, il joue dans LES EVADES DE LA PLANETE DES SINGES en 1971 et donne la réplique à Clint Eastwood dans L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS et SUDDEN IMPACT (1983).


 

Dorothy Malone / La furieuse chevauchée (Tall man riding)

Décès de DOROTHY MALONE (30-1-1925/2018)

Née à Chicago mais ayant passé sa jeunesse au Texas, Dorothy Malone signe un contrat avec la RKO puis Warner Bros, elle a commencé à jouer dans des comédies et mélodrames.

Elle est remarquable en nymphomane dans le film noir LE GRAND SOMMEIL (1946) avec Humphrey Bogart et dans le mélo ECRIT SUR DU VENT en 1956, pour lequel elle reçoit un Oscar, ou en alcoolique dans UNE FEMME MARQUEE (1958).
Dorothy Malone affiche aussi pas mal de westerns au compteur, beaucoup de séries B, mais quelques-uns plus ambitieux, comme L’Homme aux colts d’or en 1958.
Ou encore dans la peau de Belle, l’adolescente dont tombe amoureux Kirk Douglas, dans El Perdido, en 1961, il s’agit en réalité de sa fille, ce western abordait le thème de l’inceste ; Lauren Bacall, amie du producteur du film –Kirk Douglas– avait refusé de l’interpréter…

Richard Widmark, Dorothy Malone

Richard Widmark, Dorothy Malone
WARLOCK

Dorothy Malone a aussi joué dans Les chevaliers du Texas (1949) de Ray Enright, La fille du désert (1949), puis :

L’Homme du Nevada (1950)… Saddle legion (51)… Les série B Quand la poudre parle (Cinq jours de terreur) (1953) de Nathan Juran,  Jack Slade le damné (1953), Les brigands de l’Arizona (1954), La furieuse chevauchée (1955) de Lesley Selander.
Le doigt sur la gâchette (1955), Cinq fusils à l’Ouest (55) de Roger Corman, Les piliers du ciel (56) de George Marshall, Tension à Rock City (56), Quantez, Leur Dernier Repaire (1957) de Harry Keller avec Fred MacMurray.

Elle a terminé avec les série Cimarron city (58) et Les aventuriers du Far West (61), son dernier film, en 1992, sera le thriller BASIC INSTINCT avec Sharon Stone.

El Perdido tournage (Kirk Douglas, Dorothy Malone)

El Perdido tournage (cinerevue)

 

Dorothy Malone

cinerevue 1975

Dorothy Malon

ciné revue 1968

 


La furieuse chevauchée (Tall man riding) (1955) *

De Lesley Selander
Scénario : Joseph Hoffman, Norman A. Fox (d’après son roman)

Avec Randolph Scott (Larry Madden), Dorothy Malone (Corinna), Peggie Castle (Reva), William Ching (Rex), John Baragrey (Cibo), Robert Barrat (Tucker). Et John Dehner, Paul Richards, Lane Chandler, Buddy Roosevelt, Cap Somers, Dub Taylor.

1892 dans le Montana. Larry Madden revient à Little River pour se venger du riche éleveur Tucker Oway, qui l’humilia il y a des années en le fouettant en public, pour l’éloigner de sa fille Corinna. En arrivant vers la ville, il prend la défense d’un homme attaqué par des bandits, un des hors-la-loi est tué. Larry apprend que celui qu’il a sauvé est Rex, l’époux de Corinna, il le conduit au ranch de son ennemi…

Randolph Scott

Une histoire banale de vengeance sur fond de lutte entre colons et ranchers, une série B à petit budget donc de bonne facture, malgré un scénario un peu complexe. Lesley Selander est un honnête artisan du genre, mais il n’a pas toujours l’efficacité ou le génie d’un Budd Boetticher ou d’un Ray Enright.
De bons seconds rôles malgré tout, dont John Dehner, qui joue l’avocat ripoux, et deux vedettes féminines habituées du genre –Dorothy Malone et Peggie Castle– partagent l’affiche avec l’impeccable Randolph Scott, celui qu’on surnommait à Hollywood le «Gary Cooper du pauvre», pour le nombre de série B qu’il a tournées, celle-ci n’est pas du meilleur cru.

 * Randolph Scott règle ses comptes…

* Dorothy Malone et Robert Barrat :
Dorothy Malone, Robert Barrat, Der Teufel im Sattel

plaquette originale – disponible à riowestern@outlook.fr

Randolph Scott – dessin de Didgiv

Jean Porter (Jean Dmytryk) / San Fernando Valley

Décès de Jean Porter (1922-2018)

 

Texane qui fut mariée au cinéaste Edward Dmytryk, qu’elle rencontra sur le tournage de TILL THE END OF TIME en 1946, elle tournera surtout pour la MGM et la RKO. Elle débuta dans LES AVENTURES DE TOM SAWYER en 1938, joua les chorus girls dans des comédies musicales, et apparut dans des westerns de séries B : Heart of the Rio Grande (1942), Home in Wyomin’ (1942), Calaboose (43), San Fernando Valley (44), elle obtint des premiers rôles, comme dans SWEET GENEVIEVE (1947), son dernier film fut avec Humphrey Bogart, LA MAIN GAUCHE DU SEIGNEUR en 1955, elle termina sa carrière pour le petit écran avant de se retirer en 1961.
Elle restera mariée à Edward Dmytryk jusqu’à la mort de ce dernier, en 1999.


SAN FERNANDO VALLEY de John English (1944) *

Avec Roy Rogers, Trigger, Dale Evans, Jean Porter, Charles Smith, LeRoy Mason, Bob Nolan, Sons of the Pioneers, Hank Bell…

Roy Rogers by FCARLOS

Donnelly Rhodes / Le shérif aux poings nus (Gunfight in Abilene)

Décès de Donnelly Rhodes (1937-2018)

Acteur de télévision, Donnelly Rhodes apparut dans plus de 160 films et de séries essentiellement, il débute dans Reprisal ! en 1956, on le verra aussi dans Le shérif aux poings nus, Butch Cassidy et le kid, et en 1976 Goldenrod, un film sur le rodéo, Showdown at Williams Creek (1991)… et les séries : Maverick, Cheyenne, Bonanza, La grande caravane, Le Virginien, Laredo, Custer, L’homme de fer, Cimarron, Les msytères de l’Ouest.

LE SHERIF AUX POINGS NUS De William Hale (1966-67) *

cinérevue 1966

Musique de Bobby Darin et Shorty Rogers.

Après plusieurs semaine de détention chez Les Nordistes, alors que la guerre est finie, Wayne (Bobby Darin), revient dans sa ville d’ Abilene, et croise sur le retour Cord, un ami d’enfance, Nordiste (Michael Sarrazin), qui rentre aussi chez lui.
A Abilene, Wayne va  tenter de restaurer l’ordre, au milieu d’un conflit opposant éleveurs et petits fermiers.

Et avec : Emily Banks, Leslie Nielsen, Donnelly Rhodes, Don Galloway, Frank McGrath, Barbara Werle.

Intrigue archi-classique pour ce western de l’Universal mis en scène par un bon réalisateur de télévision. Dans le rôle principal, le chanteur Bobby Darin interprète « Amy » une balade pour sa bien-aimée (Emily Banks).
Darin a joué dans 26 autres films et séries, dont L’ENFER EST POUR LES HEROS (1962) et un épisode de La grande caravane en 1964. Il est décédé en 1973.

Adapté de l’histoire de Clarence Upson Young, déjà portée au cinéma en 1956, dans Showdown in Abilene.
♦ La chanson Amy :