Le grand passage (Northwest Passage)/Robert Young/Spencer Tracy

Robert Young
(1907/1998)

Robert Young (cine revue 1976)

« Il n’a absolument aucun sex-appeal » disait de lui Louis B. Mayer. L’élégant et souriant Robert Young n’en fut pas moins une vedette populaire des années 30 à 50, un de ses meilleurs rôles est celui de l’espion de QUATRE DE l’ESPIONNAGE d’Hitchcock en 1936, il était aussi très bon dans le rôle du détective de FEUX CROISES d’Edward Dmytryk avec Robert Mitchum.
On l’a vu dans plusieurs westerns :  Henry King le dirige dans Carolina en 1934, un de ses meilleurs rôles est celui de l’acolyte de Randolph Scott, engagé par un ingénieur pour protéger les travailleurs d’une ligne télégraphique contre les attaques de desperados et Indiens dans Les pionniers de la Western Union (41) de Fritz Lang.

Il joua également dans Le grand passage (1940) de King Vidor, fut la vedette de Du sang dans la Sierra de George Sherman, puis d’une série B, La peur du scalp (1952)

Le grand passage (Northwest Passage) – de King Vidor (sortie France en 1949) (1939-40)

Scénario : Laurence Stallings, Talbot Jennings (roman de Kenneth Roberts, Le grand passage (1937))
Musique : Herbert Stothart
Durée : 121 mn

Avec Spencer Tracy : major Robert Rogers
Robert Young : Langdon Towne
Walter Brennan : Hunk Marriner
Ruth Hussey : Elisabeth Brown
Nat Pendleton : cap’ Huff

1759. Portsmouth. Après avoir déclenché une bagarre avec des représentants de l’ordre, Langdon et son ami Hunk doivent fuir, en état d’ébriété, ils signent un engagement avec le major Rogers, qui a la mission de mener plus de 50 éclaireurs au Canada pour exterminer une tribu indienne alliée des Français, à la frontière canadienne

Une fresque épique haute en couleur, un des premiers films en Technicolor, qui narre la vie des pionniers dans les guerres franco-britanniques, tournée dans de superbes paysages par King Vidor et Norman Foster. Dès l’ouverture du film, des scènes brutales et sauvages, tout le charme des grands films hollywoodiens.

Un tournage difficile avec des scènes très physiques, Spencer Tracy menaça de quitter le tournage plusieurs fois (à l’origine, c’est Robert Taylor qui devait lui donner la réplique, il déclina et le débutant Robert Young fut embauché pour le rôle de Towne).

La même intrigue est calquée dans Les aventures du capitaine Wyatt avec Gary Cooper en 1951, mais transposée dans les guerres contre les Séminoles.

Un des rares westerns de Spencer Tracy, avec Le maître de la prairie (1947).


Spencer Tracy (1900-1967)

Westerns et films se déroulant au XXe s. :

San Francisco (1936) de W.S. Van Dyke-Le grand passage (1939) – La fièvre du pétrole (1940)-Le maître de la prairie (1947) – Capitaine sans loi (1952)-La lance brisée (1954)

La conquête de l’Ouest (1962)

La lance brisée

Sophia Loren/La diablesse en collant rose=Heller in pink tights/Il sogno di Zorro

Sophia Loren (Sofia Scicolone/Sofia Lazzaro) (1934)

Sophia Loren

dessin Didgiv

Sophia Loren est l’une des grandes « bombes sexuelles » européennes -avec Anita Ekberg et Brigitte Bardot- qui rivalisent dans les années 60 avec les Américaines Marilyn Monroe, Jayne Mansfield. Lancée par la presse de coeur, propulsée sur le marché international, elle possède un charme spontané et une sensualité explosive…

dédicacé- merci Sophia !!!

Elle démarre au début des années 50, dans des comédies, péplums, on la voit dans le rôle de la secrétaire du dictateur dans Le retour de Pancho Villa en 1951 et d’une Mexicaine dans L’Héritier de Zorro

Sophia Loren

octobre 69 cinérevue

Elle est la co-vedette avec Anthony Quinn de La diablesse en collant rose (1959) de George Cukor, western comique narrant l’histoire d’une troupe de théâtre traversant le Far-west, dont des territoires indiens. Le personnage qu’elle incarne est un reflet d’elle-même puisqu’elle joue une comédienne :
Quand la grande frontière américaine résonnait de noms de bandits légendaires tels Wyatt Earp, Jesse James, Bat Masterson et Doc Holliday, une ravissante actrice, attraction de l’Ouest.

Sophia a montré son talent dans d’autres registres : épopée historique (LE CID, QUO VADIS), drames romantiques (LA FILLE DU FLEUVE), elle joue en 57 avec John Wayne dans LA CITE DISPARUE, films de guerre (OPERATION CROSSBOW), un de ses meilleurs rôles est dans UNE JOURNEE PARTICULIERE d’Ettore Scola en 1977, mais aussi dans LA CIOCIARA, en 1960, de Vittorio de Sica, qui est également une dénonciation du fascisme en Italie : il lui valut le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes et l’Oscar de meilleure actrice en 62.

Sophia Loren cinerevue 68

Sophia Loren juin 66

dans Arabesque

Omar Sharif, Sophia Loren sept 67 ciné revue

FIVE MILES TO MIDNIGHT

(18-8-66 Cinérevue)

Arabesque-Sophia Loren, Gregory Peck

Sophia Loren

(ciné revue 13 juillet 67)

Paris Match 1959

1967 :
LA BELLE ET LE CAVALIER
de Francesco Rosi est l’histoire d’amour entre une jolie paysanne napolitaine et un prince espagnol dans l’Italie du Sud du XVIIIe s. : l’affiche montre la violence de la passion amoureuse et la violence guerrière, suggérées par un fond incandescent rouge. Sophia Loren tourne la même année LA COMTESSE DE HONG-KONG avec Marlon Brando et FANTOMES à L’ITALIENNE

La Ciociara avec Belmondo

La diablesse en collant rose (Heller in pink tights)

de George Cukor (1959-60)

Scénario : Dudley Nichols, Walter Bernstein
Musique : Daniele Amfitheatrof
Avec : Sophia Loren, Anthony Quinn, Margaret O’Brien, Steve Forrest, Eileen Heckart, Ramon Novarro, Edmund Lowe, Ken Clark, Robert Adler, Danny Borzage, Iron Eyes Cody, Eddie Little Sky, Chief Yowlachie

Le producteur italien Carlo Ponti et « Le cinéaste qui aimait les femmes » George Cukor prennent l’Ouest pour cadre en livrant cette comédie avec Anthony Quinn et Sophia Loren, dans la peau de saltimbanques qui font partie d’une troupe de théâtre itinérante. Ils traversent notamment des territoires indiens (forcément) hostiles

Le film est adapté d’un roman du célèbre écrivain de westerns Louis L’Amour (‘Heller with a gun’). Le film donne le ton en débutant avec la phrase :
« Quand la grande frontière américaine résonnait de noms de bandits légendaires tels Wyatt Earp, Jesse James, Bat Masterson et Doc Holliday, une ravissante actrice traversait l’Ouest avec sa troupe théâtrale. Une ‘diablesse en collants roses », elle était l’attraction de chaque installation de sa troupe, de Cheyenne jusqu’à Virginia City, et elle devint la légende du Vieux far west. Voici son histoire… »

 (2-11-67 Ciné revue)

Ken Clark

Un casting surprenant, outre Quinn et Loren (qui jouaient déjà ensemble dans ATTILA en 54), la star mexicaine du muet Ramon Novarro (retrouvé mort assassiné dans sa villa en 1968), dans le rôle du méchant, la célèbre ancienne enfant-star Margaret O’Brien qui, avec Eileen Eckart, forme un savoureux duo mère/fille, et, dans un petit rôle, et Robert Adler qui joue, comme dans quasiment tous ses westerns, un conducteur de diligence. Enfin, quelques acteurs indiens comme Chief Yowlachie, et Iron Eyes Cody… pas vraiment Indien, mais d’origine italienne, il débuta à Hollywood en se faisant passer pour un Indien, épousa une Indienne et adopta deux petits Amérindiens

Eyes Cody dans une pub pour les bottes Durango dans les années 1980


L’héritier de Zorro (Il sogno di Zorro)
italien de Mario Soldati (1952)

Avec Walter Chiari, Delia Scala, Vittorio Gassman, Carlo Ninchi, Sophia Loren (Sofia Scicolone)

C’est, avec Le retour de Pancho Villa (1951) et le péplum QUO VADIS (51), un des premiers films de Sophia Loren, mais elle n’a qu’un petit rôle, la vedette du film est Delia Scala. Musique de Mario Nascimbene qui signa aussi la très belle partition du film LES VIKINGS. C‘est aussi un des ancêtres du western-spaghetti… de nombreux autres Zorro transalpins sortiront dès les début des années 1960

Claudia Cardinale/Les pétroleuses=Frenchie king

Claudia Cardinale (1938)
Claudia Cardinale ciné revue
Né à Tunis, Claudia, qui voulait devenir enseignante, est repérée par des producteurs grâce à une photo de magazine. Sa beauté et sa force de caractère sont remarquées dans les films de Visconti, Comencini et Fellini, elle devient très populaire.

Claudia Cardinale (ciné revue 1971)Les producteurs italiens qui l’ont lancée voulaient au départ en faire une nouvelle BB… Comme BB, elle est devenue une actrice mythique et internationale, mais elle a duré plus longtemps dans le milieu du 7e Art et continue de tourner : elle vient de jouer dans TWICE UPON A TIME IN THE WEST et ALL ROADS LEAD TO ROME…

Claudia Cardinale _

dans le plus grand cirque du monde

Claudia Cardinale a été l’héroïne de trois westerns : Les professionnels en 1966, dans le rôle de l’épouse d’un milliardaire américain enlevée par le bandit mexicain Jack Palance qui réclame une rançon de 100 000 dollars, Burt Lancaster, Robert Ryan et Woody Strode partent à sa recherche…

Claudia Cardinale - cinerevue 1979

Elle est la vedette d’Il était une fois dans l’Ouest, succès du western-spaghetti en969, seul personnage féminin -et héroine- du film, qui quitte la Nouvelle-Orléans pour découvrir que son nouveau mari et ses trois enfants ont été massacrés. Elle se retrouve héritière de sa propriété et va superviser la construction de la gare tandis que les poseurs de rail se rapprochent de la ville… et découvrir qui a tué son mari

Claudia Cardinale -

Cine revue 1973

Claudia Cardinale Les aventuriers du brigadier

Claudia Cardinale

(1970 cinérevue)

Claudia Cardinale

(cinérevue mai 1969)

Rod Taylor & Claudia Cardinale 

Réunir BB et CC, vieux rêve des producteurs de l’époque : enfin réalisé avec Les pétroleuses de Christian-Jaque en 1971 : cinq sœurs, dont Brigitte Bardot héritent d’un ranch dans l’Ouest, avec un terrain qui cache un puits de pétrole, ce qui attise la convoitise de leurs voisins… dont l’outlaw et rancher Claudia Cardinale, en garçon manqué

John Wayne sur CC… Sur le tournage du PLUS GRAND CIRQUE DU MONDE, John Wayne avait envoyé ce compliment à Claudia : « Petite, t’es vraiment un homme, pas une femme ! »

Claudia Cardinale novembre 68 cine revue

Claudia Cardinale (ciné revue 1971)Claudia Cardinale Ciné revue 6-10-66Claudia Cardinale (5-5-1966) Ciné revue)_NEW

Claudia Cardinale, NEW

Une rose pour tous (ciné revue mai 67)_

Claudia Cardinale

(Festival 1959)

Claudia Cardinale (_NEW

1966-Ciné revue

Claudia Cardinale février 1963Claudia Cardinale c.-revue 21 février 1963

Claudia Cardinale

« Gamine, je voulais faire le tour de l’Afrique. Actrice, j’ai fait le tour du monde. il n’y a pas de plus belle aventure que le cinéma« . Claudia Cardinale.

Claudia Cardinale ciné revue 67

Claudia CardinaleClaudia Cardinale

by Didgiv

by didgiv

Claudia Cardinale -

cinerevue 1979


Les pétroleuses (Frenchie king) (The legend of frenchie king)-de Christian-Jaque et Guy Casaril (1971)

Scénario : Marie-Ange Anies, Daniel Boulanger, Clément Bywood et Jean Nemours d’après une histoire de E. Manzanos

Avec Brigitte Bardot : Louise
Claudia Cardinale : Maria
Michael J. Pollard : shérif
Patty Shepard : Petite-pluie
Micheline Presle : Amélie
Et George Beller, Teresa Gimpera, Emma Cohen, Patrick Préjean, Cris Huerta, Valéry Inkijinoff, France Dougnac

Des sœurs hors-la-loi décident de se ranger, elles ont découvert dans leur récent butin le titre de propriété d’un ranch. Arrivées sur place, elles doivent affronter Maria, amie du shérif, qui a appris que sous le ranch se trouvent des nappes pétrolifères

En France, on n’a pas beaucoup de westerns mais on a des Pétroleuses ! MDR !

3et dernier western de BB (après Viva Maria et Shalako) dans un rôle de soldate à frou-frous, dont l’action se situe comme Shalako au Nouveau-Mexique. Elle campe une des sœurs qui héritent d’un ranch, puits qui cache du pétrole, ce qui attise la convoitise de ses voisins… dont l’outlaw et rancher Claudia Cardinale, en garçon manqué

Parodie de western, Claudia Cardinale chante Prairie Women et Micheline Presle : La vie parisienne
Cette bagarre de femelles -BB contre CC, la blonde contre la brune- a comme un petit air de Trinita, avec de l’action, de l’humour
A sa sortie, la critique a été dure, le film a souffert d’un changement de réalisateur (Guy Casaril a quitté le tournage au bout de quelques jours, en désaccord avec les producteurs), c’est un échec, comme Shalako, BB sera fâchée après ça avec le cinéma

Del Aguilar enseigne à C.C. l’ABC de l’équitation et du crochet « droit, sec et précis »

Claudia et Brigitte

Le clou du filmLa bagarre BB-CC :

Gary Cooper/Le cavalier du désert (The westerner)/Le roi du tabac (Bright Leaf)/La mission du commandant Lex

Gary Cooper (1901/1961)

Gary Cooper (5-5-1966) Ciné revue)L’éternel Westerner
Par le nombre de westerns qu’il a tournés, son talent, ses choix et ses rencontres, il s’est hissé au sommet de ce genre. Souvent imité, jamais égalé, il personnifie, mieux que quiconque, avec sa haute silhouette, le justicier intrépide, séduisant, solide et réfléchi.
Gary Cooper

Dessinateur doué. Avant de se lancer dans le ciné, il se rend à Los Angeles avec l’objectif de travailler comme dessinateur de pub

Une image qu’il construit dès ses premiers films en étant cascadeur et figurant, dès 1925, dans une cinquantaine de films, acceptant toutes les propositions. « Certains jours, j’étais un cowboy le matin, et un Indien l’après-midi », aimait-il raconter.

avec Lily Damita dans FIGHTIN CARAVANS

The thundering herdWild horse mesa, The lucky horsehoe et The enchanted hill sont les premiers westerns recensés de Gary Cooper.

Petit à petit, son physique agréable, sa décontraction et sa sympathie conquièrent les réalisateurs, en plus c’est un bon cavalier.
Il émerge juste avant une autre icône du genre, John Wayne et comme lui, il représente idéalement l’esprit héroïque américain, il est beau et élégant.

Dallas

Ce côté chevaleresque contraste à l’époque avec l’aspect bourru de certaines stars de western comme W. S. Hart ou Gilbert Anderson.

Ceux de Cordura

Suivent The vanishing American, La fille du désert avec un look à la Tom Mix : certains critiques trouvent qu’il est meilleur que l’acteur principal Ronald Colman ! C’est le western qui le révèle vraiment, critiques et public le découvrent dans un film où il n’est pas que figurant.

Le 1er western dans lequel il a le rôle principal est Le démon de l’Arizona en 1927, puis Au service de la loi, se livrant à de remarquables prouesses équestres.

gary cooper-betty jewel

Le démon de l’Arizona-Au service de la loi

Le jardin du diable

Le public le découvre en 1929 dans deux westerns signés Victor Fleming. Le premier est avec la délicieuse Lupe Velez dans Le chant du loup

Un magnifique western romantique avec quelques scènes sonores (dont les chansons de l’actrice) de Victor Fleming (un des réalisateurs, dix ans plus tard, d’Autant en emporte le vent) ; la romance entre Cooper et la comédienne boostent le succès du film, ils sortent ensemble pendant le tournage du film. Ils resteront 3 ans ensemble, Gary la couvre de cadeaux, mais Lupe a un tempérament explosif, jaloux, la mère de Gary veille sur son fiston. Ils rompent, Gary Cooper fait une dépression et aurait perdu 10 kilos.
Et pour le second en 1929, l’acteur Randolph Scott (qui est alors plus célèbre que lui) aide Gary Cooper à attraper l’accent du sud pour son premier film parlant : The Virginian.

Il sera ensuite un capitaine nordiste dans Only the brave (1930), puis un bandit dont la tête est mise à prix dans L’Homme du Texas avec Fay Wray.

Operator 13 (Gary Cooper, Marion Davies)

Dans The spoilers (1930), il campe le propriétaire d’un gisement d’or en Alaska , dans la version du roman de Rex Beach. Il joue avec William Boyd, une des plus grandes stars de westerns des années 1920-1930…

Encore deux superbes western en 1931 : Fighting caravans (L’attaque de la caravane), d’après un roman de Zane Grey, où on le voit flirter avec la Française Lily Damita et la comédie sentimentale I take this woman avec Carole Lombard.

VERA CRUZ

Après quelques comédies, l’acteur est plongé dans l’univers de l’espionnage lors de la guerre de Sécession pour Operator 13 (1933).

Gary Cooper-Suzy Parker- (c. revue 1- aout 1973)

10, rue Frederick

avec Cameron Mitchell

Gary a définitivement gagné ses galons de star. Dans Une aventure de Buffalo Bill, en 1936, il incarne Bill Hickok avec dans ses bras une des plus célèbres actrices de cette époque, Jean Arthur.
Il postule pour le rôle de Rhett Butler pour Autant en emporte le vent, en 1938, c’est Clark Gable qui est choisi, Cooper a aussi failli être cette même année le Ringo Kid de La chevauchée fantastique, mais John Ford qui veut un acteur moins cher, impose Wayne. Il joue un cowboy de rodéo dans Madame et son cowboy : trois Oscars.

avec Sigrid Curie dans LES AVENTURES DE MARCO POLO (par Didgiv)

Cooper retrouve William Wyler qui s’essaie au western avec Le cavalier du désert, et Cecil B. DeMille pour Les tuniques écarlates

Le grand Bill (Gary Cooper)Ce n’est qu’en 1945 qu’il réendosse la tenue du cow-boy pour Le grand Bill, comédie western limite burlesque de Stuart Heisler. Les critiques flinguent L’Intriguante de Saratoga la même année avec Ingrid Bergman.

Gary Cooper, Preston Foster

Les tuniques ecarlates

avec Merle Oberon

Peu importe, d’autres aventures attendent le grand Gary, dans un western en Technicolor où il
retrouve le souffle de l’épopée- et aussi Cecil B. DeMille et Paulette Goddard- : c’est Les conquérants d’un nouveau monde, il joue un officier de la milice de Virginie qui mate une rebellion de 18 tribus indiennes.
Puis, Le roi du tabac en 1950, avec Patricia Neal, saga dont l’histoire se déroule dans les plantations de tabac. Dallas, la même année, est une histoire de vengeance.

« City streets » par Didgiv

Gary Cooper participe à la séquence sur le Texas du film It’s a big Country, et après ça c’est Les aventures du Capitaine Wyatt en 51, de Walsh, film d’aventures palpitant avec un mémorable duel final sous l’eau.

Cooper Gary

En 1951, Cooper joue son propre rôle dans STARLIFT (1951) de Roy Del Ruth, qui n’est pas un western, mais une comédie musicale où l’on retrouve des célébrités du cinéma, jouant dans une revue pour militaires : Gary Cooper apparaît en shérif, avec James Cagney, Randolph Scott, Jane Wyman ou Frank Lovejoy, tous sont des vedettes invitées, acteurs d’un show western.
Ils chantent ensemble Look out, stranger, I’m a Texas Ranger… Music !

avec Jean Athur (dessin Didigv)

Arrive alors Le train sifflera trois fois, le western entre alors dans l’âge « adulte ».. Et Cooper se trouve au sommet de son art, avec des rôles plus psychologiques, même si l’action primera toujours dans ses westerns.
Cooper, dans le rôle d’un shérif âgé abandonné de tous reçoit de nombreux éloges et un Oscar. Le couple qu’il forme avec Grace Kelly, tout comme la balade musicale, en font le chef d’œuvre de l’année 52.

La même année, éclipsé par High noon, La mission du Commandant Lex, du pote de Cooper, André de Toth, ne reçoit pas tout le succès qu’aurait dû obtenir cet efficace western. Springfield rifle narre les premiers pas du contre-espionnage

avec Lupe Velez

Cooper incarne un Nordiste qui infiltre les bandes de rénégats pour savoir comment sont volés les chevauxde l’Armée… Tous les westerns dans lesquels tourne par la suite Cooper sont devenus des classiques :

en 1954, Le jardin du Diable… 

dessin de Didgiv

Madame et son cowboy : dessin Didgiv

Il forme ensuite un épatant tandem avec Burt Lancaster dans Vera Cruz de Robert Aldrich : ex-colonel sudiste qui va combattre, avec son compère, pour les deux camps, loyalistes et rebelles, lors de l’insurection mexicaine de 1866… Succession de trahisons et annonce déjà le cinéma de Peckinpah, qui a d’ailleurs certainement été influencé par ce film.

Puis il se retrouve plongé dans la guerre de Sécession, avec La loi du Seigneur (autre western d’un scénariste victime du McCarthysme) (56) de William Wyler. Il joue le patriarche d’une famille de quakers confrontée à des choix difficiles et dilemmes alors que la guerre fait rage. Succès commercial et grand Prix du Festival de Cannes en 57.

dessin de Didgiv

by Didgiv

Année suivante, L’Homme de l’Ouest (1958) est un superbe western psychologique, essentiellement tourné en intérieurs, mais un des premiers échecs dans la carrière de Cooper.

Le train sifflera trois fois (High Noon)

Enfin, Gary Cooper joue avec Karl Malden dans La colline des Potences en 1959, de Delmer Daves, étude de caractères prenant pour cadre la ruée vers l’or du Montana des années 1870.

Il fait plaisir à son ami Bob Hope en apparaissant, comme de nombreuses autres vedettes (James Arness, James Garner…) dans Alias Jesse James… en 59, deux ans avant sa mort.
Un de ses derniers films est Ceux de Cordura, qui narre une expédition menée au Mexique contre les révolutionnaires en 1916.

THE PLAINSMAN by DIDGIV

Vie privée. Cooper est connu pour avoir eu une liaison qui faillit briser son ménage avec Patricia Neal, avec laquelle il joue dans LE REBELLE. Mais bon catholique, il choisit de rester auprès de sa femme et de ne pas briser son couple.

Les tuniques écarlates-dessin Didgiv

John Wayne rencontre Gary Cooper :

LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT

LA FILLE DU DESERT

Operator 13 (dessin Didgiv)

dessins de Didgiv :

Burt Lancaster, Gary Cooper par didgiv

Vera Cruz


Gary Cooper, Ingrid Bergman par didgiv

Pour qui sonne le glas


Gary Cooper, Joan Crawford par didgiv

Today we live


Gary Cooper, Lupe Velez par didgiv

Wolf Song avec Lupe Velez

Gary Cooper par didgiv

Merle Oberon, Gary Cooper par didgiv

dessin Didier Givannel

Paulette Goddard, Preston Foster, Gary Cooper par didgiv

LES TUNIQUES ECARLATES par Didgiv


Gary Cooper, Lupe Velez par didgiv

Wolf song by Didgiv


LE CAVALIER DU DESERT-De William Wyler (1940)

Scénario : Jo Swerling, Niven Busch-Musique : Dimitri Tiomkin

Avec
Gary Cooper : Hardin
Walter Brennan : Roy Bean
Doris Davenport : Jane Matthews
Et Chill Wills ; Dana Andrews ; Lilian Bond

Injustement accusé d’avoir volé un cheval, Cole Hardin comparait devant le juge Roy Bean. Cole dit au juge que Lily Langtry, célèbre actrice anglaise que ce dernier admire, est l’une de ses amies.
Le juge le libère aussitôt, et Cole promet de lui donner une boucle de cheveux de la belle Lily…

Gary Cooper revient au western dans la peau d’un sympathique et laconique cowboy tombant dans le piège de la canaille de juge Roy Bean joué par Walter Brennan. C’est ce dernier qui reçut les meilleures critiques à sa sortie -à juste titre, car il livre une performance étonnante- et en plus un Oscar, le 3e de sa carrière (Brennan fut le premier acteur à recevoir trois oscars). Le récit se déroule sur un rythme volontairement lent, qui permet une étude de caractères, mais l’action et les rebondissements maintiennent l’attention, le film aborde le thème qu’on retrouve le plus dans les westerns, les rivalités entres fermiers et éleveurs. Peu d’action et beaucoup d’humour, ce qui explique que ce western eut moins de succès que les autres westerns à gros budget de l’année 1939.

L’humour est présent dans la peinture du juge Bean, magistrat local à la justice expéditive, amoureux de Lily Langtry, jouée par la jolie Anglaise Lilian Bond ; Langtry était une célèbre comédienne de théâtre anglaise, surnommée « Jersey Lily », née en 1853, elle joua dans un seul long métrage, HIS NEIGHBOR’s WIFE (1913).

Lily Langtry

Roy Bean était en fait barman et juge, il avait aussi fait de la contrebande d’armes à feu entre le Mexique et les Sudistes lors de la guerre de Sécession. C’est un des premiers westerns qui évoque ce personnage. Il sera le personnage principal d’une série de 1956-57, JUDGE ROY BEAN, avec Edgar Buchanan ; au cinéma, il a été interprété depuis par Victor Jory, Jack Palance, Paul Newman… et (!) Pierre Perret, dans La loi à l’Ouest du Pecosé, en 1971.
Judge Roy Bean

Roy Bean

The Jersey Lily Saloon – Langtry

Le roi du tabac (Bright Leaf)-de Michael Curtiz (1950)

Musique : Victor Young
Avec
Gary Cooper : Brant Royle
Lauren Bacall : Sonia Kovac
Patricia Neal : Margaret
Donald Crisp : cdt Singleton
Jeff Corey : Barton

1894. Brant Royle, un fermier chassé de chez lui il y a plusieurs années par le magnat du tabac Singleton, est de retour dans sa ville natale, en Caroline du nord, pour y percevoir un héritage. Il rencontre John Barton, inventeur d’une machine à cigarettes et Malley, un rebouteux. Il demande à une ancienne amie, Sonia, de lui avancer les fonds pour exploiter l’invention de Malley. Elle accepte, c’est un énorme succès…

Cette saga romanesque décrit l’affrontement entre deux hommes dans le cadre des plantations de tabac du sud : Patricia Neal, dans le rôle d’une « southern belle », prend l’accent du sud, cette actrice, qui fut la maîtresse de Gary Cooper dans les années 40, avait déjà joué avec lui dans LE REBELLE en 1948.

Le film a reçu de mauvaise critiques à sa sortie, qui n’ont épargé ni Lauren Bacall, ni Patricia Neal. Il n’en demeure pas moins un bon divertissement, et c’est l’une des rares fois où l’on voit Cooper dans le rôle d’un homme ambitieux et arrogant

La mission du commandant Lex-De André de Toth (1952)

Scénario : Charles Marquis Warren et Charles Davis

Avec
Gary Cooper : Kearny
Phyllis Thaxter : Earin Kearny
David Brian : Mac Cool
Paul Kelly : colonel Hudson
Lon Chaney Jr : Elm
Philip Carey : Tennick
Et James Millican, Alan Hale Jr.

Guerre de Sécession, des pillards attaquent les convois de chevaux nordistes. Un traître se trouve parmi les renseignements, le capitaine Tennick accuse le commandant Lex Kearny d’abandonner les chevaux sans combattre les pillards, il est dégradé.

Il va en prison, d’où il s’évade avec deux pillards, puis entre dans les rangs de l’armée ennemie. Il récolte en fait des renseignements sur les vols de chevaux qu’il livre ensuite à ses chefs nordistes.
L’épouse de Lex ignorant qu’il est espion, trahit son mari, Lex est fait prisonnier, s’évade, et démasque le traître, un officier nordiste…

André de Toth, un des trois fameux cinéastes borgnes d’Hollywood (avec Raoul Walsh et John Ford) engage son vieux copain Gary Cooper pour cet excellent western qui narre les premiers pas du contre-espionnage américain pendant la Guerre de Sécession (comme Operator 13, dèjà avec Gary Cooper). Le thème du film est l’approvisionnement des troupes nordistes, dont les chevaux étaient souvent volés par des Sudistes et des rénégats

Sorti juste après Le train sifflera trois fois, le film n’obtint pas un gros succès, malgré un excellent scénario et une bonne dose de suspense qui tiennent en haleine le spectateur, ainsi que la belle musique de Max Steiner

Gregory Peck/La ville abandonnée=Yellow sky/Quand siffle la dernière balle=Shoot out/Un colt pour une corde (Billy Two hats)

Gregory Peck  (1916/2003)

Gregory Peck (La cible humaine)Dès ses débuts, en 1944, Gregory Peck a toujours été le personnage principal de ses films. Son talent l’a propulsé très vite au rang de vedette internationale, le métier lui exprime sa reconnaissance en 1962, lui attribuant l’Oscar pour DU SILENCE ET DES OMBRES. Dans les plaines du western, cet acteur aux origines irlandaises figure parmi les meilleurs représentants du genre, même si certains estiment qu’il n’a pas été convaincant dans ce type d’histoires. Sa haute taille (1,91m) l’aura incontestablement aidé, comme Gary Cooper ou James Stewart, à se faire une place dans ce monde… viril.

Mac Arthur

 (cine revue 1973)_NEW

Ann Blyth

Il commence avec la belle histoire d’une amitié entre un faon et un enfant dans la Floride des pionniers dans Jody et le faon en 1946, western familial… Puis, un rôle très fort, celui de Lou, le voyou qui séduit la métisse Jennifer Jones dans  Duel au soleil en 1946, de King Vidor

Il partage l’affiche avec Richard Widmark de La ville abandonnée en 48, tous deux campent des hors-la-loi qui atterrissent dans une ville abandonnée où se trouve une mine d’or… Puis, Peck joue un officier dans Fort Invincible (51).

(18-8-66 Cinérevue)

Arabesque

Henry King va sans doute le mieux exploiter les ressources de cet acteur, dans La cible humaine, (1950) ; il incarne un gunfighter fatigué qui veut changer de vie, mais est incapable d’échapper à son passé… et Les Bravados, en 58, qui histoire de vengeance et de rédemption

Gregory Peck

cinerevue 1976

William Wyler sait aussi tirer parti de son talent dans Les grands espaces (1958), où Peck se trouve mêlé à un conflit entre deux puissants éleveurs qui se disputent un point d’eau.

(Gregory Peck)

Les grands espaces

Son aisance à tourner dans les westerns lui ouvre les portes de La conquête de l’Ouest en 62 et plusieurs autres westerns de qualité inégale : L’Homme sauvage (68).
Dans L’Or de MacKenna (69), il est un des nombreux protagonistes avec Omar Sharif, qui vont s’affronter dans leur recherche d’une légendaire mine d’or.

Gregory Peck livre une performance saisissante dans Le pays de la violence (70), sorte de western moderne rythmé par la musique de Johnny Cash, il a aussi interprété Lincoln, dans le feuilleton Les Bleus et les Gris.
Puis Quand siffle la dernière balle (71), histoire de vengeance, dernier western d’Henry Hathaway, Un colt pour une corde (74) qui fut tourné en Israël, dont les paysages ressemblent à ceux du Nouveau-Mexique.

Gregory Peck- La conquête de l'Ouest

 L’homme sauvage :

dessin de Didgiv

dessin de Didgiv

Gregory Peck

(dessin de didgiv)


La ville abandonnée-De William A. Wellman (1948)

Nevada. Six hommes dont le chef James Stretch (Gregory Peck) et Dude (Richard Widmark) qui ont pillé une banque se réfugient dans une ville abandonnée où un vieil homme et une femme (Anne Baxter) veillent sur une mine d’or. Le chef et son second s’opposent, ce dernier accuse le chef de jouer double jeu…

Et avec Robert Arthur, John Russell, Henry Morgan

Excellent scénario de Lamar Trotti qui narre la soif de l’or et l’avidité d’une bande de hors-la-loi dirigée par Peck (barbu au début du film) et Richard Widmark (son premier western).
Un western tendu qu’accentuent le noir et Blanc et aussi les décors (filmés en partie dans la Vallée de la mort).
Comme Raoul Walsh à cette époque, Wellman fait preuve d’une étonnante modernité dans sa réalisation, une séquence montre une vision vue à travers le canon d’un fusil.

Belle musique d’Alfred Newman, qui démarre avec l’air de Oh Susannah
A noter dans un second rôle la présence de l’acteur indien Chief Yolawchie, vu aussi dans La rivière rouge et Nevada Smith.



Quand siffle la dernière balle (Shoot out) (1971)

De Henry Hathaway
Avec : Gregory Peck (Clay Lomax), Pat Quinn (Juliana), Robert F. Lyons (Bobby Jay), Susan Tyrrell (Alma), Jeff Corey (Trooper).
Et James Gregory, Rita Gam, Dawn Lyn, John Chandler

La vengeance d’un bandit ayant passé sept ans en prison, pour avoir pillé une banque, son complice lui avait tiré une balle dans le dos pour garder le butin… Il fait la route avec une fillette dont la mère, une ancienne de ses maîtresses, est morte

Western produit par Hal Wallis, à qui l’on doit CASABLANCA et des westerns : OK Corral, Les 4 fils de Katie Elder, 5 cartes à abattre.
L’intrigue rappelle vaguement La vengeance aux deux visages de Brando (la fillette en moins) mais la comparaison s’arrête là : c’est un western tout ce qu’il y a de plus classique avec de bons vieux seconds couteaux Paul Fix, Arthur Hunnicutt, c’est le dernier western de Willis Bouchey.
Rondement mené par Henry Hathaway qui a un talent extraordinaire à filmer et cadrer les grands espaces. C’est son dernier western et avant-dernier film avant HANG UP (74)


Un colt pour une corde (Billy Two hats)

de Ted Kotcheff (1974)

cinérevue 1973

Lors du vol d’une banque, un homme est tué par Deans (Gregory Peck), le métis Billy Two hats (Desi Arnaz Jr.) et leur partenaire, ils s’enfuient, le shérif Gilford (Jack Warden) à leurs trousses. Il tue l’un d’eux et capture Billy. Deans s’échappe…

Et avec David Huddleston

Un western américain original, mais resté méconnu, produit par Norman Jewison, entièrement tourné en Israël (Eilat, Tel Aviv…) par Ted Kotcheff (RAMBO) dans lequel Peck avec sa barbe grisonnante est méconnaissable.
« J’ai un jour tourné un western pas loin de Las Vegas et je vous jure que c’est vrai, j’ai été plus dépaysé qu’ici » (G. Peck)… Les paysages désertiques ressemblent beaucoup à ceux du Nouveau-Mexique