Lupe Velez (Lupe Vélez) / Le chant du loup

Lupe Velez (Lupe Vélez)
(18-7-1908/13-12-1944)

La Mexicaine Lupe Velez est l’une des actrices les plus drôles, les plus sensuelles et les plus explosives qu’Hollywood ait connues.

Lupe Velez

(dessin : Didgiv)

Le nombre d’acteurs et de célébrités qui ont été ses amants est parait-il, incalculable : Chaplin, Gary Cooper, Douglas Fairbanks, Errol Flynn, Clark Gable, Tom Mix, Harald Maresch… Certains n’en sont pas ressorti indemnes !

Rien dans sa vie, qui ressemble à un feu d’artifices, ne laissait présager une fin dramatique, elle se suicidera avec des somnifères en 1944.

Lupe Velez (cinerevue 1976)

Fille d’un colonel mexicain de l’armée du dictateur Diaz et d’une mère chanteuse lyrique, Maria Guadalupe Velez Villalobos  naît à San Juan de Potosi au Mexique, ses parents la mettent dans un couvent -à 8 ans-, elle retourne à 15 ans dans sa famille après la mort de son père car sa mère ne peut payer la pension.

Dans un magasin de vêtements où elle travaille, trois managers de théâtre sont impressionnées par sa beauté, elle débute ainsi comme danseuse au théâtre principal de Mexico, puis va au Texas et se produit dans des cabarets.

Lupe Velez

(dessin : Didgiv)

Puis direction les studios de cinéma en Californie, quelques vaudevilles, comédies, dont A BORD DU MIRAMAR avec Laurel et Hardy, son tempérament volcanique, sa petite taille et sa gaieté la font remarquer, mais aussi sa beauté latino ravageuse qui conquiert le public masculin.

Elle tourne déjà dans un western, The gaucho (1927) avec Douglas Fairbanks, une de ses premières conquêtes. Elle incarne une jolie sauvageonne des montagnes. Puis, William Wyler la dirige dans La tourmente (1930).

LupeVelez

(dessin : Didgiv)

Fairbanks, marié à Mary Pickford, a une laison avec elle. Elle est surnommée la « Panthère mexicaine » ou the «Mexican spitfire », boule de feu ou volcan mexicain… qui enflamme les esprits… et ses partenaires masculins.

LupeVelez (dessin : Didgiv)

dessin de Didgiv

Elle est douée : Lupe Velez joue, chante et danse parfaitement. Les titres de ses prochains films sont axés sur son tempérament : THE CUBAN LOVE SONG, HOT PEPPER (FILLE DE FEU), STRICTLY DYNAMITE.
Les rôles exotiques ou ethniques, d’Indienne ou d’Espagnole, lui vont à ravir. Dans Le mari de l’Indienne, en 1931, elle campe une Indienne.

Sur le tournage du Chant du loup, en 1929, Gary Cooper tombe amoureux d’elle. Le studio exploite cette romance, ils font une tournée promotionnelle du film dans plusieurs villes ensemble.

LupeVelez

(dessin : Didgiv)

Ils resteront 3 ans ensemble, Gary la couvre de cadeaux, mais Lupe a un tempérament explosif, jaloux aussi, au cours d’une scène, alors qu’il devait prendre le train pour aller sur un tournage, elle le trouve à la gare et lui tire dessus, le ratant heureusement ! La mère de Gary veille sur son fiston. Ils rompent, Gary Cooper fait une dépression et aurait perdu 10 kilos.

Puis Lupe se marie avec Johnny Weissmuller (TARZAN), ils vont se séparer plusieurs fois, se remettre ensemble… Ils se bagarrent souvent, Weissmuller arrive sur le plateau de TARZAN couvert de bleus, on le maquille pendant des heures pour cacher les griffures que sa belle panthère lui a données la nuit…
Le studio contraint Weissmuller à quitter Lupe, ce qu’il fait.

La féminité absolue – Lupe Velez by Didgiv

Difficle de mener une carrière avec tous ces scandales, dans l’Amérique puritaine des années 30-40. Elle assiste à une projection  de QUE VIVA MEXICO ! d’Eisenstein, et passe pour une pro-communiste, elle part un moment en Angleterre revient à Broadway, puis Hollywood à nouveau.

La série des comédies MEXICAN SPITFIRE (7 films entre 1940 et 1943) la remet en selle. Elle est NANA pour une adaptation mexicaine du roma de Zola en 1944, c’est son dernier film.

Sa rencontre avec le bel acteur autrichien Harald Maresh lui donne espoir… Elle tombe enceinte, ils se disputent avant la cérémonie du mariage, elle se décide à aller avorter au Mexique, puis faire passer l’enfant pour celui de sa sœur, or celle-ci refuse.

Cela l’aurait profondément abattue. Le 13 décembre 1944, elle fait une soirée avec des amis, leur confie qu’elle est lasse de se battre, et d’un coup au milieu du repas, congédie tout le monde. Seule, elle écrit une lettre pour Maresch :

dessin de Didgiv

So romantic… avec Gary Cooper : dessin de Didgiv

« Harald. Puisse Dieu te pardonner et me pardonner également ; mais je préfère m’ôter la vie et celle de notre bébé avant que je ne porte sur lui la honte, ou que je ne le tue. Comment as-tu pu feindre un si grand amour pour moi et pour notre bébé pendant tout ce temps, alors que tu ne nous voulais pas ? Je ne vois pas d’autre porte de sortie pour moi, donc adieu et bonne chance à toi. Bise. Lupe. »

Elle met en scène sa mort, allume de nombreuses bougies et avale 75 pilules de Seconal, un somnifère, ramené en contrebande du Mexique.

La boule de feu mexicaine s’est éteinte ce soir-là, rejoignant les âmes torturées et éphémères au firmament du Panthéon hollywoodien.

Lupe envoûte Gary…

 

Les 6 westerns de Lupe :

LE GAUCHO (1927) de F. Richard Jones.
Le chant du loup (1929) de Victor Fleming
La tourmente (1930) de William Wyler
Le mari de l’Indienne (1931) de Cecil B. DeMille
THE BROKEN WING (1932) de Lloyd Corrigan
LAUGHING BOY (1934) avec Ramon Novarro

Lupe Velez dans KONGO


Le chant du loup/The Wolf Song (1929) ***

Le chant du loup

De et produit par Victor Fleming
Scénario : John Farrow et Keene Thompson, d’après le roman d’Harvey Ferguson, publié en 1927.
Assistant réalisateur : Henry Hathaway

Avec
Gary Cooper : Sam Lash
Lupe Velez : Lola Salazar
Louis Wollheim : Gullion
Constantine Romanoff : Rube Thatcher
Ann Brody : Duenna

Les aventures d’un trappeur qui tombe amoureux d’une jolie Mexicaine.
Sam Lash et ses deux associés, Guillon et Rube, deux trappeurs errants, se divertissent dans un saloon où Sam, coureur de jupons, tombe amoureux d’une belle Mexcaine, Lola Salazar, de bonne famille.

Le père de Lola, Don Solomon, s’oppose à leur mariage.
Sam enlève alors Lola, l’emmène dans les montagnes et l’épouse.
Après plusieurs semaines de vie commune, Sam regrette sa vie de célibataire et ses deux amis.
Il entend « le chant du loup » et abandonne Lola.
Au dernier moment, pris de remords, il revient sur ses pas.
Il est attaqué par des bandits et court se réfugier chez Lola.

Joli coup de marketing pour ce western romantique produit et réalisé par Victor Fleming, 10 ans avant qu’il ne livre son chef d’oeuvre AUTANT EN EMPORTE LE VENT : l’idylle réelle entre Gary Cooper et Lupe Velez fut exploitée par la Paramount, les deux acteurs se lancèrent dans une tournée dans plusieurs villes américaines pour promouvoir le film. Gary était très amoureux de Lupe, il aurait fait une dépression après leur rupture.

Lupe Velez y chante deux chansons (Yo te amo means I love You et Mio Amado) et Gary Cooper en chante une (mais il semble qu’il soit doublé ?), et le film comprend une séquence parlée entre les deux acteurs.

La Paramount qualifia donc ce long métrage de semi-parlant, il fut une sorte de test -réussi- pour la suite de la carrière dans le cinéma sonore du couple vedette ; en outre, une scène les montrant se baigner nus (mais filmée de loin) fut un autre argument commercial.

Gary Cooper change son image dans ce film en apparaissant les cheveux non gominés comme dans tous ses films des années 20, et avec une banane à la Gene Vincent.
Il gardera cette coupe dans son film suivant, BETRAYAL, qui est son dernier film muet (1929), avant de revenir à une coupe crantée et gominée, dans le western THE VIRGINIAN en 1929, son premier film parlant également réalisé par Victor Fleming… mais sans la chérie de Gary, miss Lupe Velez. Snif !!!

La chanson Mi amado chantée par Lupe Velez avec les images du film : si rétro et si romantique !

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dessin de Didgiv

 

Un nouveau western : The Sisters Brothers

de Jacques Audiard (2018)

Sortie le 19 septembre 2018 en France (coproduction hispano-franco-américano-roumaine

Avec John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed, Rebecca Root, Allison Tolman, Rutger Hauer

Basé sur le roman de Patrick DeWitt, l’histoire d’un prospecteur poursuivi par deux bandits à travers 1000 miles dans l désert de l’Oregon.

Western tourné à Aragon en Espagne.


Les précédents films de Jacques Audiard :
REGARDE LES HOMMES TOMBER… UN HEROS TRES DISCRET… SUR MES LEVRES… DE BATTRE MON COEUR S’EST ARRETE… UN PROPHETE… DE ROUILLE ET D’OS… DHEEPAN… 

Burt Reynolds / Les cent fusils (Les 100 fusils) (100 rifles) / Navajo Joe (Un dollar a testa) / Sam Whiskey le dur/Cours après moi shérif (Smokey and the bandit)

Décès de BURT REYNOLDS (11 février 1936-2018)

Burt Reynolds Ciné revue 1972Né en Georgie de père cherokee et de mère italienne, Burton Leon Reynolds Jr., ‘Buddy’ pour les intimes, commence une carrière de footballeur professionnel,  mais un accident de voiture y met un terme, il se met alors à jouer pour la télévision.
_McKlusky

Jennifer Billingsley, Louise Latham, Burt Reynolds : Les bootlegers (cinerevue 1972)

Il deviendra une méga-vedette avec DELIVRANCE (1972) et la comédie d’aventures COURS APRES MOI SHERIF (1977) pour rednecks et cibistes, qui rapporta pas moins que la bagatelle de 100 millions de dollars… Bingo !
C’est grâce à ces deux films -en grande partie- qu’il est devenu une immense vedette à la fin des années 1970, se plaçant n°1 au box-office entre 1978 et 1982. Il incarne la virilité absolue et un côté macho et décontracté qu’exploitent bien les réalisateurs.
Il est un des très rares hommes à avoir fait la Une du magazine Playboy en octobre 1979.

 

Buddy à ses débuts décroche des petits rôles, dans des séries westerns notamment comme Pony express, le rôle d’un matelot dans Riverboat  en 1959, Johnny Ringo en 1960, Zane Grey Theater en 1961, un rôle récurrent -un Indien- dans 50 épisodes de la série Gunsmoke (entre 62 et 65) et encore un chef indien dans Le proscrit en 1965.

Burt Reynolds

cinerevue février 1975

Il part en Espagne tourner un western spaghetti, Navajo Joe (1966) de Sergio Corbucci, il incarne un Indien solitaire vengeant le meurtre de sa femme, puis Les cent fusils (1968), il est le métis Yaqui Joe qui a volé 6000 dollars dans une banque pour acheter des fusils destinés aux Indiens rebelles. Il est poursuivi au Mexique par le policier Jim Brown…

Puis, Sam Whiskey, le dur (1969) une comédie western avec Clint Walker, encore un Indien dans La justice de Simon l’Indien (Run, Simon, run) en 1970, en 1973, c’est Le fantôme de Cat Dancing, un western de Richard C. Sarafian avec Lee J. Cobb et Sarah Miles, une de ses nombreuses liaisons.

En 1976, il tourne sous la direction de Peter Bogdanovitch dans NICKELODEON, une comédie pleine de charme sur les westerns muets.

Enfin, trois westerns télévisés, The cherokee kid en 1996, avec James Coburn, Johnson county war en 2002, avec Tom Berenger et Hard Ground avec Burt Reynolds en 2003. Et la série historique de Robert Redford, The American West (2016).

Ses femmes.
La liste de ses conquêtes (officielles) d’après whosdatedwho.com : Dinah Shore, Faye Dunaway, Miko Mayama, Adrienne Barbeau, Doris Day, Lori Nelson, Judy Carne, Inger Stevens, Chris Noel, Mamie Van Doren, Sarah Miles, Lorna Luft, Kim Basinger, Chris Evert, Tammy Wynette, Sally Field, Gig Rauch, Tawny Little, Loni Anderson, Pam Seals.
« Les femmes sont mes drogues et mon alcool, dit-il. Quand je suis engagé avec une femme, je suis engagé avec une femme. Point. Mais entre les romances, je suis carnivore ».

McLane. Il refusa le rôle de John McClane de PIEGE DE CRISTAL qui revint à Bruce Willis. Il a dû le regretter amèrement. Il avait aussi été « casté » par Boorman pour le rôle de ZARDOZ en 1974, c’est Sean Connery l’interpréta.


Ciné revue

Burt Reynolds parle de Marlon Brando (février 75) : « En tant qu’acteur, c’est un génie et même quand il est ennuyeux, il est encore bien meilleur que la plupart des autres au mieux de leur forme. Mais il a conservé une mentalité d’adolescent. C’est dommage. Quand il ne joue pas et qu’on lui parle, c’est comme si on s’adressait à un mur blindé ».

 


Navajo Joe (A dollar a head) (Un dollar a testa)
Western italo-espagnol de Sergio Corbucci (1966) **

Musique d’Ennio Morricone

Avec
Burt Reynolds : Navajo Joe
Aldo Sambrell : Mervyn Duncan
Nicoletta Machiavelli : Estella
Fernando Rey : Rattigan
Tanya Lopert : Maria
Franca Polesello : Barbara
Lucia Modugno : Geraldine
Pierre Cressoy : Dr Lynne
Raf Baldassare : Tim
Et Cris Huerta, Dyanik Zurakowska, Chris Huerta

Une bande de chasseurs de scalps sous la houlette d’un bandit métis attaquent un village Navajo, la femme de Navajo Joe, un Indien solitaire, est tuée. En traquant le gang auteur du massacre, Joe les découvre en train d’attaquer un train transportant un butin.

Les habitants de la ville engagent Joe pour empêcher le vol. Il en tue une partie, et demande aux habitants d’Esperanza de lui confier le magot pour que les bandits restés en vie ne s’en emparent pas.
Le règlement de comptes va avoir lieu sur la terre où sont enterrés ses aïeux…

Avec Sergio Corbucci aux manettes, et Ennio Morricone à la musique (qui travaille pour la première fois pour Corbucci), on est en face d’un grand spectacle.

Une fois n’est pas coutume, un Indien vengeur est le héros de ce western-spaghetti tourné à Tabernas (Alméria), un film violent avec en vedette Burt Reynolds, parfait dans le rôle puisqu’il a du sang cherokee (par son père, sa mère avait des origines italiennes).
L’acteur qui apparait ici les cheveux longs, était une vedette, mais pas encore la star internationale des années 70 qu’il est devenu grâce à DELIVRANCE en 1972.

Reynolds avait accepté de jouer dans ce film qui devait au départ être réalisé par Sergio Leone. Il tenta de se rétracter quand il sut que Leone n’était pas de la partie, mais les contrats étaient déjà signés. Il n’a pas été tendre avec Corbucci :
« Le film est si terrible qu’on l’a montré seulement dans les prisons et les avions car personne ne pouvaient quitter la projection»… Ce n’est pourtant pas le pire des western-spaghettis. Nicoletta Machiavelli, qui joue l’alliée du héros, est décédée en novembre 2015. Belle partition musicale de Ennio Morricone, qui travaille alors sous le pseudo de Leo Nichols.

Burt Reynolds sera à nouveau un Indien, Yaqui Joe dans LES 100 FUSILS, en 1968.


 

Les cent fusils (Les 100 fusils) (100 rifles)
De Tom Gries (1968) ***

Scénario : Clair Huffaker et T. Gries, d’après le roman de Robert MacLeod
Musique : Jerry Goldsmith

Avec Burt Reynolds : Yaqui Joe
Jim Brown : Lyedecker
Raquel Welch : Sarita
Fernando Lamas : Verdugo
Dan O’Herlihy : Grimes
Aldo Sambrell : Paletes
Eric Braeden : Lt. Von Klemme
Soledad Miranda : la fille de l’hôtel
Michael Forest

Mexique, 1912. Un policier noir de l’Arizona s’allie avec un métis indien, auteur d’une attaque de banque, qu’il poursuivait, et une révolutionnaire, pour défendre les Indiens yaquis rebelles contre le gouvernement mexicain.

Une histoire inspirée de faits authentiques (la révolution au mexique) pour ce western à la mexicaine diablement rythmé, qui offre de captivantes scènes d’action, avec un casting d’enfer reposant sur un trio original : un policier noir, un métis Yaqui et une révolutionnaire mexicaine.

C’est le film qui aurait montré pour la première fois à l’écran une scène d’amour entre un Noir et une Blanche (Jim Brown et Raquel Welch), il y a aussi une scène torride entre l’espagnole Soledad Miranda et Burt Reynolds, qui joue un Indien pilleur de banques.

Le méchant -le général mexicain- est campé par Fernando Lamas, qui livre une savoureuse composition. Le film offre aussi une belle scène de bagarre entre Reynolds et Brown menottés l’un à l’autre.
Un western qu’on aurait tendance à rapprocher des western-Zapata, sous-genre des western-spaghetti/paella, le plus célèbre étant El chuncho,  films décrivant et encensant -en général- la lutte des révolutionnaires mexicains au début du XXe s., Les 100 fusils prend en plus la défense des Indiens Yaquis opprimés par les Mexicains (après avoir subi pendant des siècles l’oppression des Espagnols et des Jésuites).
Tom Gries réalisa deux autres (excellents) westerns, Les 100 fusils et Will Penny le solitaire.
Les fans de westerns reconnaîtront les beaux paysages désertiques d’Almeria, les scènes de la station de train ont été tournées à Villamanta (Madrid).

Le trailer…

Burt Reynolds et Soledad Miranda

 

Fernando Lamas

cinérevue 1969


Sam Whiskey le dur
de Arnold Laven (1969) *

Avec Burt Reynolds, Ossie Davis, Clint Walker, Angie Dickinson, William Schallert, Robert Adler, Tom Steele.

Le film reprend la ticket gagnant du duo black/blanc des Cent fusils sorti l’année auparavant, avec la belle ingénue manipulatrice -Angie Dickinson- qui, comme Susan Hayward dans Le jardin du diable ou Ann-Margret dans Les voleurs de trains, arrive à persuader de beaux mâles de l’aider à récupérer un magot. Après une scène torride entre Burt Reynolds et la très sexy Angie Dickinson, voilà nos trois larrons -Burt, Clint Walker fumant la pipe et Ossie Davis- partis pour une aventure ponctuée de beaux couchers de soleil et de bagarres de potaches, avec une scène sous-marine inhabituelle dans un western, on navigue entre Burt Kennedy et Andrew McLaglen pour l’humour, pour le reste, Arnold Laven nous avait habitués à bien mieux. Le film perd de ses airs de comédie au bout d’une heure, et on alors l’impression de se retrouver dans un western-spaghetti de série B, ou dans un épisode des Mystères de l’Ouest avec une séquence ‘Haute voltige’ qui ménage in fine un petit bon suspense. Agréable divertissement, sans plus.
Dernier western de William Schallert, décédé en mai 2016.


Cours après moi Shérif (Smokey and the bandit)
De Hal Needham (1977) ***

Avec
Burt Reynolds : Bandit
Sally Field : Carrie
Jerry Reed : Cledus
Mike Henry : Junior
Et Paul Williams, Pat McCormick, Alfie Wise, George Reynolds, Linda McClure, Jackie Gleason, John Schneider, Hank Worden.

Sorte de western moderne réalisé par le cascadeur et metteur en scène Hal Needhamoù les chevaux sont remplacés par les voitures, et les cowboys par les rednecks et les cibistes… Un humour communicatif, de l’action et un Burt Reynolds en méga-forme dans un rôle qui lui va comme un gant : à voir et à revoir !

La captive aux yeux clairs (The big sky) / Dewey Martin

La captive aux yeux clairs (The big sky)
De Howard Hawks (1952) *****

LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS

la captive aux yeux clairs - kirk douglas - dewey martinScénario : Dudley Nichols d’après le roman de A.B. Guthrie
Musique de Dimitri Tiomkin
Durée : 2h02

Avec Kirk Douglas : Jim Deakins
Dewey Martin : Boone Caudill
Elizabeth Threatt : Œil de Sarcelle (Gazelle)
Arthur Hunnicutt : Zeb Calloway
Buddy Baer : Romaine
Steven Geray : Jourdonnais
Hank Worden : « Pauvre diable »
Jim Davis : Streak
Et Henri Letondal, Robert Hunter, Booth Coleman, Frank de Kova, Barbara Hawks, Iron Eyes Cody.

Kentucky, 1832, Jim Deakins est attaqué par un serpent dans la forêt. Un aventurier, Boone, vole à son secours, ils deviennent amis. A Saint-Louis, ils retrouvent Zeb, oncle de Boone, un trappeur.
Zeb propose à Jim et Boone de l’accompagner, lui et son associé Jourdonnais, en bateau sur le Missouri. Ils ont recruté des trappeurs et aventuriers pour aller prendre des fourrures sur les territoires des Indiens Pieds-Noirs.

Ils vont devoir affronter la Compagnie des fourrures, qui a le monopole du commerce des fourrures. Les passagers découvrent un passager clandestin à bord… Une jolie Indienne.
Zeb explique alors qu’il a recueilli, après une bataille entre deux tribus, Œil de Sarcelle, la fille d’un chef pied noir.
Boone, qui n’aime pas les Indiens, va tomber amoureux d’elle…

Kirk avec son fils Michael sur le tournage du film

C’est un des plus beaux westerns de l’histoire du cinéma : un western fluvial et forestier, lyrique et romanesque, tourné dans des paysages somptueux, vallées gigoyeuses et fertiles, et sous des cieux menaçants et nuageux. Mariant harmonieusement action, humour, émotion, le génial Howard Hawks signe une œuvre dense, montrant, avec la force de ses images, en noir et blanc, parfois expressionnistes, le quotidien des trappeurs en butte contre les éléments, et livrant un éblouissant hymne à la nature et à l’amitié virile. L’émotion culmine quand les trappeurs quittent leurs amis pieds-noirs et que le jeune Boone choisit de rester vivre avec sa bien-aimée, dans le camp indien.

Une affiche de rêve, où on retrouve, entourant Kirk Douglas -épatant- dans des seconds rôles le truculent Arthur Hunnicutt (qui est aussi la voix narrative), veste à franges et bonnet à queue de castor, et Jim Davis (futur patriarche du feuilleton DALLAS), le jeune Texan et belle gueule Dewey Martin forme un excellent tandem avec Douglas, et Hank Worden, acteur fétiche de John Ford, joue avec talent ‘Pauvre Diable’, un Indien laconique et gaga. Hawks le dirigera à nouveau en 1970, ainsi que Jim Davis, dans Rio Lobo.
La magistrale partition musicale de Dimitri Tiomkin ajoute à la dimension poétique et romanesque du film, comme il le fera magnifiquement quelques années plus tard dans Rio Bravo ; dans les passages à suspense, on retrouve certains airs de Règlements de comptes à OK Corral. Un joyau du 7e Art, maintes fois rediffusé dans les cinémathèques, pur chef d’œuvre à voir et revoir.

C’est le seul film de l’actrice Elizabeth Threatt, dont la mère était cherokee. Elle décida de ne pas continuer de travailler dans le cinéma, malgré les éloges qu’elle reçut pour son interprétation d’Oeil de Sarcelle.

Elizabeth Threatt

Elizabeth Threatt

Comme dans L’homme qui n’a pas d’étoile, Kirk Douglas pousse la chansonnette, avec Dewey Martin : « Oh Whisky leave me alone (‘Oh Whisky, laisse moi tranquille’)…

Howard Hawks

Après s’être retiré du cinéma, le génial Howard Hawks s’est consacré à une autre de ses grandes passions, l’élevage des chevaux, jusqu’à sa mort, en 1977

Citations :
« Les moustiques remercient Dieu pour tout, sauf d’avoir donné des mains à l’homme et une queue à la vache » (Deakins)
« Ah, ben si j’m’attendais » (Zeb)
« L’homme part lorsque rien ne le retient de force » (Zeb)


Décès de Dewey Martin
(8 décembre 1923-2018)

Belle gueule du cinéma américain qui interprétait le rôle du jeune Boone dans La captive aux yeux clairs. Révélé par LA CHOSE d’UN AUTRE MONDE (1951) -produit par Hawks-, d’autres westerns dans sa filmo : Kansas en feu (1950) où il jouait un des frères Younger, Tennessee Champ (54), Sam l’intrépide (1963)  et Seven alone (1974).
Vedette du pilote d’une série western (Cavalry patrol) qui n’a jamais vu le jour, et apparaissait dans les séries Zane Grey Theater (57-60), Laramie (63), Les aventuriers du Far West (1964).
Dewey Martin jouait son propre rôle dans VIVA LAS VEGAS avec Elvis Presley en 1956. Il a été marié à la chanteuse Peggy Lee dans les années 50.

Kansas raiders (avec Audie Murphy)

Dewey Martin & Peggy Lee :


Seven alone (1974) en entier :