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Stewart Granger / La dernière chasse (The last hunt)

Posted by on 6 juillet 2013

Stewart Granger (6-5-1913/16-8-1933)

Stewart Granger - cinerevue 1978

Pierre Brice, Stewart Granger

L’homme qui importa la race charolaise aux USA !

James Lablanche Stewart est un fils de la haute bourgeoisie londonienne qui s’est fait remarquer dans les grands théâtres de Londres, puis au cinéma et là, il se choisit le pseudo de Stewart Granger, pour ne pas être confondu avec l’américain James Stewart, qui deviendra plus tard son ami.
Il est citoyen américain en 1956 et s’achète un vaste ranch en Arizona (voir plus bas).
Un de ses meilleurs rôles est BEAU BRUMMEL en 1954, film sur le célèbre Dandy du XIXe s… Granger excellait dans la peau d’élégants et intrépides aventuriers et séducteurs, dans les films de cape et d’épée et d’aventures comme SCARAMOUCHE ou LES CONTREBANDIERS DE MOONFLEET, marchant sur les plates bandes de Douglas Fairbanks et Errol Flynn.

Il a également à son actif quelques westerns très réussis dont Au pays de la peur en 1952, où il campe un trappeur poursuivi par un policier déterminé(Wendell Corey), et qui emmène sa belle, l’Indienne jouée par Cyd Charisse, dans le wilderness des montagnes canadiennes.

En 1956, il est le chasseur de bisons qui va devoir prendre le taureau par les cornes et affronter son partenaire, le cruel Charles Gilson (Robert Taylor) cruel avec les bisons et les Indiens…

Notre héros tombera au passage amoureux de la squaw de son associé, superbe Debra Paget, c’est dans La dernière chasse, chef d’œuvre de Richard Brooks.

Le grand Sam

Dans Terreur dans la vallée en (1957) de Roy Rowland, il fait un effet bœuf en campant un justicier-aventurier qui est accueilli avec méfiance par les villageois et se retrouve impliqué dans une lutte entre éleveurs et fermiers.

En 1960, il forme avec John Wayne un tandem original de deux chercheurs d’or en Alaska dans la comédie Le grand Sam d’Henry Hathaway. Sam (John Wayne) doit trouver une fiancée à son partenaire (Granger), il déniche une chanteuse de saloon française (Capucine).
Sur le tournage, Hathaway est un véritable tyran avec les acteurs, Granger n’arrive pas à jouer le premier jour, il prend des tranquilisants, Wayne, qui l’aime bien, lui donne des conseils et l’encourage.

Stewart Granger perd de sa popularité aux USA dans les années 60, et revient en Europe tourner notamment dans trois Winnetou, -le premier est Parmi les vautours en 1964-, en remplacement de Lex Barker, Pierre Brice lui donne la réplique, ce sont ces westerns franco-italo-yougoslavo-allemands qui ont été à l’origine de la vague de westerns européens produits dans les années 60-70… dont les western-spaghetti. Le second dans lequel il joue est L’appât de l’or noir en 1965, puis Frontière ardente (le 8e en 1965) où son personnage est plus développé…

Pour la télévision, il aura aussi un rôle récurrent, celui du colonel MacKenzie dans plusieurs épisodes du Virginien avec James Drury.

Vaches. Eleveur de vaches et taureaux charolais dans son ranch de l’Arizona, Stewart Granger se vantait d’avoir importé cette race de bovins aux Etats-Unis. Dans les ventes aux USA, on surnommait même ces bovins les « charolais Granger »

avec David Niven et Ava Gardner

avec Jean Simmons

avec Jean Simmons

avec Cyd Charisse

♥ Stewart Granger-Cyd Charisse chantant dans Au pays de la peur (1951) :

♦ Terreur dans la vallée :

Frontière ardente (8e Winnetou) : photo et vidéo


 

La dernière chasse (The last hunt) (1956) *****
La dernière chasse

dessin de Didgiv

 

De Richard Brooks – MGM
Scénario de Richard Brooks d’après un roman de Milton Lott.
Musique : Daniele Amfitheatrof-Photo : Russell Harlan. Eastmancolor.

Durée : 1h40

La dernière chasse

(fiche Télé 7 jours)

Avec Robert Taylor : Charles Gilson

Stewart Granger : Sandy McKenzie
Debra Paget : L’indienne
Lloyd Nolan : Jambe de bois (Woodfoot)
Russ Tamblyn : Jimmy
Constance Ford : Peg
Et Joe de Dantis, Ralph Moody, Fred Graham, Roy Barcroft, Dan White

Debra Paget, Stewart Granger

Arkansas, fin du XIXe s. Sandy McKenzie, un ancien chasseur de bisons, mène une vie paisible de fermier avec son troupeau de vaches. Un jour, soudain, une centaine de bisons emballées fonce sur lui et son troupeu. McKenzie est contraint de tuer ses vaches, la plupart mortellement blessées. Attirés par les coups de feu, Charles Gilson arrive et ils font connaissance. Gilson le convainc de venir chasser les bisons avec lui, car la peau de bison utilisées dans les tanneries a repris de la valeur. Mais vite, les deux hommes ont des préoccupations différentes : McKenzie ne songe qu’à s’enrichir, et le plaisir de Gilson est de tuer bisons. Il les déteste autant que les Indiens. McKenzie et Gilson rencontrent deux autres hommes, Jambe de bois, l’écorcheur et Jimmy, un jeune métis, qui n’aime guère les préjugés de Gilson.

Un soir, des Indiens leur vole des chevaux. Hors de lui, Gilson part à leur recherche, les retrouve et les tue, ne laissant en vie qu’une Indienne et un orphelin, qu’il amène avec lui. Elle devient la squaw de Gilson, qui lui fait traiter les peaux de bisons.
Gilson va plus loin dans la cruauté en tuant le bison blanc, qui est un animal vénéré par les Indiens comme un Dieu. Il attise la colère de Jimmy mais aussi de l’Indienne. Sandy s’oppose de plus en plus à Gilson, qu’il trouve lui aussi inhumain. Il va s’enfuir avec l’Indienne.
Il n’en fallait pas plus pour déclencher une nouvelle fois la colère de Gilson ; Jambe de bois tente de le retenir avec une arme non chargée, Gilson l’abat froidement.
Puis, Charles retrouve Sandy dans une caverne en haute montagne où il est piégé, il le provoque en duel, et attend qu’il sorte pour lui tirer dessus. Il s’endort, la nuit, la neige tombe, et Sandy le retrouve mort sous la neige, il va pouvoir reconduite l’Indienne et Jimmy dans leur tribu…

Robert Taylor dans le rôle d’un cruel tueur de bisons et d’indiens, face à Stewart Granger et la belle Debra Paget : c’est avec La porte du diable et Vaquero ! un de ses plus beaux westerns.
Richard Brooks signe une oeuvre soignée, généreuse et émouvante, comportant des scènes spectaculaires (les massacres de bison) et au climat tendu, avec un fin percutante et réfrigérante. Brooks n’ y va pas par quatre chemins, son propos est direct : il aime dénoncer les tares d’une société puritaine, comme dans ce western, le racisme anti-indien.

Il aborde aussi le thème de l’extermination des bisons, comme dans le Buffalo Bill de William Wellman (il y a beaucoup d’analogies entre Brooks et Wellman, qui dénonce la folie des individus ou celle des groupes).

On découvre avec ce western le monde des tueurs, des égorgeurs et des dépouilleurs de bisons, profession sans gloire où l’on retrouvait toute la lie de l’Ouest, comme bandits et des tueurs d’Indiens.L’impitoyable chasseur joué par Taylor, et comme tant d’autres, tue les bisons qui nourrissent les Indiens. Robert Taylor, qu’on a rarement vu dans un rôle de méchant, est tout simplement extraordinaire.
« Un bison mort, et c’est quelques Indiens qui n’arriveront pas à survivre », dit son personnage dans le film qui fait penser à « Un bon indien est un Indien mort ».
Le voir congelé, en position verticale, avec son fusil dans la neige à la fin du film est une scène percutante : cette nature que Gilson meurtrit (les Bisons, les Indiens) reprend ses droits et le stoppe dans sa folie meurtrière. La haine a perdu, il est recouvert d’un linceul de neige, belle métaphore…

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